Centrafrique : La classe politique sonne la fin de l’humiliation et dit niet au forum de Brazzaville.

Prospert Yaka Bê-AfrikaSango / C’est ce qui ressort du houleux et âpre débat entre la classe politique sur initiative de la plateforme des religieux. C’est une première dans la vie politique pour que la majorité absolue se dégage autour de l’intérêt supérieur de la Nation.

CONCERTATIONEn effet, après les discussions, la classe politique a pris sa responsabilité historique de ne pas se rendre à Brazzaville. Cependant, la souffrance du peuple n’est pas au centre es préoccupations des calculateurs politiques et chefs de chantre du KNK et de Bozize. Le secrétaire général de l’ancien parti u pouvoir, Bertin Béa, s’y oppose farouchement et refuse de signer la déclaration finale. Au KNK s’ajoutent l’ADP made in Clément Belibanga et la Mouvance Zokwézo de Muhamar Bengue-Bossin. Ces deux leaders, partisans de Brazzaville, soumis en minorité, ont précipitamment quitté la salle. Voilà l’échantillon des démocrates moins convaincus qui amusent la galerie. Auguste Boukanga, par contre, au nom de son parti, l’URD, a signé la déclaration sous réserve de l’Article 104 de la Charte Constitutionnelle, qu’il estime qu’il faut réviser.

Il faut saluer, par là, le génie centrafricain mis en valeur par Cyriaque Gonda du PNCN et Martin Ziguele du MLPC, qui ont tout donné pour décrocher le consensus pouvant sauver l’image de cette classe politique. La classe politique n’est pas inexistante comme d’aucuns le pensent, elle vient de démontrer par cet exercice.

Les fossoyeurs de la République sont désormais connus de par leur agissement. Le KNK, certains micro partis et une partie des antibalaka qui veulent absolument rende à Brazzaville doivent revoir leurs copies au nom de l’intérêt supérieur de la nation. Car, en tout cas, il n’y aura pas le partage du gâteau comme d’aucuns le rêvent. Et les bourreaux n’auront pas de place dans cette dynamique. C’est une nouvelle configuration politique qui s’ouvre avec cette prise de conscience tardive, mais nécessaire.

Sur 49 partis présents, trois ont claqué la porte et 46 ont apposé leurs signature au bas du texte.
Pour mémoire, nous publions la déclaration historique des partis politiques et de la plateforme des religieux.

 

DECLARATION COMMUNE DES PARTIS ET ASSOCIATIONS POLITIQUES
ET LA PLATE-FORME DES CONFESSIONS RELIGIEUSES DE CENTRAFRIQUE

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Du lundi 7 au mercredi 9 juillet 2014, s’est tenue une importante réunion de concertation des leaders de la plate-forme des Confessions religieuses avec la classe politique Centrafricaine dans la salle de conférences de la Faculté de Théologie Evangélique de Bangui (FATEB).
Présidée par le Rév. Pasteur Nicolas GUEREKOYAME GBANGOU, entouré de l’Imam OUMAR KOBINE LAYAMA et du Vicaire Général, Abbé Jésus Martial DEMELE, Représentant l’Archevêque de Bangui, cette rencontre a connu la participation de quarante et neuf (49) partis et Associations politiques dont la liste est jointe en annexe.
Considérant les conclusions de la concertation des chefs d’Etat de la CEEAC à Malabo le 27 juin 2014 en Guinée Equatoriale, en marge de la 23ème session ordinaire du sommet de l’Union Africaine ;


Considérant la profondeur de la crise que vit en ce moment la RCA, qui va en s’aggravant au regard des exactions et tueries intolérables que vivent nos populations dans l’arrière – pays ;
Convaincus du rôle respectif et important que doivent jouer la classe politique et la plateforme des confessions religieuses dans la recherche des solutions de sortie de crise ;
Prenant en compte les différents points du plan d’action pour une sortie de crise en RCA, proposé par les Chefs d’Etat de la CEEAC à Malabo, les Partis et Associations Politiques et la Plateforme des Confessions religieuses déclarent :

1. Du Forum de Brazzaville :

Les leaders politiques et religieux trouvent inopportun le déplacement de Brazzaville pour résoudre le problème centrafricain. Ils prient, Son Excellence Dénis SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo, Médiateur dans la crise centrafricaine d’organiser une concertation inclusive sur le sol centrafricain, entre Centrafricains à la base, pour une résolution durable de cette crise.

