Anti Balaka : la victoire d’un peuple résistant

Le peuple centrafricain est certainement dupe mais pas aussi con comme le pense un grand nombre. Un jour, deux jours et le troisième jour il te fait vivre tes plus pires cauchemars. La mésaventure politique de la Séléka et l’histoire de la  résistance africaine des années 1928 à 1932 en sont de belles illustrations.

libertéEn marge des  actes de cruauté débordements, le caractère répulsif des centrafricains est à saluer. Contrairement aux frères maliens qui n’ont que la France et le Tchad pour les libérer de l’emprise des terroristes, le peuple centrafricain est quand à lui un guerrier légendaire qui ne compte que sur la Divinité suprême et sur lui même.

Mes profondes allégeances patriotiques vont à l’endroit de ces valeureux paysans centrafricains imbus d’un sens élevé du nationalisme qui avec de simples bâtons et outils des travaux champêtres ont repoussé les mercenaires lourdement armés de la Séléka. Ces paysans, ont subi l’ennemi dans la chair afin que les profondes inquiétudes d’un grand nombre se transforment en perspectives. Les Antis balaka ont eu raison de la Séléka et de ses alliés qui ont fait montre d’inhumanité envers le peuple centrafricain à cause du pétrole. La condition d’échec politique activant le projet sécessionniste exprimé imprudemment par Abakar Sabone, conseillé spéciale de Michel Djotodia devient de plus en plus irréalisable au regard des réalités présentes de la Centrafrique. Le gène résistant des centrafricains n’est pas une simple histoire élogieuse qu’accompagnait Karnou dans sa dernière demeure. L’esprit guerrier de Karnou habite toujours chez le peuple centrafricain.

Je m’oppose contre les agitations situationnistes de certains filous du succès, « politique de récupération », comme les sieurs Edouard Ngaissona, Lévy Yakité et Kokaté qui ternissent de par l’opacité de leur passé non seulement la consonance Anti Balaka mais la valeur entière du combat mené pour la réduction de la capacité de nuisance de la Séléka. Ce que font mes compatriotes suscités revient au même objectif poursuivit par la force Sangaris : s’approprier la victoire et le nettoyage fait par les Anti Balaka pour justifier leur défaitiste mission en RCA pendant un demi semestre.  Cette nonchalance politique est tombée en désuétude. Il ne leur appartient plus mais à la génération responsable actuelle de prendre délicatement la situation en main en usant d’un patriotisme exemplaire fondé sur la réconciliation afin d’orienter la Centrafrique vers une sortie de crise définitive.

Les mots utilisés par l’occident et ses médias laudatifs pour divertir l’opinion nationale et internationale du réel problème centrafricain doivent seulement enrichir le vocabulaire centrafricain. Le combat mené est si beau au point qu’il ne faille pas l’incruster des mots : pillage, vol, meurtre, lynchage, vengeance, vandalisme, cannibalisme, extermination ethnique ou épuration ethnique. Loin de remettre en cause le professionnalisme de certains acteurs des médias occidentaux : peut-on assimiler une communauté religieuse fut-elle musulmane ou chrétienne à une ethnie ? L’ennemi, c’est le coté négatif de la Séléka et non de paisible frères musulmans. Que les armes de la libération soient vite rangées afin qu’elles ne versent pas du sang innocent comme les canons de la Séléka. Que le peuple centrafricain s’efforce de surpasser les faiblesses de la chair en s’abstenant des actes de violences inutiles afin de restaurer la sécurité et favoriser le retour de plus d’un million de déplacés, la RCA a besoin d’eux.

Je ne saurais enfin féliciter les Antis Balaka sans rappeler au passage à la Présidente intérimaire de la transition en Centrafrique, Mme Catherine Samba-Panza, qu’elle se doit, en sa qualité de femme, de représenter le symbole de la justice comme le veut la tradition centrafricaine. Elle n’est qu’une expérience politique, le souhait est qu’à la fin de sa mission Mme Samba-Panza donne tort à tous ceux qui pensent qu’elle est de mèche avec la Séléka, qu’elle n’est qu’un pion français et qu’elle est partiale. Pour le reste, la Présidente sait sans doute que la colère du peuple centrafricain est idiote et exploitable, quitte à Mme Samba-Panza de l’éviter au nom de l’unité et du progrès. L’heure est grave, la vérité doit marcher sur le mensonge les erreurs sont proscrites. Le peuple centrafricain a indubitablement pris conscience de nombreuses réalités. La République Centrafricaine doit aller de l’avant, les yeux fixés sur un seul objectif : restaurer la paix pour  amorcer d’ici 2015 les travaux de la refondation d’un Centrafrique nouveau, fort et ambitieux. Le centrafricain est prêt à relever ce défi non pas pour assouvir ses intérêts égoïstes mais pour faire profiter à l’Afrique l’immensité de ses richesses naturelles.

Kangbi Ndara

 

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