Centrafrique : le regroupement des chrétiens au Sud, des musulmans au Nord, « les prémices de la partition » ?

Johnny Yannick Nalimo-Kangbi-ndara.net / Après l’évacuation des musulmans de Bangui  à Bambari (Centre-Est) par l’Organisation des nations unies (ONU), c’est au tour des chrétiens de Bambari d’être évacués à Bangui (Sud) par la force africaine de la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique). L'exode des populations chrétiennes vers Bangui est-elle début effectif de la partition?

apaPlus d’un millier de centrafricains de confession non musulmane, en majorité des déplacés de la paroisse Saint Joseph de Bambari se sentant en danger, ont quitté la ville pour être à l’abri des musulmans armés et de l’ex Séléka.

C’est à bord de sept camions escortés par la MISCA que sont arrivés hier au PK 12 à Bangui les déplacés internes de Bambari.  

Selon un habitant du quartier Gobongo à Apanews, cinq des camions ont débarqué leurs occupants à l’église ANEB de Gobongo, 8e arrondissement, le reste a été départagé entre les sites de déplacés internes de Don Bosco et de l’Eglise Saint Jean de Galabadja (8e ardt)

Le mois d’Avril dernier, le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) a relocalisé les musulmans de Bangui dans le Centre-Est en raison des menaces que les milices Anti-Balaka font peser sur ces populations. Cette initiative onusienne qui selon des activistes centrafricains masque à peine les limites des forces étrangères en Centrafrique a été dénoncée par Mme Antoinette Montaigne, ministre de la Communication et de la Réconciliation Nationale qui voit par le regroupement « les prémices de la division alléguées de notre pays ». 

 « Avoir autorisé ou laissé faire le regroupement des centrafricains de confession musulmane vers certaines régions de notre pays était une monumentale erreur. Aujourd'hui avec les évènements de Bambari, c'est l'exode dans le sens contraire qui se met en place….c'est un nouveau paramètre qui vient compliquer une crise déjà difficile. C’est une menace qu'il ne faut pas négliger et qui nécessite une réaction rapide », a indiqué Clément de Boutet M’Bamba, homme politique centrafricain.

« La Séléka va terroriser les populations, les forces internationales vont les évacuer à l'Est et ensuite ils seront seuls pour participer au référendum d'autodétermination », a auguré in fine Joly Nbgonga, président de la jeunesse du mouvement Kité au Bénin.

(Image photo d'Apanews)

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