1er voyage présidentiel à Bouar : discours intégral du Président Faustin Archange Touadera

Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs les notables, vaillantes population de la Nana Mambéré.

  1. Je suis heureux de vous retrouver ce jour ici à Bouar, Chef lieu de la Préfecture de Nana Mambéré.
  2. Je suis venu visiter le Centre d’instruction LECLERC, qui est notre grand centre d’instruction militaire pour voir dans quelle condition il se trouve et m’assurer qu’il peut servir dans les jours à venir à la formation des éléments des forces armées centrafricaines.
  3. Je suis aussi venu, pour rendre visite et remercier toute la population de la Nana Mambéré pour la confiance qu’elle m’a témoignée lors des dernières élections présidentielles en m’élisant très massivement.
  4. Je vous dis aujourd’hui encore une fois merci, merci pour ce vote, merci pour cette confiance.
  5. Je puis vous assurer de ma totale volonté de changer la République Centrafricaine pour qu’elle redevienne un pays digne, respecté, un État comme les autres capables d’assurer le bien de son peuple et son développement.
  6. Mais, je ne vous cache pas que je n’ai pas hérité d’un État mais d’un pays où tout est à reconstruire, où tout est à refaire.
  7. Mais, avec l’aide de Dieu et le travail de tous, nous nous en sortirons.
  8. Comme je viens de le dire, les défis du pays sont immenses.
  9. La toute première priorité est la paix et la sécurité. Sans cette paix et cette sécurité, on ne pourra rien entreprendre. Le pays restera paralysé, il n y aura aucune possibilité d’engager les programmes de développement.
  10. Mais, pour obtenir la paix et la sécurité, il nous faudra procéder au désarmement c’est-à-dire retirer entre les mains des groupes armés les nombreuses armes qui sont en circulation sur le territoire national.
  11. Dans cette perspective, j’ai rencontré depuis plus d’un mois chaque responsable de groupe armé à qui j’ai expliqué la nécessité pour nous d’aller au désarmement dans la concertation.
  12. Grâce à Dieu, Beaucoup m’ont écouté et se sont engagés à suivre cette voie.
  13. Il y a quelques jours, j’ai nommé à mes côtés à la Présidence de la République les principaux responsables qui ont la mission de mettre en place le mécanisme de ce DDRR. Le travail a déjà commencé et j’ai espoir qu’il ira vite pour qu’on arrive à ce désarmement effectif.
  14. Mais, je tiens à profiter de cette rencontre de Bouar pour rappeler à tous les Centrafricains que la période d’exception, la période de transition est terminée.
  15. Nous avons organisé des élections sur l’ensemble du territoire national, le peuple souverain s’est exprimé.
  16. Nous devons aujourd’hui, bâtir un nouvel État, un État de Droit.
  17. L’État de droit signifie qu’il n y a plus d’anarchie, que tout doit se passer conformément à la loi.
  18. Mais, pourquoi, les hors la loi veulent-ils encore  imposer à notre peuple l’anarchie, la rébellion alors qu’il a choisi la voie de la démocratie ?
  19. Il faut vous lever et dire non à tous ceux qui veulent nous ramener en arrière, à ceux qui veulent maintenir le pays dans le chaos et leur dire que c’est l’ère de la paix et du développement.
  20. Dans les actions que nous sommes entrain d’entreprendre, il y a une action qui est très indispensable pour la stabilité et la sécurité de notre pays. Elle concerne la restructuration de notre armée nationale.
  21. La restructuration de l’armée, nous la mènerons en même temps que le DDRR pour nous permettre d’avoir une armée pluriethnique, professionnelle et apolitique à très court terme pour les besoins de la sécurité nationale.
  22. Mais cette armée que nous allons bâtir n’aura pas pour mission de faire la guerre contre d’autres centrafricains. Elle sera mise en place pour la sécurité du pays et celle de tous les centrafricains qu’ils soient à l’Est, à l’Ouest, au centre, au Nord ou au Sud.
  23. Je me battrai pour que cette nouvelle ait le minimum de moyens requis pour assurer sa mission.
  24. En même temps, j’engagerai le gouvernement à travailler pour assurer la présence de L’État sur l’ensemble du territoire national.
  25. Dans cette perspective, les Préfets, les Sous Préfets, les postes de police et de gendarmerie seront également déployés sur l’ensemble du pays.
  26. L’État doit se redéployer partout pour assurer les besoins vitaux de l’ensemble de nos populations. Nous devons dès à présent assurer un développement intégral et intégré de toute la République Centrafricaine. En procédant de cette manière, on mettra fin aux frustrations qui ont longtemps marqué nos compatriotes de certaines régions du pays.
  27. J’en viens à l’agriculture et à l‘élevage. Ils doivent plus que jamais être au centre de nos actions.
  28. J’ai pu, en marge de ma visite de travail chez le Pape au Vatican, rencontrer les responsables de la FAO, du FIDA et du PAM qui ont promis de nous aider dans ces deux(2) domaines.

30. Je demanderai au Gouvernement d’orienter une partie de ces programmes agricoles dans la Nana Mambéré pour que le travail de la terre et que l’élevage reprenne.

  1. Je demande à nos frères éleveurs des différentes communes d’élevage comme celle de Niem Yelowa qui ont quitté le pays pour cause de la crise de revenir et reprendre leurs activités en toute sécurité. L’État va assurer leur sécurité.
  2. Enfin, je veux évoquer la question de la libre circulation des personnes et biens sur l’axe Bouar-Garaboulai, enfin, tout le tronçon qui mène au Cameroun.

33. Pourquoi certains de nos compatriotes font-ils tant de mal au pays ?

  1. Ils prennent en otage leurs propres compatriotes, ils tentent de bloquer l’unique vois de ravitaillement entre le Cameroun et la RCA en lançant des attaques et pillages des véhicules qui assurent le trafic.

35. Que cherchent-ils au juste ? Pourquoi, ne sont-ils pas présentés aux élections s’ils veulent faire de la politique ou s’ils pensent qu’ils porteurs de projets politiques ?

36. Le peuple veut aujourd’hui de la paix et du développement, c’est pourquoi j’exhorte ceux qui entretiennent l’insécurité sur cette partie du pays à cesser ces actes qui relèvent du grand banditisme.

  1. Je termine en annonçant à toutes les populations du pays que l’étape de la Nana Mambéré n’est qu’une première étape, et que je leur rendrai visite très bientôt dans diverses parties du territoire national.

38.  (Certaines personnes disent que je voyage beaucoup et que je ne me souci pas de l’arrière pays. Mais comment faire pour réengager notre pays dans le concert des Nations ? Comment refuser les invitations de ceux là qui nous aident aujourd’hui et qui nous demandent d’aller vers eux pour qu’on trouve les solutions de demain aux problèmes du pays ? Voyez-vous, ces quelques déplacements que je viens d’effectuer ont tous leurs intérêts et je suis prêt à sortir de nouveau si cela est nécessaire. Parallèlement, je me rendrai dans les diverses parties du territoire pour toucher du doigt les conditions de vie de nos populations comme je viens de le faire aujourd’hui).

39. Que Dieu bénisse notre pays, je vous remercie pour cet accueil chaleureux.

Pr Faustin Archange TOUADERA, Président de la République centrafricaine

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