Centrafrique : la Séléka toujours versatile sur le respect des Accords de Brazzaville

Johnny Yannick Nalimo (Kangb-ndara.net) / Contrairement à sa branche politique, ouverte aux négociations et favorable à la réconciliation, l’aile militaire de l’ex-Séléka raidi le cou et prône la partition.

joseph-jpg20140519141040Joseph Zoundeiko, chef d’Etat major de l’ex-Séléka à, dans une interview qu’il accordée à BBC, débecté les Accords de Brazzaville, lesquels accords, à l’en croire, devraient prendre en compte par ramification les revendications politico-militaires dudit mouvement.

D’après Zoundeiko à cette radio internationale, la contribution "appropriée" de l'ancienne aile militaire de la Séléka (ndlr : les éléments qui ont combattu et qui ont porté Michel Djotodia au pouvoir) n’a pas été prise en compte à Brazzaville. Pour ce qui n’a pas été fait, l’Etat major de l’ex-Séléka ne sera soumis à aucun arrangement d’où la poursuite des hostilités.

Par contre, l’idée de la partition du Centrafrique (Nord musulman et Sud chrétien) a été évoquée par Zoundeiko dans cet entretien en incompatibilité avec les objectifs majeurs guidant certains responsables politiques de la Séléka qui croient encore au vivre ensemble entre les chrétiens et les musulmans de Centrafrique. Une croyance qu’ils ont exprimée à Brazzaville par la signature d’un accord de cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire national.

Par ailleurs, Habilah Awal, le porte-parole de ce mouvement a signalé tôt, dans un communiqué de presse peu mitigé qui se rapporte aux Accords de Brazzaville, signé en date du 24 juillet 2014, qu’il existe au sein de leur structure « des divergences internes sur l’accord de cessation des hostilités » en revanche « la Séléka informe l’opinion nationale et internationale qu’elle assumera ses responsabilités.

Certains sceptiques centrafricains voient déjà des zones d’ombre dans le comportement de l’ex-Séléka après la signature des Accords de Brazzaville.

Pour rappel, l’ex-Séléka a le 11 janvier 2013 signé un accord de sortie de crise avec le régime de l’ancien Président François Bozizé a l’issu des pourparlers de trois jours, à Libreville au Gabon, mais à peines deux mois après, cette coalition rebelle a monté les enchères au point de chasser le 23 mars 2013 Bozizé du pouvoir. Un putsch qui, dès les premiers jours, a ouvert des brèches de troubles généraux en Centrafrique jusqu’à ce jour.

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