Alternance politique en Centrafrique : le peuple pas encore convaincu du « Touaderamètre »

IMG_0129Kangbi-ndara.info / Le peuple centrafricain veut rompre avec les vielles habitudes et pratiques du passé qui ont coûté cher à la République Centrafricaine depuis plus de trois décennies. Bon nombre de centrafricains peinent à palper du doigt le changement prôné par le régime du Président Faustin Archange Touadera  depuis le 30 mars 2016 et ils ne font  que souligner pour l’heure l’usure du terme rupture.

Le régime asymptomatique de Touadera se veut celui de l’espoir du peuple et de l’alternance politique en Centrafrique. Les centrafricains trahis par les politiques du passé adhèrent à l’idée de rupture fondamentale et générationnelle. Au lendemain de l’investiture du Président Faustin Archange Touadera, moult centrafricains auréolés à l’image d’un dirigeant répondant voient au « Touaderamètre » l’incarnation de la planche du salut. Une planche jetée en mer mais qui vient très lentement dans la direction des naufragés afin de les embarquer vers le port de sécurité et de cohésion sociale.  Limpidement cette lenteur, à moins des 100 jours de gestion des nouvelles autorités, ouvre quelques brèches au doute et à l’incompréhension en ce qui concerne les priorités du navire politique centrafricain ainsi que des procédés par lesquels il entend instaurer une politique luisante qui ne frustre ni ne fait montre d’exclusion. Nul ne se dit politique en Centrafrique et ignorer que la frustration et l’exclusion ne peuvent être servies aux Centrafricains aujourd’hui.

Certains activistes de Centrafrique affirment que, depuis la prise de fonction du nouveau Chef de l’Etat centrafricain Faustin Archange Touadera, du nouveau chef du Gouvernement Simplice Mathieu Sarandji, du nouveau Président du parlement Abdou Karim Meckassoua et du nouveau président de la délégation de la ville de Bangui Emile Raymond Gros Nakombo, les signaux favorables au terme rupture s’amenuisent. D’après eux, tout porterait à croire que les grands chantiers des défis à relever ne tableront devant ces instances de décisions qu’après la vague de nominations moutonnières visant à assainir les institutions publiques vraisemblablement sur fond de règlement de compte.

Selon les informations de Kangbindara, un des éléments qui nourrie l’usure du mot rupture chez un grand nombre à l’heure actuel dans le milieu centrafricain est ce qui paraît comme le poudrage des priorités de l’heure entre autres, la sécurisation de l’ensemble du territoire, la mise en marche du DDR, R (désarmement démobilisation, réinsertion et rapatriement), le retour des réfugiés et des personnes déplacées internes chez eux. Aussi il faut redorer le blason de l’administration centrafricaine tout entière. Une légion de personnes qui ont porté le régime de Touadera au pouvoir mais qui plausiblement seraient oubliés mettent peu à peu de l’eau dans le vin du régime en place sous diverses formes

En, effet, une classe « grincheuse » de centrafricains de la 25e heure attend aussi de l’humble président le Baugelet Nouveau (ainsi certains acteurs de la transition appellaient le candidat à la présidentielle Touadera, NDLR) qui restituait au gouvernement ses reliquats de frais de mission alors Premier ministre sous la présidence de François Bozizé, de vite faire tomber le voile sur les éventuels dons financiers reçus notamment du Président tchadien Idriss Deby Itno, de son homologue congolais Denis Sassou N’Guesso, de Joseph Kabila du RD Congo. Une rétention d’information pourrait fournir des motifs tangibles à ceux qui se veulent des pierres d’achoppement de ce régime d’intoxiquer à dessin l’opinion nationale et internationale sur une probable intention d’enrichissement personnel des dirigeants actuels dont un grand nombre tarde encore à déclarer leur patrimoine énoncer comme condition d’une gestion transparente par la Constitution de la République Centrafricaine. « Ceux qui sont au gouvernement mais qui ne veulent déclarer leur patrimoine ne sont là que pour lésiner les avantages qu’offrent leurs fonctions », juge un enseignant à l’Université de Bangui qui, en dépit de tout, croit fermement aux capacités managériales du Président Touadera pour l’amélioration des conditions de vie des centrafricains.

De facto, tout ce que l’on peut dire actuellement du régime Touadera souffrirait du mouroir du régime en place qu’est le temps, il est un peu trop tôt. Pour faire mouche, il serait mieux de juger le gouvernement actuel sur son bilan des 100 jours de gestion. Pour plus d’un, il se peut que le bilan des 100 jours ne reflètera pas le changement attendu. Au fait, la restitution de l’Opération « Toumba Zéndé » (Combattre l’insalubrité) initiée par le Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji en Avril dernier ne fera t-il pas un bilan onirique des 100 jours du régime en place ? le Président Touadera n’a-t-il pas repris l’enseignement avant les 100 jours ? Et… Patience !

 

Johnny Yannick Nalimo

 

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