A la Une : une femme à la tête de la transition en Centrafrique

1528549_10202656796131567_1894536678_nPAR RFI.  Tailleur rose, collier de perles et chignon : Catherine Samba-Panza est à la Une de nombreux médias du continent, à commencer bien sûr par la presse centrafricaine. « La mairesse de Bangui au pouvoir », s’exclame La Nouvelle Centrafrique. Le site d’information rappelle que la première magistrate de la capitale a longtemps été avocate dans les assurances, avant de prendre la mairie de Bangui en juin 2013. « Réputée habile négociatrice et auditrice attentive de ses interlocuteurs, c’est elle déjà qui en 2003 avait co-présidé le dialogue national, considéré comme un succès et ayant rabiboché l’ancien président Dako et le Premier ministre Goumba. Ce qui l’attend, poursuit La Nouvelle Centrafrique, est un immense chantier de chaos. Un pays par terre, ne disposant plus d’aucune espèce de force régalienne, une administration fantomatique, un pays plongé dans la guerre civile. Crise humanitaire et sanitaire rampante… » Et le site centrafricain de conclure : « il va lui falloir du courage. »

« Sa mission première, qui ne sera pas de tout repos, renchérit Le Journal de Bangui, sera de ramener la paix dans un pays déchiré par des tueries interreligieuses, malgré le déploiement de forces internationales, bientôt renforcées par une opération militaire européenne. Sa tâche sera lourde, poursuit Le Journal de Bangui : trouver un Premier ministre de transition, pacifier le pays, remettre une administration totalement paralysée en état de marche et permettre aux centaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux. Le tout en peu de temps : selon le calendrier de la transition, des élections générales doivent être organisées au plus tard au premier semestre 2015, la France souhaitant pour sa part qu’elles se tiennent en 2014. »

Unanimité

La presse du continent salue également l’élection de Catherine Samba-Panza. « Bienvenue au messie Catherine ! », s’exclame Le Pays au Burkina. Le Pays pour qui en effet « l’élue s’apparente à un messie pour la RCA, tant le profil de droiture et de probité recherchées étaient de rigueur. Et Dieu seul sait si de messie, les Centrafricains en ont besoin en ce moment, eux dont les aspirations immédiates se résument en un retour rapide à la paix. »

L’Observateur Paalga, toujours à Ouaga, souligne aussi combien le fardeau sera lourd… « La tâche qui attend Dame Catherine est loin d’être une sinécure. Malgré tout le bien qu’on dit d’elle et les bons augures qui semblent accompagner son élection à la tête de la transition, elle est plus à plaindre qu’à envier. Tant les défis qui l’attendent sont titanesques : restaurer la sécurité dans un pays en proie à la vendetta imposée par les ex-rebelles de la Séléka et leur vis-à-vis, les anti-Balaka, réorganiser une administration publique quasi-inexistante, réconcilier les communautés religieuses, organiser des élections libres et transparentes en si peu de temps. »
En tout cas, relève aussi L’Observateur, « une femme portée au sommet de l’Etat pour réussir là où un homme a échoué ? Sous nos tropiques, c’est un pari rarissime pour ne pas être souligné. »

La femme, avenir de l’Afrique ?

En effet, constate Fraternité Matin en Côte d’Ivoire, « c’est la première fois depuis l’indépendance de la RCA qu’une femme accède à la magistrature suprême. Elle devient ainsi la troisième femme à diriger un Etat en Afrique, après la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf et Joyce Banda au Malawi. »
Et Fraternité Matin de constater que même si l’on compte seulement trois femmes chefs d’Etat sur 54 dirigeants africain, « la femme fait de plus en plus l’unanimité sur le continent pour exercer de hautes fonctions au sommet de l’Etat. Mieux, poursuit le quotidien ivoirien, c’est en période de crise que leurs valeurs de dames à la fois affectives et rigoureuses, d’engagement, d’amour, de défenseur de la paix et des droits de l’homme et de médiatrices visibles et non plus occultes, apparaissent comme des trésors. »

Qui plus est, le site d’information Guinée Conakry Infos souligne aussi « le rôle majeur d’une autre femme dans le destin politique de la Centrafrique qui se joue actuellement. Il s’agit de la vice-présidente du Conseil national de la Transition, Léa Koyassoum Doumta. Cette femme a, en effet, eu un rôle déterminant depuis le sommet de N’Djamena. Après le départ d’Alexandre-Ferdinand Nguendet, elle s’est très vite approprié ses fonctions de première responsable du parlement provisoire de la Centrafrique. (…) Elle a réussi à imposer que ces collègues conseillers, le président intérimaire y compris, ne briguent pas le poste de président de la Transition. De même, elle a coordonné les travaux ayant abouti à l’identification des critères de sélection des présidentiables. Faisant valoir un leadership qui n’a rien à envier à celui des hommes, Madame Doumta a également supervisé avec brio l’élection d’hier. Finalement, conclut Guinée Conakry Infos, si la Centrafrique renoue aujourd’hui avec l’espoir, c’est en grande partie grâce à ces deux dames qui s’inscrivent dans le registre de l’exception. »

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