Mandat d’arrêt international : Patrice-Edouard Ngaïssona arrêté par les autorités françaises

Patrice-Edouard Ngaïssona, président de la Fédération centrafricaine de football, est arrêté ce mercredi matin 12 décembre 2018 par  à Roissy en France par la Gendarmerie française. Il a été arrêté en France conformément à un mandat d’arrêt délivré par la CPI à La Haye.

Selon RFI, un communiqué de la Cour pénale internationale précise que le mandat d’arrêt a été délivré le 7 décembre dernier pour des présumés crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis depuis 2013.

Au plus fort de la crise centrafricaine, Patrice-Edouard Ngaïssona dit « le patriote » s’était engagé par nécessité aux côtés de la milice anti-balaka pour repousser la menace Séléka dont la progression et la prise du pouvoir en 2013 a été facilitée par la France et le Tchad voisin.

Pour la liberté de ses compatriotes, Patrice-Edouard Ngaissona était devenu le coordinateur général national.

« La récente transition en Centrafrique avec complicité de certains pays européens n’ont fait qu’établir une liste des ex chefs anti-balaka à la Cour pénale internationale. Aucun des principaux chefs terroristes de la Séléka ne figure dans ladite liste« , apprend-t-on d’un ancien ministre de la transition.

«  La Cour estime qu’au moins une attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les anti-balaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir le groupe armé de l’ex-Seleka » lit-on sur le site de RFI.

En effet, que ce soit dans la prison centrale de Bangui, Ngaragba, ou à la CPI, seuls les poids lourds du rang des anciens chefs de milices d’obédience chrétienne, qui ont déposé les armes, sont acculés et arrêtés tandis que l’autre côté se surarme sous la barbe du monde entier.

A Bangui, certains chefs anti-balaka voient derrière l’arrestation de Ngaisonna une manipulation à la française visant à les remonter contre le régime de Bangui.

 » C’est un complot, Ils n’auront pas ce qu’ils veulent. Qu’ils arrêtent aussi les chefs de la Séléka comme ça nous croirons en leur neutralité« , se méfie un ex chef anti-balaka qui requiert l’anonymat.

Patrice-Edouard Ngaissona fut ministre des Sports sous François Bozizé et poursuivi par la CPI pour crimes contre l’humanité (meurtre, extermination, déportation, etc.) et crimes de guerre (meurtre, torture, traitement cruel, mutilation, etc.)… Son arrestation intervient peu de temps après celle d’Alfred Yekatom Rhombot lui aussi anti-balaka, avec des responsabilités plus locales à Bangui.

KN et RFI




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