Centrafrique : Des Mbororos peuhls faits prisonniers par les anti-balaka de Bohong

Radio Sirriri à Kangbi-ndara.net / Selon les explications de Benoît, responsable des anti-balaka de Bohong, une colonne de près de 700 personnes et un nombre impressionnant de bétails transitant dans leur zone ont attiré leur attention le vendredi 16 mai 2014. Ils se sont approchés des peuhls et leur ont demandé de « payer la formalité à la fin d’un contrôle technique». Mais n’ayant pas compris les gros mots en français, ils ont poursuivi tranquillement leur chemin tout en indiquant leur destination, le massif de Ngawi plus au nord en confins avec le Cameroun.

Et toujours selon les explications du responsable des anti-balaka, c’est au moment où ils ont vu qu’il était inutile d’insister de laisser passer ces peulhs qu’un groupe d’une cinquantaine de seleka infiltrés ont ouvert le feu. Les échanges de tirs ont fait des morts du côté des seleka infiltrés et deux anti-balaka tués. Ils ont arrêté ces peulhs dans le but d’avoir plus d’informations concernant ces hommes en béret rouge dans leur groupe.

Le plus âgé des prisonniers se présente en ces termes : « Je suis Ardo Tipo alias Mokozi, fils de Issa Gizi. Je viens de Bouca, père de six enfants, mariés avec deux femmes. » A la question de la Radio Siriri concernant la présence des seleka dans leur groupe, il répondit : « Vous savez, quand on voyage, il y a toujours un point de convergence, on se rencontre au cours du voyage et on poursuit ensemble la route. Nous, on ne pensait pas que c’était des seleka mais des peulhs comme nous, qui ont choisi de nous rejoindre avec leurs bétails… Nous étions près de Boali avant de décider partir pour Ngawi, si possible atteindre le Cameroun. Nous avons tout fait pour éviter de passer par Bohong ni par Bozoum. Malheureusement il n’y a pas une autre piste que celle-là. » Abba, le second prisonnier déclare être originaire de Boganangone, le troisième El-Hadji Gazawa est quant à lui originaire de Bossembele et le dernier, Ahaldji Gourney est de Bouca mais résidait à Damara jusqu’à son départ. Le responsable des anti-balaka n’entend pas les maintenir à Bohong mais souhaite les faire partir dès la première occasion.

Mais tous, hommes, femmes et enfants, ont l’air épuisé, affaibli, malnutri et déshydraté. La bonne harmonie entre paysans et éleveurs vient d’être brusquement interrompue à cause des seleka infiltrés : le troc, vau contre manioc, sucre, sel et autres ne se fait plus. Et c’est ce que constate Edmond Zari, un jeune paysan de Bokayan : « Autrefois, lorsqu’on entendait le meuglement des bœufs, nous apprêtions les cartons de sucre, les sacs de sel, de manioc pour attendre nos mbororos peulhs qui passent avec leurs bétails. Ils s’arrêtaient et on échangeait. Mais maintenant c’est dangereux, quand tu entends le meuglement des bœufs à cause de seleka infiltrés qui tirent à bout portant sur tout ce qui bouge. »

                 

 




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