Bangui : nouvelle débandade sur l’Avenue des Martyrs suite à une sortie des Seleka

Kangbi-ndara.com / Les Banguissois qui ont tenté d’emprunter tôt ce mardi matin l’avenue des Martyrs ont été contraints à la débandade. Une sortie inopinée des combattants de l’ex coalition seleka en masse pour récupérer le corps d’un de leur tué  et jeté à proximité de la radio AMA sur cette principale avenue, a perturbé la circulation et a semé la panique au sein de la population.
 
débandadeOn ignore les circonstances dans lesquelles le combattant a été tué. Selon un responsable du site de cantonnement du camp BEAL, le mouvement d’humeur de ce matin n’est pas revendicatif mais protestataire. « Lundi soir, trois de nos éléments sont autorisés à aller chercher quelques aliments devant l’hôpital communautaire. De là, ils ont été kidnappés. L’un a réussi à s’échapper et a pu rejoindre la base pour nous alerter. Ce matin, nous avons été surpris par la découverte du corps d’un des deux à proximité de la concession de la radio AMA », témoigne Lieutenant Steve Ngrekamba qui se présente comme le porte-parole des mécontents.
 
Cette sotie spontanée n’est pas restée sans conséquences. Des kiosques installés devant l’hôpital Communautaire et le Lycée d’Application de l’ENS ont été systématiquement détruits. Interrogé sur l’identité des présumés kidnappeurs, Steve Ngrekamba cible des endroits où sont parties souvent des attaques contre leur position. « Depuis notre dernière manifestation à Bangui dimanche, nous faisons souvent l’objet d’attaque par des hommes armés dans les environs du LAENS sur l’avenue des Martyrs. Cela arrive souvent », poursuit le porte-parole.
 
Réunis à l’entrée du Camp BEAL où ils exprimaient leurs émois, les seleka disent ne rien comprendre de cette attaque contre leur intégrité physique alors que l’accord de Brazzaville a sifflé l’arrêt  des hostilités.
 
La journée du dimanche 16 novembre 2014 a été marquée par une manifestation des éléments de l’ex-Séléka, une manifestation qui a occasionné la mort d’au moins une personne et des blessés dans le 1er arrondissement.
 
Les quartiers voisins des sites du camp Beal et du Bataillon des services et de soutien (BSS), où sont basés les ex-hommes armés de la coalition Séléka, ont été secoués par des tirs à l’arme lourde et automatique.
La résidence de l’ancien ministre de la Sécurité publique, le colonel Denis Wangao Kizimalet, situé derrière le Bureau d’affrètement routier centrafricain a été également visé par des tirs.
 
Le jeudi 13 novembre 2014, ces ex-combattants avaient barricadé les avenues de l’Indépendance et des Martyrs dans la partie nord de Bangui, empêchant toute circulation. Ils avaient exigé des autorités de la transition le versement d’une somme de 825.000 francs CFA soit 1.257,70 euros par ex-combattant à titre de Prime général d’alimentation (PGA). Cette somme représente les frais couvrant la période de onze mois de cantonnement. A l’issue d’une négociation avec le gouvernement, une enveloppe financière de 4.500.000 francs CFA soit 6.860,21 euros leur a été remise.
Tim Bares

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