Anicet Georges Dologuele les a écouté dire : « … la RCA ne valait même plus 1 euro symbolique »

Depuis la prise du pouvoir par la Coalition Séléka, le 24 mars dernier, la situation générale de la République Centrafricaine est de plus en plus alarmante. Ce pays a plus que tout besoin des aides pour fermer en partie les multiples brèches du régime déchu et celles de la Séléka. Or, ce qu’a perçu le banquier centrafricain Anicet Dologuele dans un métro français à propos de la RCA et rapporté dans un quotidien local dépeint la vision extérieure des aides qu’attendent les nouvelles autorités centrafricaines pour parer de nombreux coups.   

dologueleDans un métro parisien, le banquier centrafricain et l’ancien Premier Ministre d’Ange Félix Patassé Anicet Doleguole a intercepté une partie de conversation, de deux africains, relative à l’actualité Centrafricaine après le changement du 24 mars 2013. Cette phrase dite par ces hommes et que M. Dologuele a pris le soin de rapporter le 13 juin dernier dans son entretien avec le quotidien centrafricain Agora, révèle en elle certaines réactions défavorisées à l’égard de la RCA depuis les quatre derniers mois.

En effet, répondant à une question sur la situation actuelle de la Centrafrique le banquier centrafricain a dit dans son interview ceci: «J’ai été très choqué quand j’ai entendu un africain expliquer à son ami dans le métro parisien que la RCA ne valait même plus 1 euro symbolique (655 francs CFA). J’ai reçu cette remarque comme une violence à ma personne, mais elle n’est pas loin de l’image que notre pays dégage à l’Extérieur. On n’hésite plus à nous comparer à la Somalie ».

Qu’a fait la RCA pour démériter la bonté à ce point ? Cela est une vielle histoire connue de tous mais la goutte d’eau de trop a été celle de la Séléka. Depuis décembre 2012 le pays ne fait que glisser sur la pente désespoir. Juste après l’occupation de Bangui et la prise du pouvoir par la Coalition Séléka en Centrafrique, le monde entier a été témoin des actes commis par le  « Tsunami Séléka », selon les termes de Doleguele, ramenant le pays à l’âge de la pierre taillée. Deux analystes politologues ont, une semaine après le putsch de Djotodia, sur les ondes de RFI déduit que « la Centrafrique n’est pas un Etat mais un territoire abonné aux coups d’Etats dans lequel sont enfouies des ethnies ». Ont-ils tort ou raison ? Ce qui est certain, ils ne sont pas les seuls à mal-parlé de ce pays, pire encore sont de nombreux centrafricains qui médisent en ce moment leur pays et songent à le quitter pour mieux vivre ailleurs. « Le cycle infernal des coups d’Etats, de destruction, de violation des droits humains, de roublardise et de spoliation ne me laisse guère le choix de quitter ce pays pour très longtemps », a regretté Arsène Kambolo de père et mère centrafricains. Certains jeunes Banguissois se déclarent, jusqu’à ce mois de juin, des réfugiés dans des camps de réfugiés voisins principalement celui de la ville de Zongo (RDC) frontalière avec la capitale Bangui. « C’est à cause des prises en charge des réfugiés qu’ils s’y rendent massivement », explique le jeune Patrick Miabé dont l’un de ses amis vient de vendre tout ce qu’il a amassé pendant les pillages prolongés pour se constituer la semaine du 9 juin en réfugié à Zongo.

Par ailleurs, M. Dologuele ne s’est aussi pas empêché de souligner dans cette interview l’amateurisme politique des autorités centrafricaines en place en rappelant la perte de contrôle de la situation depuis le lendemain du renversement du régime de Bozizé. « Ces personnalités ont entrepris de conquérir le pouvoir…, mais la gestion de ce pouvoir s’avère plus compliquée qu’elles ne l’imaginaient.. De plus, la maîtrise de leurs hommes semble leur avoir échappé dès les premiers jours. Au total, la facture est déjà, à ce stade, extrêmement lourde pour chaque centrafricain en terme de perte d’identité, de traumatisme de tout genre, d’humiliation et d’absence de perspective pour l’avenir, sans compter l’immense préjudice matériel et financier que je n’ai plus besoin de décrire ».

Ceci est une évidence, le Président de la transition centrafricaine Michel Djotodia l’a avoué le mois de mai dernier, en langue nationale, lors de son échange avec les responsables religieux de Centrafrique sur la question de la laïcité de l’Etat centrafricain. Evoquant les péripéties de l’augmentation vertigineuse et paralysante de l’effectif des éléments de la Séléka, qui est passé sensiblement de 4.000 à 20.000 combattants, Michel Djotodia a laissé entendre ceci : « Cette chose (la politique), vous la voyez simple à l’extérieure mais une fois à l’intérieur elle devient très complexe ». Cet aveu susciterait une interrogation: pourquoi entrer dans un tunnel si l’on ignore ce qui se trouve de l’autre bout ? 

Si déjà quelques africains estiment qu’un Etat comme la République Centrafricaine ne vaut pas la pitoyable pièce d’1 Euro quel jugement porteront ceux qui vivent au-delà des frontières du continent ? De toute les façons, la causette de ces africains perçue par cette figure politique centrafricaine devrait inspirer tant les autorités politiques centrafricaines actuelles que le centrafricain lambda.

Même si la Communauté des Etats de l’Afrique Centrale (CEAAC) et la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et d’autres Etats fouillent encore dans leurs poches pour alimenter fiévreusement les caisses de l’Etat centrafricain et restaurer la paix et la sécurité en Centrafrique que les centrafricains n’oublient pas ce qu’a dit A. Ahidjo: « Il n’y a pas de dignité pour ceux qui attendent tout des autres ».                                                                                                                

Pour l’heure en Centrafrique, les fonctionnaires n’attendent que leurs deux mois de salaire promis-payés depuis deux semaines par le Président Djotodia et qui tardent à encore à être versé sur leurs comptes.

Johnny Yannick NALIMO

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