Boulimie immobilière : et si le Premier ministre Sarandji reconsidérait les vraies priorités de sortie de crise ?

Gbu Ngangou

Le monde entier prête une attention particulière à la politique du relèvement durable de la République Centrafricaine (RCA) après le cataclysme militaro-politique qui a repositionné le pays sur le starting-block à différents niveaux.  

      L’opinion internationale retient encore que le changement politique marqué en République Centrafricaine par l’accession démocratique de Faustin Archange Touadera à la Magistrature Suprême de l’Etat s’inscrit sous le signe de la rupture. La pérennisation de manière amplifiée des pratiques du passé dans le temps imparti peut être considérée comme un acte hautement criminel.

      Si un fait heurte la conscience collective, pendant ce quinquennat de rupture, de façon à dénaturer l’espérance du Peuple envers ses gouvernants, le bon sens interpelle à des actions sincères qui annihilent les frustrations.

      Vu l’importance des enjeux politiques, sécuritaires, économiques, culturels, diplomatiques, managériales et transformationnels, le temps est celui de l’unité, de la résilience, de la retenue, de la transparence, de la poursuite constante de la paix.

      Les dirigeants Africains et particulièrement centrafricains devraient être exempts de toute vicissitude qui sustente les inégalités.

      En Afrique on dit : « le fleuve fait des détours parce que personne ne lui montre le chemin ».

      Inspiré par Stand Lee le père des Marvels, la nouvelle plateforme africaine des réponses cohérente aux maux endogènes et exogènes des pays d’Afrique dénommée « Gbu Ngangou » (GN), membre de la Ligue des cyber activistes africains (Africtivistes), se donne pour mission de prévenir ces détours négatifs par la citoyenneté active et les plaidoyers.

      En République Centrafricaine, la mission que l’actuel Président centrafricain, Faustin Archange Touadera, ait assignée au Premier ministre, Simplice Mathieu Sarandji, ne garantit nullement à ce dernier l’incommodité des diatribes citoyennes.

      Le présent Premier ministre centrafricain est un nationaliste intelligent, paternaliste et malin. Or, il est scientifiquement prouvé que mêmes les cerveaux les plus brillants fassent des erreurs.

      A l’Etat actuel de la Centrafrique, il est prétentieux de concéder à Monsieur Sarandji l’équinisme. Toutefois, le réalisme voudrait qu’il reflète continûment l’image véritable de la nation centrafricaine.

      Les Gouvernants et Gouvernés de Centrafrique devraient résister à la tentation du confort personnel en ayant toujours les yeux fixés sur l’objectif poursuivi.

      Monsieur le Premier ministre centrafricain, vous portez la culotte du régime politique actuel. Jouer le roi caméléon peut amèner à déduire que les véritables « fake news » sont les promesses électorales.

      En affichant hypothétiquement le patriotisme Sankariste, vous laissez entrevoir assurément une silhouette Compaoriste.

      Un malaise microscopique résultant de votre préférentiel pèse au sein de l’équipe dirigeante. Au Parlement, ils sont nombreux à vouloir voter la motion de censure pour votre destitution. Une partie non négligeable de l’Eglise se refuse de vous porter dans la prière. Certains membres du gouvernement perçoivent en vous un dictateur déguisé. Des chancelleries et institutions internationales incaguent votre démarche politique.  Une certaine classe politique nationale vous cite comme l’unique haute autorité du pays dont les enfants et parents proches roulent, à des fins personnelles, des véhicules destinés aux serviteurs de la Nation, payés avec l’argent des contribuables. Les groupes armés estiment que vous n’êtes pas l’homme du consensus. Le Peuple vous perçoit aujourd’hui comme la principale pierre d’achoppement pour la réélection du Président Touadera.

     Les critiques fusent encore à Bangui relativement au grand gymnase, dont les équipements valent une fortune au Complexe Sportif Barthelemy Boganda de Bangui, appartenant à une de vos progénitures.

      Au vu et au su de tous, malgré la souffrance exponentielle du Peuple, vous entreprenez simultanément de grands travaux de construction.

       La rumeur se veut persistante quant à votre acquisition en fin 2018, du grand immeuble Minerva de Sieur Zagui au centre de la capitale centrafricaine à hauteur de 850 millions de francs CFA (soit plus d’un million d’euro).

     S’il est arrivé au Premier ministre et à son Gouvernement de songer à l’enrichissement, à la gloutonnerie immobilière, tandis que plusieurs milliers de leurs compatriotes broient du noir et meurent en raison du terrorisme hérité qui bat son plein dans le pays, une telle tentation jure avec les efforts fournis et l’espérance du changement symbolisés par l’élection du Président Faustin Archange Touadera.

     Qu’il s’agisse de simples spéculations ou de faits, les actes qui contribuent au prolongement inutile du crucifix des Centrafricains sont à éviter, par tous, durant ce mandat politique à haut risque.

     Les avantages du travail bien accompli seront les rétributions du Peuple reconnaissant. D’abord, que l’ensemble du Gouvernement prête sincèrement main forte, à l’unique capitaine du bateau, le Président Faustin Archange Touadera.

     Monsieur le Premier ministre, vous avez de l’ascendant pour montrer aujourd’hui au monde entier le chemin véritable à emprunter pour la réécriture commune de l’histoire de la Centrafrique.

      Que vaut aujourd’hui l’engagement citoyen si le Gouvernement se départage entre la poursuite des biens matériels et les défis de l’heure à relever ?

     L’immeuble Minerva, s’il est désormais à vous, Monsieur le Premier ministre, revendez-le et reversez ouvertement l’argent au trésor public. Le peuple Centrafricain saura apprécier la valeur patriotique du geste.

      Monsieur le Premier ministre chef du Gouvernement, Simplice Mathieu Sarandji, l’opinion vous observe ainsi que votre Gouvernement. Donnez tort aux boursicotages, affinez davantage votre cliché de dirigeant nationaliste, loyal et concentré sur l’intérêt supérieur de la Nation. Prenez des initiatives méthodiques, adaptées au rythme de la nation en marche. Repositionnez-vous résolument derrière, non devant ni au même niveau de l’Élu de la Nation, le Président Faustin Archange Touadera. En faisant ces choses, vous persuaderez ceux qui soutiennent encore le pouvoir en place et d’autres qui hésitent à se joindre à la danse du relèvement de la République Centrafricaine. Bon nombre de ceux qui luttent aujourd’hui pour la bonne veulent continuer avec le sentiment de bien faire.  

      Il n’existe pas de camp de la Présidence ni de la Primature. L’enjeu est très crucial. Que l’opinion contraire ne soit considérée comme de l’adversité. La perfection est fille du mal et du bien.

« Le sage construit des ponts et l’idiot érige des barrières », proverbe Wakandai

Fait à Bangui le, 04 février 2019

Le Collectif Gbu Ngangou

Johnny Yannick Nalimo




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