CENTRAFRIQUE : des gendarmes et policiers déployés sans armes à Bambari

Centrafrique libre- Le gouvernement centrafricain a déployé soixante gendarmes et dix policiers à Bambari pour tenter d’imposer le retour de l’autorité de l’État dans cette ville assiégée par les ex-Séléka.

facaSelon les informations de Centrafrique Libre, ces forces de l’ordre se sont rendues dans cette ville sans armes. Une attitude qui fait penser que les autorités de la République Centrafricaine n’arrivent toujours pas à mesurer le danger qui est en cours dans la ville de Bambari avec la présence massive et renforcée des éléments de l’ex Séléka.

« Nous sommes là dans la ville de Bambari depuis le mercredi soir mais on nous a pas remis des armes pour le travail » c’est la déclaration d’un gendarme qui fait partie de la mission que le ministère de la sécurité publique a déployée à Bambari. Selon un autre gendarme qui a toujours requis le strict anonymat « je pense que ce sont les éléments de la force Sangaris qui vont nous remettre les moyens nécessaires. C’est ce qui est dit pour le moment mais nous sommes là sans toucher à une seule arme ».

Cette source précise que la mission risque d’être difficile « en rentrant dans la ville nous avons vu que Bambari n’est pas une cité normale où les forces de l’ordre peuvent facilement imposer l’autorité de l’Etat. Les milices sont armées et partout. A vue d’œil, ce sera difficile mais on doit s’y mettre ».

Au ministère de la sécurité publique, on ne répond pas à la question relative à la situation des gendarmes et policiers envoyés à Bambari. Un cadre de ce ministère a seulement déclaré à Centrafrique Libre « c’est une question de sécurité publique, on ne peut pas pour le moment dire quoi que ce soit ».

« Ce n’est pas à moi de vous répondre sur cette question. Je n’ai pas été impliqué dans l’organisation de cette mission qui est secrète mais je suppose qu’ils ont du avoir des assurances par rapport à leur armement avant de quitter Bangui parce que tout le monde sait que Bambari est une ville où la violence est courante depuis un certain temps » a confié un inspecteur de la policier cadre au ministère de la sécurité publique.

Il parait clair que ces soixante gendarmes et dix policiers qui sont chargés de ramener la présence des forces de l’ordre dans cette ville sont partis de Bangui sans aucune arme mais le gouvernement centrafricain les a rassurés que les éléments de la Sangaris allaient les armer une fois fouler le sol de Bambari éprouvée par la violence ces derniers temps .

Un officier de la force française Sangaris interrogé a indiqué que ce n’est pas aux soldats français de réarmer des forces intérieures de la République Centrafricaine « nous n’avons pas cette mission là, c’est au gouvernement de la République centrafricaine de leur donner ce dont ils ont besoin ». Cet officier a bémolisé par la suite en disant « mais en cas de besoin, nous leur apporterons les moyens logistiques nécessaires pour que nous puissions travailler avec eux en parfaite coopération dans le but de restaurer l’autorité de l’Etat ».

Bambari, la capitale de la Ouaka, deuxième ville urbanisée de la RCA et de loin la plus grande du Centre- Est est en proie à une insécurité généralisée due à la présence massive de la Séléka. Cette ville est en feu. Malgré cette situation, le gouvernement centrafricain s’est permis d’y envoyer des gendarmes et des policiers sans leur fournir des équipements nécessaires.

Les autorités ont elles voulu jouer avec la vie de ces éléments en les envoyant sans armes comme des bœufs à l’abattoir ? ont elles réellement pris conscience de la réalité sur le terrain? Pourquoi ne pas avoir engagé un dialogue franc et direct avec les forces de la sangaris pour le réarmement des forces de la sécurité publique?

Comme nous l’a dit un conseiller national « on dit bien gendarme, un homme en arme alors s’il n’a pas d’arme, c’est clair qu’il n’est pas gendarme ».

Notons que depuis lundi, des affrontements entre Antibalaka et ex-Séléka sont signalés à Bambari et ses environs. Des représailles lancées par la coalition contre les populations civiles sont quotidiennement enregistrées dans cette ville. Et c’est là bas que le gouvernement envoie des gendarmes et des policiers sans leur fournir des armes.

Nous sommes en Centrafrique le pays de tous les paradoxes.

Diane LINGANGUE

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