Centrafrique : face à l’hémoragie financière…quelles solutions ?

Incompréhension, lassitude, amateurisme, infantilisme, inconsistance, irresponsabilité, les déshabiller pour habiller d’autres ? Tels sont les mots et interrogations qui reviennent souvent dans toutes les discussions sur la Centrafrique ces temps-ci. Plusieurs scénarios ont été émis ça et là par les acteurs internationaux qui sont impliqués dans la crise centrafricaine. Si certains acteurs tiennent à une transition beaucoup plus consensuelle avec une nouvelle équipe dirigeante, d’autres insistent encore qu’il faut juste renforcer le processus en cours afin d’éviter le sempiternel recommencement.

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Bien que les débatteurs du dossier centrafricain soient divisés sur le principe de la mutation politique, il convient de noter qu’ils affichent leur unanimité sur l’incompétence et l’impuissance des autorités de Bangui à sortir le pays de l’ornière. A vrai dire, plusieurs facteurs non négligeables défavorisent les Autorités de la Transition. Qu’on se l’avoue, l’Aide-mémoire de la Mission des services du Fonds Monétaire International du 8 au 15 Juillet 2014 a été l’un des points d’encrage de cette longue discussion.
Pourtant, la mission avait pour but d’examiner l’évolution économique et financière au cours du 1er semestre de l’année 2014; de faire le point sur l’exécution du programme appuyé pour la Facilité Rapide de Crédit approuvée par le Conseil d’Administration du FMI en Mai 2014; d’évaluer les perspectives pour le reste de l’année; d’actualiser le cadrage macroéconomique et de maintenir la coopération avec les partenaires au développement de la République Centrafricaine.

En parcourant cet Aide-mémoire, l’on découvre au cinquième paragraphe ce qui suit : « Les finances publiques demeurent sous tension. Les recettes ont atteint à fin juin 15 Milliards de Francs CFA par rapport à un objectif de 18 Milliards de Francs CFA, en raison d’une activité économique plus faible que prévue, de la non-opérationnalité de deux directions régionales des impôts et douanes et des importations composées pour l’essentiel de produits alimentaires frappées de droits de douane faibles… ». D’après les conclusions préliminaires de la mission, les performances macroéconomiques au cours du premier semestre sont en deçà des attentes.
Vous vous souviendrez alors de notre article du 3 Septembre 2014 titré : NZENGO YEMBE LENALE, LE BANQUIER AMBULANT DE LA DOUANE. Cet article soulevait déjà les inquiétudes du FMI en ces termes : « … A titre illustratif, des conteneurs de voitures et de motos ont été maintes fois dédouanés sous la codification des stylos ou des vélos au point d’amoindrir les performances macroéconomiques du pays… ».

Nous n’avons cessé d’insister que si le gouvernement relançait l’activité économique et rendait opérationnel les directions régionales des Impôts et Douanes, les recettes devraient nécessairement et nettement augmenter. La relance de l’activité économique et l’assainissement des finances publiques  sont impérieux car le pays ne vit que d’une assiette fiscalo-douanière.

Comment voudriez-vous que les performances macroéconomiques soient atteintes à partir du moment où la prédation se normalise au sein de la régie financière ? Pire, on apprend d’une source avérée que plusieurs marchandises non dédouanées sont souvent acheminées dans le pays en catimini. Ces marchandises, qui quittent généralement le Nigeria, empruntent des axes sur lesquels la Douane est inexistante. Chemin faisant, elles passent par Kabo, Kaga Bandoro et finissent dans les préfectures de la Ouaka, de Vakaga, de Nana Gribizi, de Haute Kotto voire de Bamingui Bangoran.

En vérité, ces marchandises non dédouanées constituent un énorme manque à gagner qu’il faut mettre sans ambages à l’actif des concepteurs du projet que sont le pathétique Nzengo Yembé LENALE et l’ex Zaraguina Mahamat Taïb Yacoub devenu Ministre par la force des choses.
C’est par ce même corridor que les armes sont également acheminées et disséminées sur toute l’étendue du territoire centrafricain. Ainsi, vous comprenez pourquoi les performances n’atteignent jamais les objectifs escomptés.

En tout cas, le désordre actuel s’apparente à une vielle comédie qu’on trouve dans la pièce de théâtre « La tortue qui chante ». Non seulement les faits sont têtus mais ils constituent les signes avant-gardistes d’un chaos généralisé si personne ne crie au scandale. Pendant que la bataille entre les « PRO » et « CONTRE » éviction de Dame Cathy fait rage, nous continuerons à éclairer votre lanterne en utilisant toujours les mots contre des maux.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE, Chroniqueur, Polémiste, publié par Les Plumes de la RCA
 

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