Accord de paix en Centrafrique: Abdoulaye Miskine torpille l’APPR-RCA

Récemment les rebelles du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) ont accepté de se faire désarmer conformément aux dispositions de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine (APPR-RCA) signé par leur leader Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine le 6 février 2019 à Bangui.

A la surprise de la communauté nationale, le lundi 8 juillet 2019 sur la radio Bangui-FM, Abdoulaye Miskine a affirmé qu’il a refusé d’entrer au gouvernement parce que les autorités centrafricaines ont préféré le nommer au lieu de désigner du représentant qu’il leur a proposé et qu’il  ne s’est pas concerté avec les tenants du pouvoir au sujet du déclenchement du programme DDRR.

Le leader du FDPC a soutenu qu’il est le responsable de ce groupe armé, qu’il a tenté à plusieurs reprises, sans succès, de rencontrer le président Faustin-Archange Touadéra et le premier ministre Firmin Ngrébada.

Selon ce dernier, ce processus DDRR est condamné à échouer et qu’il a décidé de prendre une autre option. Une manière de dénoncer l’Accord de paix pour relancer les hostilités.

En effet, Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine avait été choisi par Ange Félix Patassé pour diriger sa propre sécurité  lors des mutineries de 1996-1997. Il devait, dans ce cadre, sécuriser son régime et par la suite combattre la rébellion de François Bozizé après la tentative échouée des coups d’Etat  du 28 mai 2001.

Pour conduire efficacement sa mission, Ange Félix Patassé avait recruté et mis à sa disposition les rebelles de Moïse-Ketté.

Le 15 juin 2004, Martin Koumtamadji créa le Front Démocratique Centrafricain (FDPC.

Entre temps, dans les frontières entre le Tchad et la République Centrafricaine ainsi qu’au marché à bétail situé au Pk 12 à la sortie-nord de Bangui, le leader du FDPC organisait des rapts et rackets sur certains éleveurs et convoyeurs de bœufs et en massacraient d’autres.

Avec l’accession de François Bozizé au pouvoir par les armes, Abdoulaye Miskine multipliait les actions de déstabilisation de son régime pour venger son mentor.

C’est dans ce contexte que  le FDPC signera et violera successivement l’accord de cessez-le-feu de Syrte (2 février 2007), l’accord  global de paix de Libreville (juin 2008).

S’agissant de l’Accord de Khartoum, le FDPC est le premier groupe armé qui l’a violé en entravant la circulation des personnes et des biens à Zoukombo, à la frontière  avec le Cameroun, asphyxiant l’économie centrafricaine au lieu d’entreprendre des négociations avec le gouvernement pour revendiquer la pleine implication des rebelles et mercenaires dans la gestion des affaires de l’Etat.

Mieux, après avoir décliné sa nomination au gouvernement, celui-ci avance des prétextes fallacieux, selon lesquels, il a tenté sans succès de rencontrer les autorités.

Les dirigeants ont des priorités et comprennent qu’il n’est pas sérieux et veut jouer avec le gouvernement et la communauté internationale parce qu’il est un général auto-proclamé.

Concernant  la décision de ses sbires de s’engager dans le programme DDRR, le déficit de professionnalisme du leader du FDPC lui a fait perdre de vue que cette guerre qui a duré a laissé ses parcours, rebelles et mercenaires.

A cette situation s’ajoutent la détérioration de leurs conditions d’existence et le partage inéquitable des butins et financements de guerre.

L’option guerrière qu’il a retenue n’a que des avantages. Elle peut se retourner contre lui parce qu’il ne peut pas défier éternellement l’autorité de l’Etat.

Le Confident




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