Avis d’appel d’offre présidentiel : la presse invitée à soumissionner pour clouer le HCC

Kangbi ndara.info/ Un marché juteux pour ceux qui se réclament « mercenaires » de la communication en République Centrafricaine. La non maitrise politique de l’institution en charge de la régulation des médias s’affiche une aubaine pour ceux-ci. La mission consisterait à chercher la petite bête cachée dans la calvitie du Haut Conseil de Communication. C’est d’une manière à une autre un appel d’offre tacite de la ¨Présidence de la République

Si la liberté d’expression est le droit reconnu à l’individu de faire reconnaitre son intellection, elle a aussi ses limites. Plausiblement pour cette seconde raison, la Présidence centrafricain et probablement le Gouvernement bouderaient le procédé fonctionnel du HCC qui semble prioriser les intérêts des opposants au régime. Le régime de Bangui reprocherait aussi au HCC de ne pas faire grand-chose pour réduire le flux de pamphlets virtuels et physiques hostiles à la politique du Chef de l’Etat et de son Gouvernement.

Il n’est peut-être guère exagéré de prétendre que la communication tout court n’a vraiment de l’importance pour les autorités politiques centrafricaines actuelles. La presse nationale pour ses nombreux dérapages est considérée par les dirigeants de médias de « caniveaux ». Cette humiliante déconsidération décriée dès les premières heures du pouvoir engendrerait à un certain niveau l’hérésie reprochée au HCC.

Il conviendrait de reconnaitre que les cellules de communication de la Présidence et de la Primature centrafricaine laissent plusieurs observateurs de la vie politique nationale sur leur faim.

Un responsable ?

Paul Lemasset, ancien ministre de la Communication irait au coin de la salle pour n’avoir pas

pris au sérieux les strictes consignes politiques d’occupation de la tête du bureau du HCC pour laisser

les membres à ceux qui pourraient donner éventuellement du fer à retordre au régime.

Minimisant les impacts futurs d’une telle négligence, Paul Lemasset va laisser former le maillon dur du HCC en toute indépendance sans aucune pression politique. Même si c’en est une première, le pouvoir en bave pour l’heure.

Seulement cet « exploit » n’a pas réussi à Paul Lemasset qui se voit éjecter patatras au premier remaniement technique du Gouvernement Sarandji. Tout porte à croire que ce n’est qu’après le fait accompli que le régime en place se serait rendu compte de la réelle capacité de nuisance des médias « errants » et de leur dresseur le HCC.

L’actuel ministre de la Communication Maxime Kazagui essai au mieux de corriger les erratas de son prédécesseur avec une méthode assez différente. En dépit de la dégourdisse du Ministre Kazagui, la composition actuelle du bureau du HCC ne mettrait toujours pas le régime à l’abri des projectiles enflammés et des ogives de fabrication sud-coréenne de la presse nationale.

C’est connu à Bangui que certains de ceux qui portent les jerricanes de la presse présidentielle proposent à certains médias nationaux, essentiellement aux sept muselés au montant de 700.000 francs CFA/mois, de fouiner du côté du HCC. Ces médias devraient fouiller pour trouver matière à accabler Richard Pouambi, président actif du HCC sur qui planent depuis plusieurs mois des rumeurs de malversations financières. Peut-être que les maniaques de l’espionite ouvriraient des brèches permettant au politique de frapper du tranchant de l’épée pour enfin tenter de reconquérir les postes clés du HCC.

Les plaintes des médias physiques de la place à l’endroit d’Isabelle Vackat, vice-présidente du HCC, décidée à en découdre à tous les médias qui torpillent l’éthique et la déontologie journalistique, ne suffisent pas pour coller à cette dernière un autre motif. Déjà l’on parle d’Isabelle Vackat comme celle qui protègerait une bonne partie des opposants au pouvoir actuel. Elle a levé le doute en interdisant la publication sous astreinte de trois journaux prisés du régime pour avoir relayé une information sans prendre en compte l’antagonisme de la liberté d’expression et le droit à l’information au droit au respect de la vie privée de chacun.

D’une approche incisive, la petite bête logerait certes la case du HCC tandis que la grosse bête rode dans la prairie du pouvoir centrafricain. Le pouvoir ne coupe pas la poire en deux en ce qui concerne la gestion des médias. Cette carence d’estime reléguant la majeure partie de la presse nationale derrière les médias étrangers et le recours continu aux moins qualifiés de remplir certaines missions communicationnelles délicates constitueraient le centre névralgique des déboires du système actuel. Les écrits à la « je m’en fous » que certains professionnels des médias mettent à disposition du public en seraient les résultants.

« Vos écrits impactent sur le pays. Ecrivez pour faire avancer les choses. La Transition a enduré plusieurs épreuves à cause vous », reconnait l’Ancien Chef d’Etat de Transition Catherine Samba Panza. Samba Panza aurait compris que la presse est gérable et qu’une négligence du pouvoir en ce sens pourrait le rattraper aux heures les moins attendues.

Les sept médias dits du pouvoir soumissionneraient ils à l’appel d’offre présidentiel pour aider le système à mieux contrôler le HCC afin de régler leurs comptes aux médias qui torpillent au souhait les efforts du régime en place ?

Johnny Yannick Nalimo pour Kangbi ndara




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