Centrafrique : Eufor-RCA interdite d’accès au PK5 par les maîtres de l’Elysée

Kangbi-ndara.com / Les soldats de la force européenne Eufor-RCA déployée en Centrafrique dans le cadre des opérations de sécurisation des 3e et 5e arrondissements de la capitale Bangui, sont interdits de poursuivre les actions de désarmement des milices et de rétablir la libre-circulation dans ces deux arrondissements qui constituent les derniers foyers de tensions à Bangui.
Des-soldats-de-la-force-francaise-Sangaris-le-27-fevrier-2014-a-Bangui_univers-grande« L’ordre est venu de notre Etat. Tout ça c’est de la merde. Nous, nous sommes des militaires. Nous sommes venus en Centrafrique pour une mission déterminée. Mais aujourd’hui, on nous interdit de faire notre travail », a confié un Adjudant-chef de Eufor rencontré sur un chantier de curage du canal Saye-voir à l’intersection des 3e et 5e arrondissements.
L’officier n’a pas précisé la provenance de la décision, par souci de réserve militaire, mais il n’a pas caché sa déception devant ce détournement de l’objectif de leur mission. « Aujourd’hui, nos chefs nous envoient curer ce canal. Ce n’est pas ce que nous sommes venus faire en Centrafrique », a-t-il lancé tout furieux.
Il a indiqué que la décision leur a été notifiée au lendemain des affrontements qui les ont opposés à un groupe de musulmans armés au Km5 le 28 août dernier. Selon cet officier, le bilan était plus lourd qu’annoncé. « Officiellement, on a communiqué un chiffre de 5 morts et de 33 blessés. C’est faux. Ce n’est pas le vrai chiffre. Nous avons tué plus que ça », a confié l’adjudant-chef.
« Désarmer le Km5 ne nous prendrait pas plus de 2 ou 3 heures de ratissage. Malheureusement, nous avons les mains liées », a-t-il poursuivi.
« Si on nous laissait la main libre, on aurait déjà fini de nettoyer le Km5 et finir avec les milices armées qui terrorisent la population. Mais nos autorités nous l’interdisent, tout simplement parce que, derrière cette crise, ils développent leur business. Le diamant circule, et ils sont biens. Nous, on ne bénéficie pas de ces avantages », s’est plaint l’officier tout gêné.
L’accord de Brazzaville, véritable farce
« L’accord de Brazzaville n’était qu’une farce », a-t-il ajouté, expliquant que « les autorités françaises, ne voulant pas se faire dévoiler dans cette affaire, sont passées par les chefs d’Etat de la CEEAC pour décrocher ce fameux accord dit de Brazzaville, bloquant toute opération de désarmement conformément à la Résolution 2127 des Nations-Unies. Les milices doivent encore garder leurs armes au motif que leurs exigences ne sont pas encore satisfaites. La crise perdurera et, nos autorités politiques auront plus de temps pour exploiter les diamants ».
« Nous avons demandé à aller à Birao, ils ont catégoriquement refusé », parlant des responsables européens qui ont autorisé cette mission européenne.
L’officier qui est de nationalité française est même allé loin pour dire que « tout ce jeu est de permettre aux partis de gauche de renflouer leur caisse. Au  cas échéant, ils risqueront de perdre leur second mandat, comme cela était arrivé à Sarkozy ».
Tim Barès

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