Centrafrique : entre l’écorce et l’arbre, Sassou ne met pas son doigt

Kangbi-ndara.com / Le climat politique centrafricain reste tendu depuis la nomination de Mahamat Kamoun au poste de Premier ministre par la Présidente Catherine Samba-Panza. Une situation qui laisse peu indifférent le Médiateur de la crise centrafricaine Denis Sassou Nguesso qui s’affiche en spectateur qu’à l’arbitre.

nguendet cspA l’issu de la brève consultation des personnalités politiques de Centrafrique conviées à Brazzaville par le Président congolais Denis Sassou Nguesso, dans l’objectif de parvenir à un consensus sur la nomination contestée du Premier ministre Mahamat Kamoun, les avis restent encore mitigés sur ce choix fait par la Présidente Catherine Samba-Panza, qui semble ne pas avoir trouvé mieux que son ancien Conseiller à la présidence, de confession musulmane pour orienter la République centrafricaine vers la paix, la réconciliation avant de créer les conditions favorables d’organisation des élections prochaines.

A Brazzaville, lors du second pèlerinage politique, les représentants de la société civile, de la plate-forme des partis politiques de l’ancienne opposition démocratique et du groupe des partis politiques sans plate-forme, se sont mis alignés derrière le choix de Samba-Panza. Pour ceux, Kamoun peut rester mais son gouvernement doit être  plus costaud que prévu, avec des hommes capables d’endiguer la crise en cours.

A l’opposé, la plate forme des Partis Politiques de l’ancienne majorité présidentielle, l’ex coalition Séléka, le mouvement Antibalaka  ont, eux, exigé le remplacement de Kamoun par quelqu’un d’autres en occurrence l’ancien Ministre d’Etat Karim Meckassoua. D’ailleurs,  Alexandre Ferdinand Nguendet, président du Conseil National de Transition (CNT) s’est opposé au choix controversé de Kamoun en demandant la suspension de la formation du gouvernement.

La divergence présentée par les personnalités  centrafricaines sensées dénouer cette situation  n’a pas été de nature à encourager le Médiateur Denis Sassou Nguesso à proposer une alternative « made in Brazza » comme à l’accoutumé. Le Président congolais, s’est habilement offert la chaise des observateurs en conviant la délégation centrafricaine à une prise de responsabilité afin de palier la question Kamoun et la formation, dans le temps, d’un gouvernement de large ouverture. Pour ce faire, Sassou a même souhaité que la communauté internationale prenne du recule afin de laisser les centrafricains décider de leur sort.

De facto, Brazzaville 2 n’a pas atteint ses objectifs d’aligner les autorités centrafricaines derrière un choix commun celui de l’éviction ou non du Premier ministre imposé par la Présidente Samba-Panza.

Cet échec ne changera en rien l’agenda politique de la Présidente Catherine Samba-Panza. Catherine Samba-Panza, Présidente de la République centrafricaine a instruit son Premier ministre Mahamat Kamoun de rendre public la liste des membres du gouvernement ce 22 août 2014 en opposition à toutes agitations politiques visant à la contraindre. Quel avenir pour un gouvernement cuit dans l’eau froide ?

La conduite à la Ponce Pilate du Médiateur Sassou Nguesso ne présage-t-elle pas un mauvais temps pour le régime transitoire de Son Excellence la Présidente Catherine Samba-Panza qui a été tardivement informée de l’initiative de Brazzaville 2 ? 

Johnny Yannick Nalimo

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