Cameroun : il renonce de tuer un journaliste centrafricain à Douala

Douala le 26 mai Kangbi-ndara.net / La sécurité des journalistes centrafricains est toujours menacée même au-delà des frontières de la République Centrafricaine. Une mission meurtrière ayant pour cible le journaliste d’investigation Johnny Yannick Nalimo exilé à Douala depuis près de six mois a été annulée par le présumé assassin.

Un internaute centrafricain de confession musulmane, très engagé pour les causes soutenues par l’ex coalition rebelle de la Séléka, le nommé Yousif Gamar Abdel Kareem sur Facebook, a quitté Yaoundé dans la nuit du 25 au 26 mai  pour arriver aux environs de 2 heures du matin à Douala dans l’intention d’assassiner, à l’aide d’un couteau, le journaliste rédacteur web centrafricain et responsable du site d’information Kangbi-ndara.net, Johnny Yannick Nalimo. Ce dernier n’a pu passer à l’acte mais a fortement intimidé ce professionnel des médias de ne plus traiter des sujets factuels défavorables à la Séléka.

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A kangbi-ndara.net Johnny Yannick Nalimo a expliqué que « Monsieur Yousif Gamar m’a contacté sur mon téléphone ce matin à 12 heures 25 minutes en m’appelant « mon frère ». Il m’a très vite signalé qu’il a effectué le voyage Yaoundé-Douala dans le seul objectif de me rencontrer pour parler d’une affaire urgente qui va sans doute m’intéresser. Je lui ai dis de me retrouver dans un maquis centrafricain au Centre de Douala, ce qu’il a fait en moins de cinq minutes. Il a pris place à côté de moi et je lui ai offert de quoi à boire naturellement. Ma stupéfaction a été de l’entendre me dire sans embuche et à haute voix qu’il est venu dans le but de me tuer, qu’il porte sur lui un couteau qu’il pourrait sortir à tout moment si jamais il se rend compte que je l’enregistre avec un appareil quelconque. Je lui ai demandé pourquoi veut-il ma mort, il m’a rappelé un article portant ma signature dans lequel il a été cité pour avoir publié la première image de la Centrafrique divisée. « Tu m’as attiré des ennuis avec cet article, des gens m’ont appelé de partout.. », m’a-t-il fait savoir. Je Lui ai encore interrogé pourquoi change-t-il d’avis ? Il me dit que c’est par ce que mes jours ne sont pas encore comptés. Quand à mon numéro, il m’a dit avec imprécision que  c’est un musulman qui le lui a donné et qu’il sait tout sur moi. Yousif m’a menacé de ne plus écrire contre la Séléka par ce que la prochaine fois, l’un de ses huit hommes quittera Yaoundé pour me donner impitoyablement la mort.»

Par ailleurs, Yousif a signalé que les compatriotes Simon Koitoua et Axime Césaire Oronindji, tous deux résidents au Maroc, risqueraient d’être inquiétés un jour par la monarchie marocaine s’ils se montrent toujours hostiles aux musulmans de Centrafrique d’après leurs commentaires sur des réseaux sociaux et leurs publications sur certains sites d’informations. Yousif Gamar Abdel Kareem a révélé que le Président tchadien, Idriss Deby Itno serait derrière les récentes crapuleries de l’Etat-major de la Séléka à Bambari vis-à-vis de la force Sangaris et que l’assassinat de la photojournaliste française, Camille Lepage, n’était qu’une rétribution méritée de la France.

D’après Johnny Yannick Nalimo, Yousif Gamar est le point focal d’un mouvement de jeunes pro-Séléka (ressortissants des écoles soudanaises) qui sont très actifs sur le web prêchant la partition, la vengeance sur des sujets non musulmans. Ils sont reconnaissables sur Facebook grâce à leurs slogans « Moral, moral » ou encore « contre par-choque » empruntés à l’armée tchadienne. Yousif et ses acolytes font le plus usage de la langue anglaise pour communiquer.

Depuis le 4 janvier 2014, Johnny Yannick Nalimo a regagné le Cameroun pour sa sécurité en accentuant des publications très sensibles sur la crise centrafricaine. Un mois après la prise du pouvoir de l’ancien Président Michel Djotodia il a écrit un article sur les tee-shirts confectionnés avec l’effigie du Chef d’Etat transitoire, un article qui lui valu de nombreuses menaces de la part des autorités à l’époque. Il a presque été enlevé le 19 août 2013, jour de l’investiture du Président Michel Djotodia par la garde présidentielle. Il s’est éclipsé d’entre les mains des hommes en tenue grâce à l’aide du directeur de protocole d’un ancien Premier ministre avant de prendre la pirogue dans la nuit pour traverser à Zongo, Ville frontalière avec la Capitale centrafricaine. Johnny Yannick Nalimo a été accueilli et pris en charge par le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de Zongo jusqu’au mois de décembre 2013.




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