ANA-Centrafrique s’adresse au Président Faustin Archange Touadera

Khartoum quand l’Union Africaine tergiverse.

           Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadera, le temps qui vous reste au pouvoir est plus important que celui déjà épuisé.

Vous soulevez une charge jusqu’au genou, mais personne ne semble réellement vouloir vous aider à la mettre sur la tête. Si le poids sur vos épaules devient difficile, tournez-vous vers votre Peuple, il vous répondra.

Vu la gravité de l’heure, comptez moins sur les institutions mais sur votre peuple. Quand les Dirigeants font corps avec le Peuple, cela bouleverse tout le monde.

Monsieur le Président, les Occidentaux disent : « là où il y a la haine, se cache la peur ». Si vous faites peur, circulez alors en prédateur.

Monsieur le Président, Chef de l’Etat, votre courage et votre détermination à léguer aux générations futures un pays sans foyer d’insécurité ne sont plus à prouver. Toutefois, rappelez-vous et puisez du réconfort dans les sagesses africaines ci-après : « Celui qui veut du miel, doit avoir le courage d’affronter les abeilles » ; « Celui qui est né dans la brousse, n’a pas la frousse ».

Préservez votre aplomb du début en trottant avec équilibre même si l’Union Africaine tergiverse ; même si elle vous tourne et les Centrafricains en bourrique.

Nul besoin  de vous rappeler, Monsieur le Président, que le Peuple centrafricain est balafré profondément de partout, il ne peut tenir une journée de plus dans ce climat de prédation.

Nous connaissons le pas de danse de l’Union Africaine, mais, quand on se noie, on s’accroche à tout même au serpent.

En effet, si l’Union Africaine fait semblant de mourir faites semblant de l’enterrer, Monsieur le Président.

« Si quelqu’un te prêtes des jambes, tu vas là où lui plait ». La direction de l’Union Africaine est celle de vous faire noyer dans le lac du sang de vos compatriotes tués injustement sous votre présidence.

L’Union Africaine tarde à fixer le lieu et la date du dialogue qu’elle a initiée tandis que votre Gouvernement et vous êtes prêts depuis des mois. Ne perdez pas une seconde cruciale pour votre Peuple à l’attendre car, incontestablement, le long itinéraire indiqué par l’Union Africaine vous mènera au bout du fossé la culbute.

Monsieur le Président, foncez comme si vous n’aviez jamais fait d’erreur.  Oui, foncez à Khartoum pour mettre votre peuple à l’abri des horreurs et du terrorisme légalisé.

Poursuivez l’initiative de Khartoum si votre sensibilité, votre humanité, est atteinte par l’immensité et la profondeur de la souffrance de votre Peuple.

Les idées fécondées à Khartoum s’illustrent schématiquement le plus court chemin de la ligne droite. Elle repose sur une sincère entraide pour un réveil sécuritaire dans l’ensemble du pays et le contrôle des frontières de l’Est et du Nord-est.

Certains de vos traditionnels partenaires ne dépenseront ni argent ni énergie physique pour qu’aboutisse à Khartoum le renversement de la pyramide d’insécurité dans le pays.

C’est à l’avantage du Peuple centrafricain si le Soudan s’engage à supporter la totalité des charges du rendez-vous du 15 décembre 2018 réunissant le Gouvernement centrafricain et les animateurs de la terreur en Centrafrique.

Monsieur le Président, au regard de l’urgence sécuritaire, des complots et des agitations politiques tous azimuts qui gravitent autour, avez-vous encore une bonne raison d’attendre ?

Monsieur le Président, le Peuple centrafricain s’en remet entièrement à vous. Votre Peuple vous a fait l’ultime confiance en vous confiant sa destinée à la traversée des eaux hautement troubles. Bravez le mauvais temps en manœuvrant les gouvernails de manière que votre équipage arrive à bon port. Ce n’est pas tâche facile mais ANA-Centrafrique et le Peuple tout entier croyons en vous.

 

Fait à Bangui, le 14 décembre 2018

Le Président National

Johnny Yannick NALIMO




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