Basket-ball : Max Kouguere sort du silence et menace de quitter l’équipe nationale Centrafricaine 

Max Kouguere parle. Muet depuis sa participation à l'Afrobasket 2015 à Tunis avec l'équipe nationale Centrafricaine «le pays a été éliminé en huitième de finale par l'Angola», l'ailier d'Antibes s'est livré dans un long entretien à notre rédaction. « Après la fin de l'Afrobasket à Tunis, je me suis laissé du temps pour digérer tout ce qui s'est passé pendant la préparation à Gravelines jusqu'à Tunis durant la compétition avant de donner ma version des faits, car j'ai entendu beaucoup de choses, tant sur l'assurance de Romain Sato ainsi que sur la vie du groupe. J'aime cette équipe et je me suis toujours battu pour convaincre mes partenaires de venir défendre les couleurs de notre pays, mais tant que les dirigeants ne seront pas sérieux, je ne viendrai plus en équipe nationale, confie le capitaine des Fauves, meilleur scoreur de la Centrafrique à Tunis.

L'affaire d'assurance de Romain Sato

«J'ai réussi à rencontrer Romain quand je jouais en Espagne avec Manresa. Avec Moussa Sanze, nous avons beaucoup discuté pour convaincre Romain de revenir en équipe nationale, au moins pour une dernière fois afin de réaliser quelque chose de grand à Tunis. C'était même bien avant notre tournoi de qualification à Libreville. Il nous a donné sa parole, ce qu'il a réitéré lors de ma visite à Valencia pour le rencontrer à nouveau. J'ai expliqué mon initiative au président de la Fédération Jean de dieu Mageot qui en a informé le ministre de la Jeunesse et des Sports. Les deux ont décidé de nous accompagner dans cette démarche en effectuant le déplacement à Valencia. Devant tout le monde et à votre micro, Romain Sato à donné son accord de principe pour sa participation à l'Afrobasket 2015. Il avait étalé ses conditions dont le payement à temps de son assurance afin de mieux préparer la compétition. Devant le ministre des sports (Armel Ningatoloum Sayo), Anicet Lavodrama, Moussa Sanze et Romain Sato lui même, le président Mageot avait promis que la fédération fera tous les nécessaires à temps pour permettre à l'équipe de mieux se préparer avant le tournoi. Sachant que le camp d'entraînement devrait avoir lieu à Malaga en Espagne et Anicet Lavodrama était en charge du dossier. 

Anicet Lavodrama écarté sans aucune explication

Romain Sato voulait venir mais à temps au minimum une semaine avant notre départ pour Tunis pour mieux se préparer avec l'équipe. Pour lui, c'était inconcevable de venir à trois ou deux jours de la compétition car le faire, ce serait un manque de respect à l'équipe et que ce n'était pas possible pour un joueur de son statut. Il l'a fait savoir au président Mageot qui devrait lui envoyer rapidement le papier d'assurance pour que les dirigeants de Valencia lui donne le feu vert, car sans ça, il ne viendra pas et même si il décidait de venir, il ne pourra pas s'entraîner avec nous car c'est le règlement. Après une longue attente et sans nouvelles de la fédération, Sato décide de m'appeler à une semaine de notre départ de Gravelines pour savoir ce qu'il en est, m'informant par la même occasion qu'il avait déjà préparé sa valise et attendait juste le papier d'assurance avant de venir.

Le début d'un bras de fer entre les joueurs et le président de la fédération Centrafricaine de basket-ball qui aura duré plus de cinq jours 

Hélas, nous sommes arrivés à deux jours de notre départ de Gravelines, et en tant que capitaine de l'équipe, je me suis rapproché du Trésorier Général Éric Damango, seul représentant de la fédération présente à ce moment là, pour lui demander sur l'assurance de Romain Sato. Celui-ci m'informe qu'il venait juste de recevoir l'argent de l'assurance (12000 euros) alors que quelques jours auparavant, le président Mageot nous répétait que l'assurance était déjà payée et qu'il attendait juste l'arrivée de Romain. C'était un vendredi soir, précisément 18h et on devrait quitter Gravelines samedi pour Tunis. Je savais à ce moment là que Romain Sato ne viendra plus car c'est techniquement impossible de payer son assurance vu que c'est un week-end et que l'on voyage.

