Centrafrique : carnage à la Cathédrale Saint Joseph de Bambari

Johnny Yanncik Nalimo-Kangbi-ndara.net /Après Notre Dame de Fatima, à Bangui, la Cathédrale Saint Joseph de Bambari a été attaquée hier, lundi 07 juillet 2014, en fin de journée, de 15h à 18h locales (14h à 17h TU) par la Séléka.

xpatrouille-Bambari-938x465.jpg.pagespeed.ic.7V36W9hWuaDe sources religieuses, sous prétexte de rechercher des Anti-balaka qui s'y seraient réfugiés, constitués des Sélékas déportés du PK 13, de Bangui (camp RDOT de Bangui) et de jeunes musulmans de Bambari, plus de 500 hommes armées, ont investi l'Évêché de Bambari pour y commettre un carnage. Bilans? Sans compter la centaine de blessés, la vingtaine de femmes violés, la vingtaine d'égorgés et la trentaine de tués par balles, le nombre des victimes dépasserait ceux de Notre Dame de Fatima, le 28 mai dernier, à Bangui. Sans crainte des forces étrangères Sangaris et Misca, les assaillants, pendant près de trois (03) heures ont tirés à vue sur les populations civiles déplacées à l'Église, pillé et mis à sac le domaine de l'Évêché de Bambari. La Chapelle à côté de la Cathédrale a été brûlée ainsi que les véhicules de l'Évêché.

mathos-edouardDes religieuses inquiétées et apeurées ont eu la vie sauve en se réfugiant en Brousse, tout comme le Vicaire. Après s'être réfugié dans des latrines de fortune, creusées pour les déplacés de Bambari, le Vicaire a pu se cacher en brousse. C'est ainsi qu'il eut la vie sauve. De part son âge avancé et sa santé fragile, Mgr Mathos, Évêque du Diocèse de Bambari n'a plus rien. Sa résidence a été totalement pillée, ainsi que ses médicaments; seuls les habits et tapettes (chaussures) qu'il portait demeure sa fortune. L'Évêque eut la vie sauve grâce à l'interposition courageuse d'un jeune musulman de la ville, membre des assaillants.

Déjà, hier nuit, près de deux heures après le carnage, une trentaine de corps a été récupérés et inhumés par les familles. Tandis que ce matin, la Croix Rouge Centrafricaine aurait ramassé plus de vingt corps qui traînaient sur le domaine de l'Évêché. Parmi ces tués, de nombreux femmes et enfants abattus sur le champ dans la Maison des Prêtres.

Informé tout au début du carnage, Sangaris n'est intervenu que vers 20h locales (19h TU), soit cinq heures après le début du carnage, alors qu'il n'est basé qu'à 2 km du domaine de l'Évêché. Rappelons que ce carnage s'est déroulé hier lundi, 7 juillet, à la veille du voyage à Bambari du ministre français de la Défense, Jean Yves Le Drian. En mission pour deux jours en Centrafrique, le Pro-consul Français a prévu une visite aujourd'hui à Bambari. Qu'en dira-t-il, du massacre de la Cathédrale Saint Joseph de Bambari?




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