Centrafrique : Catherine Samba-Panza devrait se faire aimer de son peuple

Kangbi-ndara.com / Le monde entier et le peuple centrafricain attendent avec impatience des signaux forts émanant de la politique de Catherine Samba-Panza, Présidente de la Transition en République centrafricaine et première femme à diriger un Etat en Afrique Centrale. Même si l’opinion contraire contraste avec l’adversité, la Transition centrafricaine se doit de fixer le regard sur l’essentiel, les attentes du peuple greffées au devenir de la nation !

ChM_avec_CSP_et_Sylvie_448x303_DSC_5005-284x190L’impuissance de l’exécutif de la Transition en face des crapuleries évolutives de bandes armées et sa fébrilité à dissocier les états d’âmes des uns et des autres témoigne à suffisance que la boussole politique de sortie de crise de la Cheffe de l’Etat Catherine Samba-Panza (CSP) indique des directions confuses, menant à des chemins tortueux et qu’elle se retrouve aujourd’hui la Présidente la République par pur bonheur et non par le mérite.

L’on croirait volontiers l’hypothèse selon laquelle l’allure peu tonique de la transition s’explique par la déception des principaux supports de CSP, respectivement les ministres français de la Défense et des Affaires Etrangères Yves Le Drian et Laurent Fabius qui « ne veulent plus entendre parler d’elle ». CSP aurait-t-elle démérité ou franchi le PNR (point de non-retour) ? Même si, de son propre initiative, Charles Malinas, l’Ambassadeur de France à Bangui joue les administrateurs coloniaux en plombant certaines décisions prises au Palais de la Renaissance, SambaPanza ferait mieux de recoudre le tissu diplomatique là où il est déchiré.

Les ressentiments qui entravent le régime actuel résultent essentiellement de la roublardise politicienne emboitant le consensus de Brazzaville relatif à un cessez-le-feu immédiat dans tout le pays mais grave encore de « l’échec » de nomination d’un Premier ministre qui ne fait pas l’unanimité. Plus de six mois aux affaires, le Premier ministre Mahamat Kamoun semble n’avoir plus de tours dans son sac que de procéder à un simple réaménagement technique du gouvernement boudé par un grand nombre. En maintenant son protégé à la tête du Gouvernement, CSP brûle de ce fait l’étape cruciale de sa politique d’union nationale en se fiant aux calculs d’exclusion habilement posés par certains de ses conseillers. La présidente de la Centrafrique porterait ainsi les bottes-des-sept-lieux pour n’atterrir pas plus loin que dans le guêpier de son homologue congolais le Médiateur de la crise centrafricaine Denis Sassou N’Guesso. A qui profite véritablement le bras de fer Samba-Panza-Sassou N’Guesso ? Aussi, faut-il que la conduite crapuleuse de la Présidente centrafricaine vis-à-vis de son homologue congolais « ingérant »  soit clairement justifiée au peuple centrafricain, principal allié sur qui CSP devrait compter pour réussir sa difficile mission.

Au demeurant, si la Présidente Samba-Panza élargit sans le vouloir son champ d’adversité et ne parvient pas à négocier la paix dans son pays, d’autres politiques centrafricains corrigent peu à peu les erreurs politiques dans l’ombre. N’est-ce pas l’infatigable combat d’un des hommes qui représentent la hantise du Gouvernement transitoire actuel notamment l’ancien ministre d’Etat centrafricain Abdoul Karim Meckasoua de Fort Chamboul né à Krampel et originaire de Kaga-Bandoro  (Nord) ? Si CSP se retrouve aujourd’hui à la croisée des chemins, c’est indubitablement faute de sa politique de sortie de crise à sens unique, teintée de partialité, reposant sur le clanisme, usurpant les prérogatives d’un régime issu des élections démocratiques.

A la lumière de l’actualité, il n’est point de doute que le « piège » de la transition se cache dans les Accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités entre les ex-Séléka et les Anti-balaka signés janvier dernier à Nairobi par les anciens chefs d’Etat centrafricains notamment François Bozizé et Michel Djotodia, sous la bénédiction du Président kenyan Uhuru Kenyatta à la demande du Président Sassou N’Guesso.

Aussi vrai qu’on reconnait l’arbre à ses fruits, à quoi doit-on identifier la politique à mi-parcours de la glorieuse Catherine Samba-Panza, première femme à gouverner d’une main moite un Etat conflictuel de 623.000 km2 dont son champ d’influence atteint difficilement les 67, 34 Km2 (capitale Bangui) ?

En effet, l’on voudrait se souvenir de la Présidente Catherine Samba-Panza comme une femme, symbole de la justice de par les valeurs traditionnelles centrafricaines, exempt de corruption et de passivité, qui par des stratégies politiques de large ouverture et par sa fertilité diplomatique, a pu gagner l’estime de son peuple en fédérant la communauté internationale à appuyer le processus du retour de la paix sur l’ensemble du territoire.

 « Il faut bien qu’un Prince se fasse aimer de son peuple, autrement il n’aura point de remède dans l’adversité », dit une vielle maxime.

Johnny Yannick Nalimo

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