BONJOUR DE BIMBO, « SOUS UN CIEL TRÈS NUAGEUX ».

Henri Grothe à Kangbi-ndara.net – Ne serions-nous pas en saison des pluies, dans l'ancien ou le précédent système climatique des quatre saisons bien appréciées des Centrafricains et leurs cousins Équatoriens de la RD-Congo?

climatLoin d’être un spécialiste des questions climatiques, nous constatons simplement que ce changement climatique, subi depuis des années, dans cette partie tropicale humide du continent africain, nous fait perdre le sens naturel des saisons, que nous maîtrisions jadis, sachant que « des estimations prévisionnelles indiquent que les températures en République centrafricaine pourraient augmenter de 1,5 à 2,75 degrés Celsius (2,7 à 4,95 degrés Fahrenheit) d’ici 2080, selon un rapport publié dans la revue Climate and Development». Pour rappel, « entre 1978 et 2009, les températures ont augmenté dans ce pays d’Afrique sub-saharienne d’en moyenne 0,3 °C par décennie, tandis que les précipitations ont diminué d’environ 1,9 cm (trois quarts de pouce) en moyenne par an de 1978 à 2009, selon les statistiques de la Banque mondiale.»

En attendant, comme nous sommes (toujours) bénis des Dieux, le changement climatique actuel est somme toute "bénéf", pour nous autres « Damnés de la Terre », malgré les problèmes de santé publique induits par les impacts négatifs de la non-maîtrise des questions liées à l‘habitat. Un exemple, la problématique des déplacés intérieurs de la crise centrafricaine l’atteste si bien. Nos compatriotes encore déplacés dans la forêt ou sites urbains le subissent à leur corps défendant. Ils sont livrés aux intempéries tropicales du changement climatique. 

Dans la plus grande partie de la Centrafrique, le taux de prévalence du paludisme et des maladies diarrhéiques augmente, surtout avec la déshérence médicale aggravée de notre situation chaotique. Ce qui decrait nous ramener à la conquête éperdue de notre pharmacopée traditionnelle, en concurrence avec les charlatans et autres diseurs de bonnes nouvelles invoquant Aïeux, Divinités de la Forêt et le Dieu suprême des gens du fleuve et de l‘Eastern centrafricain, N‘Gakola. 

S’impose alors la question de la réappropriation par ses peuples de la biodiversité de ce côté-ci du Bassin du Congo, côté Nord-Ubangi. Une quête existentielle qui atténuerait probablement la propagation des maladies là où les spécialistes et autres agents médico-humanitaires n’interviennent pas.

Cette source mémorable de richesse devrait enfin être pleinement exploitée, de manière moderne, donc "scientifique", afin de compléter l'apport en génériques des organisations humanitaires intervenant dans les centres des déplacés de Bimbo, par exemple. Car nous ne sommes pas tous déplacés dans ces "Ledgers" charitables, nombreux, nous demeurons ou avons grossi ces villages légendaires des axes Goudron, Fleuve et Forêt, de cette périphérie Sud/Ouest de Bangui, dénommée Sortie Sud"… 

De N’Zila au Pont de la Léssè, passant par la Forêt, de Maka à Dimba, de N’Zila à Sékia-Motè, ou encore de Samba à Sabongo…, voir de Sékia à Yatimbo, et même de Bimon à Pama, nous subissons à peine les affres actuelles de la vie centrafricaine. Nous ne sommes pas pour autant revenus à l'âge de pierre ou des Concessions. L’apport bénéfique du changement climatique se constatant ailleurs dans l’exploitation traditionnelle agricole.

Dans ces zones à peine sécurisées, du Sud et de l’Ouest centrafricain, saisons des pluies et sèches alternant « encore gaiement » , une double production agricole annuelle se constate. 

Sans trop se fatiguer, en plus des cueillettes saisonnières (Gougous, Bobos, Koko, Gbein, Sissongo, Ndélè, Escargots…) et des fruits de saison (mangue, avocat, banane, papaye et autres), pour peu que nous daignons gratter un peu la Terre nourricière, jardiner et planter assurent un assez bon niveau de sécurité alimentaire. 

Légumes (Goussa, Gboudou, Vékè, épinard, concombre, salade, maïs, arachide…) et légumes-racine (Taro, Manioc, Patates…) viennent garantir des protéines malgré tout, sans oublier les produits de la petite chasse (Zozo, Dègbein, Makako,…).

Dieu merci, dans notre légendaire Forêt de Bimbo, en plus du Kangoya version Kpanda ou Bossongo, nous pouvons jouir du minimum vital, contrairement à nos frères Centrafricains des nombreuses autres régions et contrées centrafricaines engluées sous l'insécurité persistante, terroriste et criminelle.

Ne serions-nous pas bénis des Dieux?

Ma journée à Bimbo s’égrène "ordinairement insécuritaire"!

Henri GROTHE, N’Zila, Commune de Bimbo, Axe Goudron, 17 juin 2014.

 

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