Prêt bancaire : Bida Koyagbele boude la société française Total

Difficile pour les entreprises en Centrafrique de prétendre à un prêt d’un certain montant auprès des banques primaires de la place. C’est le constat fait par le leader de l’Association des Paysans Centrafricains (APC) Bida Koyagbele qui dit ne pas comprendre le fait « qu’en Centrafrique,  seule la société française Total peut bénéficier d’un prêt bancaire ». Et cela, avec l’autorisation expresse de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC ), dit-on.

bidaL’on ne sait pourquoi les conditions d’attribution d’un crédit auprès de la banque centrale pour les entreprises en Centrafrique ne sont pas faciles. De retour de Johannesburg en Afrique du sud, le paysan Bida Koyagbele  a fait part à kangbi-ndara d’un entretien qu’il a eu dans l’avion qui le ramenait à Bangui avec un patron d’une banque primaire de la République Centrafricaine. D’après Bida Koyagbele, le banquier lui a fait comprendre qu’en Centrafrique, « seule la société pétrolière française Total remplie les conditions d’attribution de crédit ». Pour ainsi dire que même les banques primaires telles que « Ecobank Centrafrique, BSIC, CBCA et la Banque populaire Marocco » ne peuvent bénéficier d’un prêt auprès de la banque centrale à part la société Total.

« J’ai été surpris de l’apprendre », affirme Bida Koyagbele qui n’arrive pas à comprendre le pourquoi de cette mesure plus ou moins discriminatoire.

Dans la même dynamique, le leader de l’Association des Paysans Centrafricains dénonce le prix à la pompe des hydrocarbures  qui n’ont vraiment pas baissé (15 francs CFA) quand bien même le coût de pétrole au niveau international a drastiquement chuté. Selon Pascal Bida Koyagbélé,  le prix du carburant raffiné à l’international est de 115 Fcfa. Avec le transport du port de Douala ou d’autres lieux de livraison, cela peut revenir à 180 Fcfa voire 200 francs. Mais pourquoi les coûts au niveau national sont toujours aussi exorbitants? Question pertinente pour laquelle Bida Koyagbélé pense que l’Etat devrait libéraliser davantage le secteur.

Une libéralisation qui ouvrirait la voie au pouvoir public de reprendre le contrôle du secteur et de disposer de sa propre structure à l’exemple de Petroca qui, dans un passé encore récent, faisait la fierté de l’Etat centrafricain. Avec une structure comme la Petroca, l’Etat pourra limiter les bénéfices et augmenter la capacité de stockage des produits pétroliers et créer les conditions pour une navigabilité continue.

Par exemple, il suffira à l’Etat centrafricain de disposer par exemple de 10 milliards de Fcfa pour faire un travail de fond afin de combler les crevasses de la rivière Oubangui aux fins d’augmenter le niveau de l’eau.  Un tel investissement a le mérite de rendre disponibles les produits pétroliers avec en toile de fond, la baisse du coût de l’énergie donnant ainsi la possibilité aux populations d’en jouir des effets en attendant que l’épineux problème de l’Energie Centrafricaine (ENERCA) soit résolu.

Autres avantages de cette libéralisation, les entreprises centrafricaines pourront ainsi s’épanouir en faisant des bénéfices qui seront reparties dans les différents secteurs. Aussi, la ménagère économisera sur la différence découlant de la mesure prise par l’Etat.

De toute évidence ouvrir la porte à la concurrence ne profitera qu’aux Centrafricains. Le déficit en énergie constitue un réel manque à gagner pour une nation en quête d’issues lui permettant de relancer de manière pérenne son économie. 

RKF

 

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