Casernement des FACA : le Colonel Sylvain Ndoutingaï craint  » la chasse aux sorcières »

Kangbi-ndara.com / L’appel de l’Etat Major des Armées centrafricaines se rapportant au casernement sans délai des corps de défense territoriale ne séduit pas Sylvain Ndoutingaï, homme politique centrafricain, colonel des Forces armées centrafricaines (FACA), exilé en France après une suspicion de coup d’Etat contre le régime de son oncle François Bozizé en 2012.

NdoutingaiA Kangbi-ndara.com, Sylvain Ndoutingaï, ancien ministre centrafricain des Mines de l’Energie et de l’Hydraulique, pendant 9 ans, puis ministre des Finances et du Budget, à peine trois mois, a accepté de donner son point de vue sur l’initiative du casernement des FACA.

« À la lecture du communiqué, il s'agit de l'action du gouvernement qui vise à mettre en œuvre une opération militaire dans le cadre de la sécurité intérieur du pays. Cette démarche appel les armées en quartier consigné pour, semble-t-il enclencher une manœuvre militaire en répression à la crise actuelle. 

Elle n'implique pas la prise en compte globale de la résolution de la crise centrafricaine qui nécessite une ouverture patriotique envers tous les dignitaires (militaires et autres) du pays en vu d'une union sacrée au relèvement du pays.

À mon avis cette initiative du Gouvernement est encore une fois de plus une fuite en avant pour occulter les nombreux échecs dans la résolution de la crise centrafricaine. Ce n'est pas par simple communiqué qu'on fera regagner tous les dignitaires militaires dans les casernes ! Ce faisant, on sous-estime le drame ou ce n'est qu'une manipulation.

Les militaires qu'on appelle de regagner les casernes ne sont pas partis en vacance. Beaucoup sont des réfugiés à l'étranger ! D'autres ont rejoint des groupes armés et ce, depuis plus de 2 ans.

La situation du pays n'est pas d'ordinaire et, elle est tellement dramatique qu'il faut s'armer de courage politique en associant les professionnels et toutes les compétences des FACA. On voit bien aujourd'hui que les compétences ne sont pas associées à cette démarche.

Je crains que cette manœuvre vise à fractionner les FDS (Forces de défense et de sécurité) pour dresser un camp contre un autre. Ce qui risque d'amplifier un conflit fratricide au détriment d'une démarche d'apaisement et de réconciliation entre les protagonistes. Il faut au préalable faire appel à toutes les compétences qui sont mis à l'écart du processus de rétablissement de l'Etat que de rester dans la diabolisation tout azimut.

On ne peut pas faire appel à des militaires de regagner les casernes sans qu'ils ne soient rassuré que leurs sécurités seront garanties par un message fort des hautes autorités à l'endroit de ceux-ci. Rappelez-vous des incidents malheureux de Février 2014 à l'ENAM (Ecole nationale de l’administration et de la magistrature). Sans un processus préalable de débriefing  et de dégraissage, on va encore réunir ensemble des ennemis qui risquent de poursuivre leurs affrontements au cœur des armées. Il faudra donc éviter de produire les mêmes effets avec les mêmes causes », assertion de Mr Ndoutingaï.

In fine, Sylvain Ndoutingaï souligne qu’il est vital de relier toutes les forces centrafricaines sans aucune distinction, de nature que ce soit et ce, autour de la valeur républicaine car : « le contraire entretiendra les rancunes, la haine, les règlements de compte et pourra être qualifié de la CHASSE AUX SORCIERES ».

Jynali

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