Centrafrique : Idriss Deby Itno voudrait-il imposer un Premier ministre Séléka ?

Bangui le 16 juin Journal Palmarès à Kangbi-ndara.net / La Centrafrique est un pays de tous les paradoxes. Un pays en panne d’hommes intègres, de décideurs et de leaders. La preuve en est que toutes les décisions concernant ce pays se prennent à l’extérieur.

Avec le retrait des troupes tchadiennes de la MISCA il ya quelques mois, on pensait que le cordon était définitivement coupé. Voyant toutes les tractations qui se font à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, l’on peut s’imaginer que le Tchad a encore une emprise sur la Centrafrique. Pendant la réunion tripartite qui s’était tenue à Luanda en Angola, le président tchadien avait tenu un discours ami, qui a presque fait oublier les multiples dérives des soldats tchadiens sur le sol centrafricain. A vrai dire, les autorités centrafricaines tendent encore les oreilles vers celui qui ne cesse de tuer les Centrafricains comme ses petits lapins.

article_CPS.IBT49.070208105211.photo00.photo_.default-512x348Au congrès de Ndélé tenu par les partisans fidèles à l’ex-séléka, le président tchadien se serait fait représentait par un  proche parent, très puissant dans la classe politique tchadienne. Ce geste n’est pas innocent. Le tchadien Idriss Déby Itno a encore d’estime pour cette ancienne coalition qui a renversé l’ancien président François Bozizé du pouvoir en Mars 2013.

Aujourd’hui, faute de trouver un consensus autour de la question de la nomination d’un Premier Ministre soit du maintien de l’actuel PM, les yeux sont encore braqués vers le Palais Rose de N’Djamena. Nul n’est censé ignorer que la Primature est depuis longtemps convoitée par l’ex-séléka. L’on se demande si l’acquisition de ce poste juteux pourrait amener à résoudre la crise actuelle? 

Même pas. La Primature n’est pas différente des postes gouvernementaux. Dans l’actuel gouvernement, un ex-séléka est ministre d’état et quoi encore?

Problématique d’une tromperie

Avec tout ce qui se passe dans le Nord-est de la Centrafrique, on est tenté de dire que la séléka n’a pas perdu le goût du pouvoir. Au fur et à mesure, l’administration se met en place  à Bambari et les exterminations des civils chrétiens sont quotidiennes. Il ya quelques jours, une famille d’au moins six personnes autour d’une table le matin, a été froidement abattue par une bande armée séléka de passage dans un pick-up dans le village LIWA à une heure de marches de Bambari.

Les menaces sont légions, ce qui contraint les habitants à trouver refuge dans les champs. Que fera un PM séléka face aux dérives de ses frères de Bambari, Bria…? C’est de la pur tromperie. Ce nouveau PM séléka (si Déby réussissait son coup) aiderait tout simplement ses frères d’armes à intensifier davantage les hostilités, puisque le cas des deux ministres proches de la séléka, actuellement dans le gouvernement Nzapayéké1 peut nous servir d’exemple.

L’angle géopolitique de la question

Pour nombreux, seul le partage du pouvoir entre  séléka et anti-balaka pourrait régler l’affaire, comme si la Centrafrique était devenue un friand. En dehors du gouvernement, les responsables des belligérants peuvent valablement aider à la résolution de la crise. Un PM séléka pourrait compliquer encore les donnes, puisque le cabinet de la Présidente est réputé proche de cette rébellion. Les anti-balaka de leur côté ne verront pas cette nomination de bon œil. Et s’ils réclamaient eux aussi la Primature? La « nomination » de M. Abdou Karim MECKASSOUA à la Primature ne fait pas pour le moment l’unanimité dans la classe politique centrafricain.

Le mieux serait de garder l’actuel PM et de faire un toilettage complet et du gouvernement, et du cabinet de la Primature comme celui de la Présidence. Le problème ne se poserait pas au niveau de celui qui devrait prendre la tête du gouvernement. Très souvent, les difficultés des PM à exécuter convenablement leur mandat proviennent des double-jeux de ceux qui les entourent.

Le récent carnage de la paroisse de FATIMA a révélé que certaines personnalités citées par erreur dans ce complot, ne sont en rien dans le coup. Ces personnalités contactées disent qu’elles seraient prêtes à livrer des noms qui sont proches de la Primature. Ces éléments de preuve aideront à voir clair dans cette affaire. Bref, disons que le choix du président tchadien ne résoudra pas la crise que traverse la République Centrafricaine.  Le vrai problème est de choisir des hommes sérieux, capables d’aider les décideurs. Il y a des gens appelés habituellement « Collaborateurs » qui ont passé tant d’années à la Primature comme à la Présidence qui rendent les choses difficiles. Une transition d’un an ne peut avoir deux premiers ministres. Vaut mieux garder l’arbre et tailler ses branches.     

 

 

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