Violation de l’Accord de paix en Centrafrique : le 3R de Sidiki boycotte le processus DDR

Kangbi-ndara.info/ Le mouvement 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) d’Abbas Sidiki quitte brutalement le processus du processus du DDR en République centrafricaine pour mauvaise collaboration avec le Premier ministre Firmin Ngrebada.


Le général Sidiki Abass leader du groupe armé 3R en RCA, le 27 avril 2017.
© REUTERS/Baz Ratner

Un désaccord qui vient remettre en question un processus qui est pleinement dans sa phase exécutoire. Les 3R de Sidiki qui font bel et bien partie des 5 groupes armés ayant engagé à ce jour le DDR dans la partie ouest du pays, mettent un frein dans leur engagement.  

Au cours d’une réunion tenue le 19 juillet avec la délégation du DDRR dans la ville de Koui où se trouve sa base, M. Sidiki a ouvertement dénoncé un déficit de communication entre lui et le Premier Ministre Firmin Ngrebada qui ferait sourde oreille à toutes ses revendications. « Moi je n’ai jamais communiqué avec le premier ministre. Pourtant, dans l’Accord de Khartoum, il est dit que tout ce que nous avons à faire, doit se faire dans la concertation. Mais il ne nous a jamais consulté ni ne nous a jamais téléphoné. Tout est fermé avec lui », a décrié Abbas Sidiki, leader du groupe 3R.

Le chef de 3R dit aussi n’avoir rien compris de la fonction de Conseiller qu’il occupe à la primature. Car, faisant suite aux dispositions de l’Accord de Khartoum, lui Sidiki a été nommé conseiller militaire auprès du PM en charge des Unités Spéciales Mixtes de Sécurité de la zone Nord-ouest. « En tant que conseiller, on devait être à la tête des Unités mixtes. Mais on ne nous donne aucun moyen pour exercer notre mission. Pourquoi alors continuer de collaborer avec un Premier ministre qui ne prend pas le téléphone ni ne vient vers moi un jour », a-t-il conclu.

Au niveau des autorités, personne n’a souhaité commenter cette prise de position pour l’instant. Toutefois, un conseiller du chef de l’Etat qui a requis l’anonymat explique que ce chef de guerre vient une fois de plus de violer l’Accord de paix qu’il a signé le 06 février dernier. Lequel accord prévoit qu’en cas de désaccord sur un point du processus, les parties se réfèrent aux médiateurs en vue d’un terrain d’entente. Ce conseiller qualifie la décision de Sidiki d’unilatérale et contraire à l’esprit de Khartoum.

3R est donc ce groupe dont les combattants sont accusés par Human Rights Watch d’avoir tué au moins 46 civils lors de trois attaques coordonnées le 21 mai dans la province de l’Ouham-Pendé au nord-ouest. C’est-à-dire trois semaines seulement après l’accord de paix signé entre groupes armés et le gouvernement.

KN-Alaroum




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