Centrafrique: de la mascarade constitutionnelle en préparation

L’année 2015 est l’année de beaucoup de changements en Afrique que d’aucuns déclarent continent de l’avenir et j’y crois personnellement. L’un des plus éminents journalistes de notre continent, en la personne de Béchir Ben Yahmed, PDG de Jeune Afrique, a récemment parlé du XXIème siècle qui sera celui de l’Afrique. Le président fondateur du grand bihebdomadaire africain, , a mis l’accent sur l’Indice de Développement Humain (IDH) qui, globalement, au regard des statistiques, ne promettent pas de bons avancements pour nos Etats pour la plupart qui ne cessent de clamer haut et fort le chemin d’Etat Emergent dans les plus proches avenirs alors que selon les classements de notre bihebdomadaire le plus lu dans le monde, les plus grands et plus forts du continent voient leur élan et performance, économiquement bien fragilisé et réduit. Selon les données, ces Etats géants roulent au point mort ou du moins sont tombés très bas à cause de leur situation démographique progressivement à la hausse et croissance économique à la baisse. Selon Béchir Ben Yahmed à qui j’adhère personnellement  à son analyse, la santé des grands pays du continent n’est pas du tout bonne. « …il nous faut bien constater qu’aucun de ces grands pays africains ne va bien ; aucun d’entre eux n’a pris le chemin qui le mènera, dans dix ou quinze ans, à un stade de développement satisfaisant ».

2014-01-20T174259Z_2107990367_GM1EA1L04MA01_RTRMADP_3_CENTRAL-AFRICAN_0Les cinq très grands comptent plus de 50 millions d’habitants chacun : Nigéria (174 millions), Ethiopie (95 millions), Egypte (82 millions), RD Congo (68 millions), Afrique du Sud (53 millions).

La Centrafrique classée parmi les plus petits Etats du continent, est située encore très loin et ne peut oser parler d’émergence compte tenu de sa crise politico-militaire qui a tout mis en lambeau et demande un gigantesque chantier dont la supervision ne peut être assurée que par des gladiateurs politiques bien intelligents et stratèges pour relever les défis puisqu’ils sont énormes, vu la catastrophe humanitaire et sécuritaire et la perte de la souveraineté de l’Etat. Espérant que ces titans politiques viendront des élections futures de 2015 en préparation, surtout que l’effectif des candidats à la future présidentielle de juin 2015 est déjà bien pléthorique (84 candidats) et on espère qu’il en ressortira des véritables titans et non des daltons qui tireront leur épingle du jeu, tout en sachant bien entendu que certains candidats se sont lancés dans cette course au pouvoir pour chercher rien que des postes ministériels.

En effet, dans ce pays (RCA) qui tient la queue des pays du monde, on parle de changement mais en termes constitutionnelles et électorales. Puisqu’il aura au mois de juin la présidentielle pour trouver un président de la république démocratiquement élu après la longue crise afin que le pays retrouve sa souveraineté et se remet sur les rails du développement. Il disposera d’une nouvelle Constitution de la République qui mobilise déjà des constitutionnalistes de la commission Lois et Affaires administratives au niveau du fameux Conseil National de Transition (CNT) que préside Alexandre Ferdinand Nguendet, président d’un nouveau parti récemment créé. Alors que, l’article 123 de l’Accord de Libreville, interdit aux ministres, aux premiers ministres et chefs d’Etat de transition de se présenter aux futures élections de la République, ainsi que les membres du bureau du Conseil National de Transition. Donc, ce Conseil National de Transition dont la plupart des membres ont été coptés et arrivés à ce parlement de transition par une voie tordue et illégale n’a pas habileté à procéder à la révision ou la modification de la Constitution de la République.

La dernière Constitution de la République centrafricaine du 27 décembre 2004 est l’une des meilleures au monde. Les textes de ladite constitution ont été élaborés et rédigés par des experts nationaux et internationaux du système des nations unies et adoptés par les représentants du peuple centrafricain à l’Assemblée Nationale. Des articles de cette constitution qui est en pleine révision ou modification ont été violés par les mêmes acteurs politiques qui rament aujourd’hui à contre-courant pour revenir aux affaires ou se maintenir au pouvoir. Ceux-là mêmes qui avaient très mal géré le pays ou qui ne sont pas à la hauteur de la lourde tâche. N’eût été l’appui de la communauté internationale et la France, pays colonisateur, les objectifs qui ne sont autres que la paix, la normalisation, l’Etat de droit et la relance économique pour que la Centrafrique retrouve le chemin du développement ne seront atteints.

Quand la Constitution et les lois d’un pays ne sont pas respectées par ses propres auteurs ou fils du pays, c’est qu’il n’existe pas de république. Modifier la constitution c’est encore une fois prendre en otage les centrafricains et tailler les textes sur mesure au profit des pouvoiristes qui créent des partis politiques en pleine transition après avoir bien volé l’argent du peuple centrafricain et des contribuables étrangers qui font dons à la Centrafrique. Et l’on risque de tomber dans le piège de ceux qui cherchent à s’échapper de la justice du pays.

Le bas qui blesse, ces mêmes constitutionnalistes qui avaient participé à la rédaction des textes de la Constitution de 2004, se sont retrouvés dans cette fameuse commission Lois et Affaires administratives pour tromper tout un peuple. Et pour quelle cause ? Parce que les mêmes corrompus roulent pour ceux qui sont en train de crucifier le peuple centrafricain. Au regard de cette mascarade constitutionnelle qui se prépare, le peuple ne doit pas faire confiance non plus à un parlement sans scrupule,  monté de toutes pièces pour la cause et constitué des représentants des séléka et des antibalaka qui siègent en son nom. Ces textes en préparation seront taillés sur mesure et ne répondront pas aux aspirations du peuple centrafricain.

Il serait mieux que tous les candidats à la présidentielle se mobilisent pour freiner le rouleau compresseur du fameux Conseil National de Transition qui ne cesse de décevoir l’opinion nationale et internationale.

Pierre Inza

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