2. Du rôle des leaders religieux et politiques Centrafricains

Les leaders religieux et politiques, au regard de cette profonde crise, s’engagent désormais à jouer le rôle qui est le leur pour la paix et le bien du peuple centrafricain.

Ils en appellent à la Communauté Internationale de les impliquer à toutes les étapes, sans discrimination dans la prise de toute décision relative au processus de réconciliation en cours.

Les leaders religieux et politiques se résolvent à ne plus se soumettre aux humiliations qui leur sont infligées à tout temps quand il s’agit des prises de décisions touchant à la vie nationale, à l’instar des sommets de Libreville, de Ndjamena et de Malabo.

Ils s’engagent à former un seul bloc pour donner une image plus responsable à la population et s’imposer égard, respect et dignité.

3. De la modification de la charte constitutionnelle de transition

Les leaders politiques et religieux soutiennent que l’idée de cette modification, telle que évoquée dans le plan d’action est contraire aux dispositions des articles 99 et 100 de ladite charte qui est l’expression même de la souveraineté nationale.

4. De la prime à l’impunité

Les leaders politiques et religieux exigent que les différents processus de réconciliation ne doit pas exclure la poursuite des bourreaux des centrafricains devant les juridictions compétentes.


5. Du remaniement du gouvernement de transition


Les leaders politiques et religieux dénoncent toute formation du Gouvernement fondée sur des bases religieuses, partisanes et ethniques.


Ils demandent que seuls soient pris en compte les critères de compétence, d’intégrité et de représentation régionale.

 
6. De la sécurisation des populations centrafricaines.

Les leaders religieux et politiques considèrent que la question de sécurisation des populations reste la priorité des priorités.

Ils constatent que la situation sécuritaire s’aggrave au jour le jour et particulièrement dans l’arrière – pays, où encore une tuerie en masse vient d’être perpétrée à Bambari.
Ils déplorent la non application des résolutions 2121, 2127 et 2134 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui exigent le désarmement par la force des groupes armés ainsi que le démarrage urgent du processus du DDR, condition sine qua non du retour de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

 
Par conséquent, les leaders politiques et religieux relèvent et dénoncent la réticence voire l’opposition de certaines autorités centrafricaines et des partenaires de la RCA à la réhabilitation des Forces armées centrafricaines (FACA).


Ils soutiennent avec force que le désarmement et les actions de sécurisation du pays ne pourront aboutir sans le concours des forces de défense et de sécurité, notamment des FACA.
7. Des tentatives de la partition

Les leaders politiques et religieux s’opposent et rejettent en bloc le projet funeste de la partition du pays. La RCA reste et demeure une et indivisible.

8. De l’organisation des élections générales en RCA

Les leaders politiques et religieux expriment une vivent inquiétude par rapport à l’incertitude qui entoure l’organisation et la tenue des prochaines échéances électorales, tant au niveau du lancement officiel des activités de l’Autorité Nationale des élections (ANE) que des moyens de son fonctionnement.


Fait à Bangui, le 09 juillet 2014

Ont signé :

1. Pour la plateforme des confessions religieuses

– Révérend. Nicolas GUEREKOYAME GBANGOU :

– Imam OUMAR KOBINE LAYAMA :

– Monseigneur Dieudonné NZAPALAYINGA

2. Pour les Partis et Associations politiques : voir liste en annexe.




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