Face à cette situation et avec l'accord de tous mes coéquipiers, j'ai demandé au TG de partager les 12000 euros entre les douze joueurs en primes pour les motiver, mais le président Mageot s'est opposé dans un premier temps, avant d'accepter à une seule condition : de nous faire signer un papier le soir même du vendredi. Quand le TG m'a fait lire le papier avant signature, j'ai appelé de suite le président de la fédération pour émettre un refus car je ne comprends pas pourquoi l'on devrait faire porter le chapeau à Romain Sato, surtout remettre en question son patriotisme. Face à ma réaction, le président Mageot persiste je cite : "vous avez deux choix, soit vous signez et vous avez les 12000 euros, dans le cas contraire je ne vous donne rien et vous oubliez l'argent". Face à ce dilemme, j'ai informé mes coéquipiers et d'un commun accord, on a décidé de signer le papier de peur que l'argent soit détourner. Décision que je regrette encore actuellement.

Sachant que cet argent se trouvait sur le compte personnel du Trésorier Général de la fédération. Que fait l'argent de l'état sur le compte personnel d'un membre de la fédération ? Est-ce normal ? C'est dans ces conditions que j'ai signé ce document et avant de le faire, j'ai essayé de joindre à plusieurs reprises Romain pour lui expliquer la situation afin d'éviter tout malentendu mais en vain… Hélas, le mal est fait, car ce n'est que le samedi que j'ai commencé à mesurer les dégâts. J'étais clairement piégé, car il aurait fallu de nombreuses réunions et de pressions à Tunis, juste à la veille de notre huitième de finale contre l'Angola pour faire plier le président de la fédération qui décide enfin de nous partager les 12000 euros en plus de nos primes. Il faut dire que je me battais pour mes coéquipiers car beaucoup étaient déçus et découragés face à l'attitude du président Jean de dieu Mageot.

Comment est-ce possible de réaliser de meilleurs résultats dans pareilles conditions ? On avait pas de survêtements, pas de tee-shirts, rien qu'un sac avec une chaussure. En plus de ça, on voyage séparément à Tunis sans la présence d'un dirigeant de la fédération à nos côtés et on a dû payer nous même les timbres de visa à l'aéroport de Tunis avant que l'on soit rembourser. C'est juste incroyable.

Alors que toutes les équipes se concentraient déjà sur la compétition, on a reçu nos maillots qu' à la veille de notre premier match c'est à dire dimanche soir. L'absence du nom Centrafrique sur les maillots résume bien notre désorganisation. Les tee-shirts que l'on portait, nous a été offerts par un compatriote Igor Yarisse. On a joués tous nos matchs de groupe sans avoir reçu de primes. Même si en tant professionnel et leader de l'équipe, j'arrive à me concentrer sur la compétition, ce n'est pas le cas pour certains de mes coéquipiers qui avaient besoin de ce minimum de confort pour rester motiver. On pouvait faire mieux si les conditions étaient réunis, mais malheureusement à la fin de chaque compétition ce sont les mêmes regrets qui reviennent et personnellement, je n'ai aucune envie de revivre une telle expérience. Tant que les dirigeants de la fédération ne seront pas sérieux, je ne viendrai plus en équipe nationale car trop c'est trop.

Un communiqué rédigé par Jean Paul Kimoto contre Romain Sato avec l'aval de Jean de dieu Mageot et signé par Max Kouguere sous pression ? 

On aura beau reprocher à nos aînés leur manque d'implication auprès de l'équipe nationale, mais quand on voit la désorganisation de la fédération à chaque compétition, on comprend pourquoi. Personne n'a envie de s'engager dans ce désordre. Anicet Lavodrama s'est engagé à Valencia pour aider la fédération dans la préparation en vue de l'Afrobasket 2015, mais il a été écarté du processus sans aucune explication par le président Jean de dieu Mageot qui a choisi Gravelines au détriment de Malaga.

C'est en arrivant à Tunis que Mageot nous a informé qu'il savait depuis deux jours avant notre départ de Gravelines que Romain Sato n'allait plus venir. C'est même à ce moment là que j'ai su que c'est Jean Paul Kimoto qui avait écrit ce communiqué avec l'aval du président Mageot. J'aimerais que les centrafricains sachent enfin la vérité contrairement à ce qui se raconte ailleurs. Pour l'intérêt de l'équipe, j'ai été piégé et sali, mais je ne peux pas continuer à me taire. J'ai un immense respect envers mon aîné Romain Sato et je veux que le public centrafricain sache que je n'ai aucun problème avec lui.

Il a toujours été un exemple pour moi et je regrette d'avoir signé ce communiqué sous pression du président de la fédération Centrafricaine de basket-ball.
 

Comments

comments




Laisser un commentaire