Centrafrique : 250 millions de Fcfa dans la mafia d’attribution de contrats forestiers

Kangbi-ndara.com / Transaction financière non ébruitée, délivrance et transfert des permis forestiers aux clauses floutées signalés au sein du Gouvernement de la Transition en République centrafricaine (RCA). Cet article remonte en surface une circulation de mallette contenant quelques 250 millions de Fcfa (environ 400 mille euros) qu’une entreprise italienne de la filière bois basée au Cameroun verserait, l’an dernier, au Gouvernement transitoire centrafricain.

deforestation_CamerounLe site Afrikarabia dénonçait, en novembre 2014, le caractère opaque des attributions de contrats d’exploitations forestières en République centrafricaine (RCA) sous la présidence de Catherine Samba-Panza.

De toute évidence, ce site révélait « une étrange clause dans les contrats de permis forestiers » attribués par les dirigeants de la Transition en Centrafrique ayant occasionnée le « transfert » du permis forestier scellé, à hauteur de plusieurs centaines de millions, par le Groupe ALPI basé dans le Sud-Est du Cameroun (ALPICAM) à une entreprise chinoise du nom de SINFOCAM.  L’article d’Afrikarabia ouvre, ainsi à Kangbi-ndara, la piste d’une muette transaction financière entre ALPICAM et le Gouvernement centrafricain.

Des millions de pot-de-vin ?

Selon des sources proches de l’affaire, il y avait bel et bien glissement d’une mallette contenant plusieurs centaines de millions entre  ALPICAM, spécialisée dans la production de produits finis de 3ème transformation pour l’export international, installée au Cameroun depuis 1975, et le gouvernement d’André Nzapayéké. ALPICAM verserait, ainsi, dans la plus grande discrétion 250 millions de Fcfa au Gouvernement transitoire centrafricain à titre d’avance des loyers du permis d’exploitation de la Forêt de Salo, Préfecture de la Sangha-Mbaéré (Sud-Ouest).  Une avance que l’entreprise italienne ne compléterait dans le délai fixé. Conséquemment, ALPICAM s’est vu attribuer son permis à une autre société de la même filière, la chinoise SINFOCAM. L’une des préoccupations d’Afrikarabia reste d’actualité : « pourquoi le gouvernement était-il si pressé pour encaisser en seulement 15 jours les 3 années de loyers du permis ? ».

Des dispositions légales foulées au pied 

De sources issues du ministère centrafricain de l’Economie Forestière, la procédure légale d’octroi des permis forestiers en Centrafrique consiste à passer par des appels d’offre à l’issu desquels des contrats peuvent être attribués aux exploitants par adjudication. Ce procédé serait transgression, en juin 2014 par l’ex-ministre en charge de l’Economie forestière, de l’Environnement et du Tourisme Hyacinthe Touhouyé qui autorise SINFOCAM a exploité la portion scellée par ALPICAM sans recourir à la procédure.

Absolument, depuis le limogeage de Mr Touhouyé à la tête dudit département, remplacé par Mme Isabelle Gaudeuille rien n’a transpiré des clauses des permis forestiers repartis çà et là en cette période de transition.

Que sont devenus les 250 millions de Fcfa que verserait ALPICAM ? Serait-ce dans le dessein de retirer aux anciens exploitants leurs forêts que les dispositions formelles sont-elles intentionnellement enfreintes ? Outrepasser la procédure légale ne témoigne-t-il pas du mépris des dirigeants de transition envers les instances internationales qui financent depuis de longues dates le comptage et la préservation des forêts centrafricaines ?

Vraisemblablement, le mystère qui couvre les clauses d’attribution des contrats forestiers à mi-parcours de la Transition en Centrafrique durera aussi longtemps que celui du  don angolais s’élevant à 1.132 milliards de Fcfa.

 

Johnny Yannick Nalimo

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