Centrafrique : 1 mort et 33 blessés suite aux échauffourées au Km5

Time Barès pour Kangbi-ndara.com / Nouvelle tension au quartier km 5 dans le 3e arrondissement de Bangui. Des tirs à l’arme lourde et légère ont été entendus dans la nuit de mardi et se sont poursuivis toute la matinée du mercredi dans le secteur.

SANGARIS-RCA-Le bilan provisoire fait état d’1 mort et de 33 blessés, selon la Croix-Rouge centrafricaine. Une situation qui a provoqué le mécontentement des habitants du km 5.

« Le 19 août 2014  à 23h43, une patrouille des forces internationales européennes a ouvert le feu sur la position des jeunes d’auto-défense au niveau du pont Yakité faisant un mort et deux blessés graves par balle… Malheureusement, alerté par les détonations, tout le PK5 s’est réveillé et la population en colère s’est mise à caillasser leurs véhicules », explique un communiqué de presse de la Coordination des Organisations musulmanes de Centrafrique (COMUC), une plate-forme de société civile.

L’information est confirmée par Ousmane Abakar, porte-parole de la communauté musulmane du km5.

« Cette situation s’est poursuivie jusqu’au matin du 20 août où les passages de ces forces internationales ont été pris à partie par la foule en colère », poursuit le communiqué qui déplore cet incident malheureux « tendant à attiser le feu de la haine entre Centrafricains et à relancer les affrontements intercommunautaires ».

Les habitants du Km5, pris de colère, ont improvisé une marche de protestation ce matin devant le siège de la MINUSCA (Mission internationale des N-U pour le Soutien à la Centrafrique) sur l’avenu Barthelemy Boganda.

Les manifestants ont déposé le corps de la victime devant le siège de cette institution onusienne. « Ce sont les forces françaises. Elles ont attaqué nos frères, en tuant l’un de nos cadets. On ne sait pas ce qu’ils veulent. On lance un message au Général de l’Eufor, à la Misca, à la Minusca et à tous les organismes internationaux qu’à partir de là, on ne veut plus de la présence de la force Sangaris au Km5 », déclare un des jeunes manifestants devant la représentation onusienne à Bangui.

Dans son communiqué de presse publié mercredi matin par Eufor RCA, l’Eufor informe qu’ « un groupe d’hommes a agressé verbalement d’abord puis en ouvrant le feu sur un élément de leur force qui patrouillait le 3ème arrondissement à hauteur du pont Yakité. C’est alors que l’Eufor a riposté ».

Toujours dans le message, l’Eufor dit qu’elle va « continuer d’assurer sa présence continuelle jour et nuit dans le secteur. Elle s’engage avec détermination et impartialité dans le retour à la vie normale dans la ville de Bangui ».

A la mi-journée, les forces de l’Eufor qui ont pris le contrôle de la zone, ont fait usage des armes lourdes écoutées aux quatre coins de la capitale Bangui et ses environs, plongeant une bonne partie de la population dans la psychose.

Un personnel de la Croix-Rouge Centrafricaine a été blessé par une balle tirée par les manifestants, alors qu’il tentait avec son équipe de secourir les blessés. « De retour de l’hôpital, des assaillants dans la rue ont demandé à l’un de nos véhicules de s’arrêter. Lorsqu’il s’est arrêté pour ramasser un blessé, quelqu’un dans la foule a tiré sur le chauffeur. Au moment où je vous parle, son état clinique est inquiétant », a expliqué Antoine Mbao-Bogo, président de la Croix-Rouge centrafricaine.

 « Nos volontaires sont tous démoralisés. Il s’agit là d’un choc qu’on n’a jamais connu depuis les différentes crises qu’a connues ce pays. Je lance un appel à tous de respecter les humanitaires, surtout aux volontaires de la Croix-Rouge. S’attaquer à ces volontaires, c’est s’attaquer à quelque chose de grandiose pour ce pays car nos sommes très très importants », a déploré Antoine Mbao-Bogo.

 

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