Centrafrique : la Minusca reprend des édifices publics illégalement occupés par l’ex-Seleka dans le nord-est

Kangbi-ndara.com / La ville de Bria à environ 600 kms dans le nord-est du pays a été secouée tôt ce mardi matin par des tirs nourris de la part des forces internationales.

soldats_efLes positions des combattants de l'ex-seleka ont été attaquées aux environs de 05h30. Des frappes aériennes de grande envergure menées par les forces internationales ont visé les sites occupés par ces ex-combattants. « L’opération consiste à la reprise de certains édifices publics à Bria, occupés illégalement par les éléments armés ex-Séléka du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) », a indiqué un communiqué de presse de la Minusca.

Des sources locales parlent des morts et des blessés, sans être en mesure de donner un bilan précis. L’opération a été menée par les forces onusiennes de la Minusca avec l’appui logistique de la force française de la Sangaris.

Les sites occupés par ces combattants de l'ex-seleka et, qui ont été les cibles de cette frappe, sont entre autres les résidences du préfet, du sous-préfet, le tribunal, le commissariat. Difficile de mesurer l’ampleur des dégâts matériels.

Des sources hospitalières parlent de 4 blessés. Un porte-parole de l'ex-rebellion, Mahouloud Moussa Moctar, lui, annonce avoir connaissance d’au moins 4 corps des civils et des combattants seleka déposés à la Mosquée principale de Bria. 

Pour la Minusca, « cette opération, intervenue après le refus répété des groupes armés d’évacuer pacifiquement les emprises de l’Etat, vise, entre autres, à mettre fin à l’existence d’une administration parallèle et à assurer davantage la protection des civils ». 

Selon des sources concordantes, les forces internationales ont quadrillé tous les points stratégiques de la ville. Aucune présence d’ex-combattants n’était visible toute la matinée. Ils ont fondu dans la nature mêlés à la population, selon les témoins.

L’attaque permet de faire appliquer les mesures de confiance en vue de désarmer les combattants, lever les barrières illégales érigées par ces derniers, mettre un terme aux nominations anarchiques à des postes de responsabilité.

En rappel, il ya 5 jours, le général Arda Hakouna autoproclamé Chef d’Etat-major de la région militaire du nord-est, a nommé de nouvelles personnalités à la tête de la délégation spéciale de la ville de Bria, une situation considérée par la population comme la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Cette opération d’envergure devrait aussi permettre la restauration de l’autorité de l’Etat. A savoir, récupérer les édifices publics sous contrôle des seleka, les régies financières (douanes, impôts, mines)… et, permettre aux fonctionnaires et agents de l’état démis de leur responsabilité de revenir.

« Cette initiative a également pour objectif de permettre la tenue des consultations populaires à Bria en donnant aux citoyens la possibilité de s’exprimer librement sur ce qu’ils pensent être les racines de la crise centrafricaine et leur vision de l’avenir », a aussi précisé le communiqué de la Minusca.

A la mi-journée, les hélicoptères survolaient encore le ciel… la situation est sous contrôle des forces internationales. Des blindés sont positionnés à tous les coins des rues… la circulation est limitée, seuls des groupes de badauds formés spontanément sont visibles à certains endroits… la majeure partie de la population est restée chez elle. Les rues sont désertes, les commerces sont restés fermés.


Tim Barès

Comments

comments