Affaire BADICA : « les allégations du Groupe d’experts sur la Rca sont non fondées », dixit le DG des Mines

Kangbi-ndara.com Par une lettre en date du 28 octobre 2014, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Groupe d’experts sur la République centrafricaine créé par la résolution 2127 (2013) du Conseil de sécurité, les experts ont estimé que de manière « très probable », les diamants centrafricains ont été exportés clandestinement. A l’index, les sociétés BADICA et sa filiale belge Kardiam. Loin de nous, toute envie de polémiquer puérilement sur une affaire aussi grave.

BADICA « Après avoir examiné les images numériques des diamants, le Groupe de travail des experts diamantaires du Processus de Kimberley a déclaré qu’il était TRES PROBABLE que les diamants en question proviennent de la République centrafricaine (voir annexe 21). Le lot saisi portait sur deux expéditions certifiées dans le cadre du système de certification du Processus de Kimberley qui provenaient des Émirats arabes unis et étaient adressées à Kardiam, société sise à Anvers. Kardiam est la filiale belge de la société centrafricaine Badica (voir S/2014/452, par. 60). peut-on lire dans ce rapport d’experts onusiens.

Toujours dans ce rapport, il est clairement mentionné que « La suspension temporaire, en mai 2013, de la République centrafricaine du Système de certification du Processus de Kimberley a provoqué un essor rapide du trafic transfrontalier de diamants centrafricains. Lors d’un entretien avec les médias, le 6 juin 2014, l’ancien Ministre des mines, de l’énergie et de l’hydraulique, Olivier Malibangar, a estimé que 80 % des diamants produits en République centrafricaine quittaient le pays par des voies illicites. Le Groupe d’experts estime que, du fait de la suspension, quelque 140 000 carats de diamants, d’une valeur potentielle de 24 millions de dollars des États-Unis, sont venus s’ajouter à la quantité de diamants déjà sortis du pays en contrebande avant la prise de cette mesure. Cette estimation prend en compte un ralentissement de la production et les achats officiels qu’effectuent les entreprises privées la Sodiam (Société centrafricaine du diamant) et Badica (Bureau d’achat de diamants en Centrafrique) (voir par. 122 et 128). Elle a été établie à partir des chiffres concernant les exportations relativement faibles enregistrés au premier semestre de 2013. Au 2 juillet 2014, Badica avait officiellement acheté au total 2 896 carats, qui provenaient pour la plupart de Bria et Sam-Ouandja (voir annexe 25). D’après des rapports établis à la suite de missions effectuées par les autorités centrafricaines les 4 mars, 22 avril et 2 juillet 2014 pour vérifier les stocks, ces diamants bruts sont stockés à Bangui. Badica transporte ses diamants de Bria et de Sam-Ouandja sur des vols affrétés par Minair, une société sœur, et par la compagnie aérienne Laparra. Minair et Badica font partie du Groupe Abdoulkarim (www.groupeabdoulkarim.com), dirigé par Abdoul-Karim Dan Azoumi… ».

A la lecture des quelques paragraphes ci-dessus cités du rapport du Groupe des experts sur la République centrafricaine, des allégations de trafics illicites de diamants ont été relevées. Mais le Directeur Général des Mines et de la Géologie de la République Centrafricaine, répondant à un questionnaire à lui soumis par M. Aurélien LLorca ci-devant Coordonnateur dudit Groupe d’experts, ne se reconnaît pas dans ce qu’il considère come étant des allégations.

« Dans votre correspondance, il ressort que, de votre source gouvernementale, le Bureau d’achat BADICA entretient des réseaux de fraude vers les Emirats Arabes Unis. Alors que le Département des Mines qui assure la gestion de la politique minière dans ce domaine ne se reconnaît pas dans cette velléité », mentionne en substance, le Directeur Général des Mines et de la Géologie.

Et, cerise sur le gâteau, le Directeur Général des Mines et de la Géologie propose, pour mettre fin aux allégations non fondées du Groupe d’experts de l’ONU sur la RCA, qu’il « s’approprie la décision du 23 mai 2013 sur la suspension de la République Centrafricaine par le processus de Kimberley ». Tant et si bien que la sanction du processus de Kimberley dit-il « ne touche que le commerce international de diamant brut et non le commerce des diamants taillés, les pierres précieuses et semi-précieuses ».

Un peu clair comme l’eau de roche n’est-ce pas?

Toujours est-il que le centrafricain lambda se pose la question de savoir pourquoi l’ONU qui dispose sur le territoire centrafricain d’une force qui a reçu mandat de désarmer de gré ou de force les milices qui écument le territoire national et partant contrôlent les sites d’exploitation n’arrivent pas à donner corps aux différentes résolutions du Conseil de sécurité sur la crise Centrafricaine ? S’ils avaient chassé les rebelles des sites d’exploitation et aider au redéploiement de l’administration centrafricaine dans les zones de production, parlerons-nous aujourd’hui de diamant de contrebande ?

Chantal Kpèmsèrè

 

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