Autonomisation financière : le beau combat de la femme centrafricaine

Kangbi-ndara.info/ Ne plus dépendre financièrement des hommes est un défis que bon nombre de femmes centrafricaines relèvent au quotidien. Aujourd’hui elles sont nombreuses à créer de l’emploi et à contribuer à l’épanouissement de leur famille et au développement de leur pays.

La République Centrafricaine est toujours comptée parmi les pays pauvres. Cette réalité aux impactes tentaculaires affecte non seulement la société entière mais aussi liens familiaux. Pour ne plus attendre que l’homme, principal source de revenu d’une famille, dicte ses lois ou succombe sous les charges d’une famille nombreuse, la femme centrafricaine est devenue de plus en plus entreprenante ces dernières décennies.

De cette volonté d’indépendance de la femme, l’on assiste aujourd’hui, tant dans la capitale que dans les villes de provinces, à une forte poussée de nouvelles entreprises pour celles qui ont plus d’ouverture d’esprit et des moyens de leur ambition.

D’un procédé général, les femmes de Centrafrique à l’instar de celles des autres pays du continent, se lancent le plus dans de petites activités qui génèrent des revenus telles la culture et vente des légumes, du manioc et des féculents. Certaines ouvrent des salons de coiffure, des ateliers de couture, des gargotières, des restaurants de haut standing, des buvettes, des snacks, la mise en circulation de bus de transport urbain, de taxis et taximotos, la vente des coupons de rechargement téléphoniques, le creusage des canaux d’irrigations etc.

En fond de cette toile, les difficultés sont énormes. Celles qui parviennent à créer des entreprises sont souvent confrontées à des complications de toutes les natures entre autres : l’accès au crédit auprès des banques de la place.

D’un autre palier c’est ce confirme Florence Damanguere,  vendeuse de légumes au Marché Centrale de Bangui. «  J’avais 13 ans quand j’ai commencé à vendre les légumes, aujourd’hui j’en ai 36. Quand je me suis décidée à me lancer dans ce business, j’ai dû escalader des montagnes et surmonter de nombreuses difficultés. Quand je perdais mon fonds de commerce il m’était difficile de me relancer et cela prenait parfois des mois. Le Gouvernement, les crédit populaires et les banques n’aident pas», explique-t-elle.

L’endurance  et la détermination de Florence produisent les mots ci-après : « Aujourd’hui j’ai acquis de l’expérience. J’ai appris à ne compter que sur mes efforts et je tire vraiment profit de mon activité.  A  chaque vente j’ai un petit bénéfice qui va de quinze mille à vingt mille francs CFA le jour. Avec mon mari nous élevons nos quatre enfants et les dépenses sont partagées. Je me sens femme utile au foyer et aussi à mon pays ».

Outre la situation de Florence citée ci-dessus, bien d’autres femmes centrafricaines en surmontant les difficultés du début se sentent utiles bien d’années après.

Aujourd’hui en Centrafrique, on ne compte plus sur les doigtiers les femmes qui contribuent au développement en embauchant des jeunes désœuvrés et déscolarisés pour réduire la délinquance et autres caprices juvéniles.

Les Autorités centrafricaines ne devraient-elles un regard attentionné sur les efforts de la femme entreprenante vectrice du développement ?

                                                                                                                   Claire Stéphane KOKANZO



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