Augmentation des prix de la bière : le gouvernement et les grossistes ont tort…

Kangbi ndara.info/ Ils avaient pris d’assaut la Brasserie Mocaf en cette matinée du 02 Janvier 2018 lorsque la nouvelle est tombée confirmant l’augmentation des prix des boissons. Une « grande surprise » pour les grossistes qui crient au scandale et le gouvernement par le truchement du ministre du Commerce qui dénonce une augmentation jugée « unilatérale ».

Levée de bouclier et hop dans la précipitation, Côme Hassan, le ministre du Commerce convoque une réunion tripartie dans la salle de conférence de son Cabinet pour chercher des voies et moyens pour résoudre cette crise née de la volonté de la seule Brasserie nationale d’augmenter les prix de vente de ses boissons.

Levée de bouclier

Sur les ondes de Radio Ndeke Luka (RNL), l’on a même entendu dire que l’actuel Directeur de la Brasserie Mocaf Pascal Béranger aurait manqué de respect aux responsables de ce département ministériel, que la réunion tripartite s’est terminée en queue de poisson et que savions-nous encore ?

Les sources de Kangbi ndara proches des grossistes de révéler que la réaction du Directeur général de Brasserie du 03 janvier dernier lors de l’entretien initié par le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadera se justifie par certaines légèretés du ministre Come Hassan qui plusieurs fois  sollicite les productions brassières de la Mocaf pour répondre à certains de ses besoins personnels et autres, d’où « la main qui donne est autoritaire« .

Effet immédiat de cette décision, la surenchère dans les bistrots de la Capitale où les prix des boissons (Mocaf, 33 Export, Castel, Stout et même les jus), ont légèrement augmenté. Soit !

Mais entre nous, sans vouloir toucher au « sexe d’Adam et Eve », posons-nous juste quelques questions qui pourraient nous rafraichir la mémoire et situer les responsabilités s’il y en a dans ce bras de fer qui oppose la brasserie Mocaf aux grossistes soutenus par le ministère du Commerce.

La Mocaf est-elle habilitée à augmenter unilatéralement les prix des boissons ? Si elle l’a fait comme on peut le constater, sur quelle base s’est-elle fondée pour justifier cette augmentation ? Le ministère du Commerce à travers sa cellule d’homologation des prix avait-elle été préalablement informé de cette situation ?

Quelques questionnements tout aussi pertinents qui interpellent.

A l’évidence, et si on tente de répondre à ses quelques interrogations, on peut sans risque de se tromper soutenir qu’il n’est pas du tout du devoir de la brasserie Mocaf d’augmenter les prix des produits comme elle l’a fait. Il va sans dire que la cellule d’homologation des prix sis au ministère du Commerce devrait préalablement réunir les différentes parties afin de débattre de la question. Cela a-t-il été fait ? Question à suspens.

Prévu par la loi de finances 2018

Toujours est-il que la loi de finances 2018 promulguée par le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadera le 19 décembre 2017 nous apporte quelques précisions.

En effet, l’article 294 bis de cette loi de finances 2018 stipule que « pour les cas spécifiques des boissons alcooliques et des tabacs, le montant du droit d’accises résultant de l’application du taux de 25% visé à l’article 294 ci-dessus est majoré d’un droit spécifique. Le montant des droits d’accises additionnels résultant de l’application du système de taxation unique est de 15 Fcfa par bouteilles de 33 cl, 30 Fcfa par bouteilles de 65 cl, 15 Fcfa pour les canettes de 33 cl, 30 Fcfa pour les canettes et 66 cl et 45 Fcfa par litre pour la bière en fût ».

A la lecture de cette disposition légale puisque prévue par la loi de finances 2018, l’on pourrait aisément comprendre que c’est l’Etat dans sa recherche effrénée de l’argent pour son économie qui a augmenté les taxes sur les boissons alcooliques. Et cette loi de finances est promulguée depuis le 19 décembre 2017 soit au moins deux semaines de son entrée en vigueur à compter du 1er Janvier 2018. Ce qui voudrait simplement dire que le ministère du Commerce qui devrait aussi disposer d’une mouture de cette loi de finances ne peut aujourd’hui prétendre soutenir que la Mocaf a procédé unilatéralement à l’augmentation des prix des boissons alcooliques. « La loi est dure mais c’est la loi », dit le dicton et on ne saurait dans le cas d’espèce se prévaloir de l’ignorance de cette loi pour accuser la brasserie Mocaf de vouloir faire à sa « tête ».

Et même si l’on acceptait à son corps défendant se prévaloir de cette turpitude, l’on ne pourrait nier que dès l’entrée en vigueur de cette loi de finances, l’Etat centrafricain attend des structures et entreprises imposables le reversement des prélèvements faits sur les pauvres consommateurs.

La cellule d’homologation des prix devrait réunir à temps les grossistes et la brasserie pour voir comment procéder à une homologation des prix dans cette situation. Ce qu’elle n’a pas fait évidemment jusqu’à ce que l’eau puisse couler sous le pont.

Bref, dans cette guerre de tranchée, ceux qui sont vraiment à plaindre sont les consommateurs des boissons produites par la Mocaf. Les prix vont augmenter dans les débits de boissons et ils seront obligés d’en acheter même s’il faut reconnaître que pour ce qui concerne la masse des salariés pompeusement appelés fonctionnaires, l’augmentation des salaires a disparu depuis plusieurs décennies dans le langage de l’Etat.

Kangbi ndara




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