Bangui : 2 à 4 détenus tués à la prison centrale de Ngaragba suite à une émeute

Kangbi-ndara.com / Quelques 800 détenus de la maison d’arrêt de Ngaragba, la principale prison de la capitale centrafricaine située à proximité de la résidence de la présidente de transition Catherine Samba-Panza dans le 7e arrondissement, ont violemment manifesté dimanche nuit et lundi matin pour protester contre la mort d’un des leurs dans sa cellule.

test destroy« Tout est parti de la mort d’un de nous des suites de maladie. Il était malade, on a signalé son cas, mais aucune initiative n’a été prise pour l’amener à l’hôpital. Ils ne l’avaient pas sauvé et c’est lorsqu’il est mort qu’ils viennent le chercher. Cela ne vaut plus la peine. Nous allons l’inhumer ici même », martèle l’un des prisonniers très en colère sous le couvert de l’anonymat.

La manifestation a été violente. Les insurgés, quelques armes au poing, tirent en cas d’approche des forces nationales et internationales. « Personne ne peut entrer ni sortir de la maison carcérale de Ngaragba. Les prisonniers ont tout cassé dans le centre pénitencier depuis les cellules jusqu’au portail central », rapporte Parfait Jerrys un habitant de Ngaragba, voisin de la prison qui a assisté à la scène.

L’intervention des forces internationales, le contingent rwandais de la Minusca qui assure la sécurité de la prison en appui aux forces nationales, a entraîné des échanges de tirs avec les prisonniers qui ont pu récupérer quelques armes ainsi que des explosifs (grenades) dans le bureau de l’adjoint au Régisseur de la prison.

Le bilan varie d’une source à une autre. Le procureur de République, Ghislain Gressengue parle de 2 morts et 6 blessés tandis qu’un un prisonnier joint au téléphone dénombre 4 détenus tués et 5 autres blessés. Un voisin de la prison a confirmé avoir vu 2 corps évacués de la prison et transférés à l’hôpital.

Aucun cas d’évasion n’a été signalé car les forces de sécurité mobilisées sur un rayon d’environ 100 mètres  autour de la prison, faisaient des tirs de dissuasion pour faire peur à ceux qui tentaient de franchir le mur de la maison carcérale.

Le calme est revenu dans la soirée suite à des discussions engagées par les autorités judiciaires auprès des prisonniers.  « Nous avons exigé de meilleures conditions de détention. La prison de Ngaragba a une capacité d’accueil de 450 personnes. Aujourd’hui, nous sommes au double. En plus, il y’a parmi nous des gens qui sont enfermés depuis des mois sans procès. Les dossiers traînent trop sur le bureau du Procureur. Comme ils se sont montrés coopératifs, nous leur avons restitué  les armes saisies. Nous attendons de voir ce qu’ils vont faire », explique le prisonnier qui invite la ligue centrafricaine des droits de l’homme à ouvrir l’œil sur les lieux carcéraux pour que les gens soient jugés dans le délai.

La libre circulation des personnes et des biens a été perturbée au niveau de la prison sur l’axe qui mène au centre ville et à Ouango Bangui.

Le contrôle de la prison est finalement repris par les forces nationales et internationales.

Tim Barès

Comments

comments