Catherine Samba PANZA « …est aussi criminelle que la Séléka et aussi coupable que Djotodia », dixit Caroline Ngo Mbamseck Bayiha

 

A moins de 100 jours à la tête de l’Etat centrafricain, les manœuvres politiques de la Présidente de la transition Catherine Samba-Panza inspirent méfiance et déçoivent un grand nombre d’observateurs politiques dont Caroline Ngo Mbamseck Bayiha. Cette activiste des droits de l’homme se persuade que la présidente centrafricaine est partiale dans ses prises de positions et risque d’aggraver la situation actuellement très délicate.

1525059_10152085514988290_1979179555_nCaroline Ngo Mbamseck Bayiha, la première personne à demander à la Cour pénale internationale d’ouvrir des enquêtes sur les massacres en Centrafrique depuis novembre 2013, somme d’informer la CPI sur le comportement « trompeur  et partial» qu’affiche l’actuel numéro un de la Centrafrique. Selon elle, les orientations politiques de la Présidente tendent à diviser davantage les centrafricains. Elle évoque les massacres commis dans le Nord centrafricain par des hommes armés assimilés à la Séléka ces dernières semaines dans la localité de Bozoum et ses périphéries. Aussi, elle responsabilise acté Catherine Samba-Panza qui a orienté le ministre français de la défense dans la ville de M’Baiki où  il ne se passe pas d’incidents majeur que de le conduire dans les axes Dékoua, Kaga-Bandoro ou l’axe Sibut-Grimari (Centre-Nord et le Centre-Est) où les populations vivent de pires cauchemars. Elle met également en garde la Présidente centrafricaine si jamais quelque chose arriverait au Prêtre catholique, Aurelio Gazzera, officiant dans la ville de Bozoum ou la Séléka règne en prédateurs.

Cette camerounaise engagée pour la cause des victimes de la crise en Centrafrique, qui attend impatiemment l’arrestation et le jugement des auteurs et coauteurs des troubles dans ce pays se dit inquiète de la tournure politique des évènements à l’heure où tout le monde n’attend que l’apaisement de la situation. Elle s’inquiète particulièrement de la sécurité du Prêtre Aurelio Gazzera présentement dans la ville de Bozoum qui ne cesse d’apporter son aide aux nécessiteux de sa zone. Ce prêtre a fait parvenir hier une lettre à Caroline Ngo Mbamseck dans lequel  il a rapporté de façon détaillée les dégâts causés par la Séléka et les hommes de Baba Ladé entre les villes de Bang et Ngaoundaye (Nord). «  Les sélékas ont massacré 22 personnes dont 14 femmes dans leurs propres maisons au village Nzakoum situé à environ 14 kilomètres de Ngaoundaye. Ils ont lancé une roquette sur le petit poste de santé, qui a été détruit…des villages brulés…les populations sont en fuites, la plupart d’entre elles sont dans la brousse », témoignage du Prêtre Aurelio à Caroline Ngo Mbamseck. Le religieux a souligné le fait que les ravisseurs sévissent sans être inquiétés faute de la présence du Sangaris et de la MISCA  dans la région.

L’activiste camerounaise des droits de l’homme, qui se félicitait de l’élection de Catherine Samba le 20 janvier 2014 et qui espérait de cette élection le retour de la paix et de la sécurité dans ce pays, prend en aversion la déclaration de guerre faite hier par la présidente  à l’endroit des antis balaka en présence du ministre français de la défense Jean-Yves Le Drian à M’Baiki (Sud). « Je suis désolée quand elle vient prouver au monde entier qu’elle soutient la Séléka en déclarant la guerre aux  antis balaka. Comment réagirait-elle face à ceux qui brulent des maisons et tuent à quelques kilomètres de Bozoum ? Si elle ne fait pas preuve d’impartialité c’est qu’elle est aussi criminelle que la Séléka et aussi coupable que Djotodia », déduit la camerounaise.

Dans son intervention ce matin 13 février sur RFI, Mme Catherine Samba-Panza n’a nullement fait allusion à une guerre quelconque déclarée contre les antis balaka. Par contre, elle s’est dite résolue à barrer la route à tous ceux qui optent pour la scission et les troubles en Centrafrique. «  Je ne me laisserais pas faire », a-t-elle dit en substance après avoir appelé les centrafricains à l’unité et à la retenue.

Kangbi Ndara

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