Catherine Samba-Panza pourrait-être entendue par la CPI

En marge de sa volonté de faire parler le droit international en Centrafrique, la nouvelle présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, dont de nombreux centrafricains assimilent à la Séléka de part les faits pourrait être l’objet des enquêtes de la Cour pénale internationale (CPI).

CSPL’épée de Damoclès est suspendue sur la République Centrafricaine. La Cour pénale internationale a déclaré l’ouverture des enquêtes préliminaires sur les graves exactions perpétrées sur l’ensemble du territoire centrafricain depuis décembre 2013 afin d’arrêter et juger les auteurs. Mme Catherine Samba-Panza s’est dite d’accord pour que la justice internationale fasse son travail dans son pays  le 9 février dans un bref entretien sur la chaine de télévision Euronews.  « Je n’ai pas à protéger des bandits de grands chemins ni des politiques véreux. Je ne protège personne. Chacun répondra de ses actes », a-t-elle laissé entendre sur cette chaine en réaction à la déclaration du procureur de la CPI, Fatou Bensouda, relative à l’ouverture des enquêtes préliminaires sur les graves crimes commis en Centrafrique.

Nombreuses sont les réactions positives incrustant la prise de position « courageuse » de C.Samba-Panza. « Bravo Mme M'bala, Catherine Samba-Panza, c'est ça même, là je suis d'accord ! », s’est exclamée l’activiste camerounaise des droits de l’homme, Caroline Ngo Mbamseck Bayiha depuis les Pays-Bas.

Par contre, certaines informations qui circulent sur Mme C. Samba-Panza révèlent qu’elle serait secrètement liée à la Séléka. Pour persuasion, les observateurs de la vie politique centrafricaine ont évoqué le fait qu’elle n’a pas hésité à  s’entourer des décideurs de la Séléka, de reconduire certains à d’importants postes de responsabilités ou du fait que la Séléka serait privilégiée dans le gouvernement récemment mis en place par le nouveau Premier ministre André Nzapayeké. Imputations ou vérité ? Cette inférence qui incrémente Mme Catherine Samba-Panza et sa politique sous entendrait qu’elle risquerait, elle aussi d’être entendue par la CPI si ces rumeurs s’avèrent vraies.  « Si jamais elle a des liens ou qu’elle a d’une manière ou d’une autre, fait recours à son intelligence dans l’aboutissement d’un des projets sanglants de la Séléka, qu’elle réponde également de ses actes », propos d’Yvon Tchikaya, porte parole de l’Association des paysans de Centrafrique.

Le procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a dit dans sa déclaration que son Bureau va désormais concentrer son action sur la collecte et l’analyse de toutes les informations nécessaires pour déterminer s’il existe une base raisonnable pour ouvrir une enquête sur les massacres, abus sexuels, pillages et destructions des biens en République centrafricaine. « Mon Bureau coordonnera ses efforts avec ceux déployés par l’Union africaine et l’Organisation des Nations Unies en RCA. Conformément au principe de complémentarité, mon Bureau consultera les autorités centrafricaines afin de discuter des modes et moyens par lesquels les auteurs de crimes seront amenés à rendre des comptes, y compris à l’échelle nationale », a conclu Fatou Bensouda.

Kangbi Ndara

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