Centrafrique : le communiqué accablant du nouveau bureau du GEPPIC

GROUPEMENT DES EDITEURS DE LA PRESSE PRIVEE INDEPENDANTE DE CENTRAFRIQUE COMMUNIQUE DE PRESSE N°002/ GEPPIC/PR/SG/15


Seminaire-du-GEPPIC-à-BanguiDepuis un certain temps, le GEPPIC et la majorité de ses membres font face à une agressivité ciblée et sans précédent de Cyrus Emmanuel SANDY, Directeur de Publication, Conseiller National de Transition demis de ses fonctions de Président de cette organisation professionnelle des médias le 19 juillet 2014 à l’issue d’une Assemblée Générale Extraordinaire. Face aux velléités sécessionnistes de SANDY qui sont de nature à perturber l’ordre public et porter préjudice au GEPPIC, le Comité Ad hoc dirigé par le confrère Ferdinand Samba puis le nouveau Bureau Exécutif présidé par Mathurin Constant Nestor MOMET ont observé une période de silence qui n’est pas synonyme de faiblesse.

En effet, après un mois de gestion du GEPPIC, certains patrons de presse ont fait le constat que SANDY qui est à la fois fonctionnaire de l’Etat, Conseiller National, Directeur de Publication et Président de ce patronat, le gérait d’une manière patrimoniale. Les faits ci-après confirment cette assertion.

A/ Des conflits d’intérêts

Dans ses multiples déclarations qui cachent mal ses intentions de s’accrocher au GEPPIC, Cyrus Emmanuel SANDY évite, volontairement de parler de son statut de fonctionnaire qui l’oblige à ne pas pratiquer des activités lucratives conformément à l’article 33 alinéa 1 de l’ordonnance n° 98.008 portant statut général de la Fonction Publique Centrafricaine qui interdit au travailleur du secteur public d’avoir une entreprise , directement ou indirectement par lui-même ou par personne interposée et sous quelque dénomination que ce soit, des intérêts de nature à compromettre ou à restreindre son indépendance.

S’agissant de sa cooptation sur de bases malsaines au CNT, l’ordonnance n°05.002 du 22 février 2005 relative à la liberté de communication en République Centrafricaine et particulièrement l’article 53 alinéa 4 invite le Directeur de Publication qui jouit d’une immunité à nommer un autre Directeur de Publication qui le remplace jusqu’à l’expiration de son mandat. Les Conseillers Nationaux Bambou Faustin et NGADY ALKALY Michel ont décidé, par respect à l’esprit et à la lettre des dispositions de ce texte qui régit la corporation et suite à la décision de l’organe de régulation des médias de la Transition, de confier la gestion de leur organe à d’autres responsables après à l’interpellation faite par le HCCT le 19 Septembre 2014. Seul Cyrus Emmanuel SANDY continue de défier et de narguer cette institution de la République. Il n’est pas superflu de relever que les textes de base initiaux du GEPPIC, élaborés et approuvés par ses fondateurs font interdiction aux professionnels des médias politiquement engagés, occupant des fonctions gouvernementales ou parlementaires etc. de siéger au patronat des Editeurs parce que cette organisation professionnelle des médias est apolitique et indépendante.

B/ Des détournements

A la fin de la rentrée politique de l’UNDP, M. Michel Amine a rencontré les Directeurs de Publication. Après des échanges, ce leader politique a remis un chèque de 25 millions FCFA à SANDY désigné par ses collègues présents. Nonobstant l’exclusion de certains membres et non membres, dans la répartition inégale de ce don, cet appui financier a créé des mécontents. Malgré la fragilité de la santé financière du pays, les dirigeants de la Transition ont octroyé 32 millions FCA de subvention .Entretemps, sous le précédent régime, les décrets 09.376 et 09.377 ont créé la Commission chargée de l’attribution des subventions de l’Etat aux organes de la presse privée et indépendante et fixé les modalités d’attribution de ces subventions aux organes de la presse privée. Un arrête composant la commission a même été élaboré et signé par le ministre de la Communication de l’époque. Fertile en invention, Cyrus Emmanuel SANDY a réussi à contourner ce dispositif juridique pour percevoir 10 millions FCFA sur les 32 millions FCFA.

C / Du rôle du Haut Conseil de Communication de la Transition

Le Haut Conseil de Communication de la Transition a sommé SANDY d’arrêter de publier son Journal. A la surprise de la Communauté Nationale et Internationale, le Président du HCCT s’est déjugé en répondant à une invitation du Conseiller National Cyrus Emmanuel SANDY qui a organisé un Atelier de Renforcement des capacités des Journalistes. Cet organe de Régulation des Médias en Centrafrique souffre-t-il d’un déficit d’autorité ou d’incompétence ?

D/ De la place du Conseil National de la Transition

Concernant la victoire tant proclamée par SANDY suite à l’avis formulé par la Cour Constitutionnelle de Transition, le Bureau Exécutif du GEPPIC tient à donner les précisions suivantes : SANDY Cyrus Emmanuel, siège au Parlement de Transition en violation de l’article 50 alinéa 3 de la Charte Constitutionnelle de Transition qui prescrit que « les membres du CNT sont désignés par les Organisations dont ils sont issus pour la durée de la Transition ; ils ne peuvent être remplacés que par décès, démission, incapacité définitivement médicalement constatée, par déchéance constatée par un vote en séance plénière du CNT. De ce qui précède, les documents juridiques permettant la Constitution de la liste des Conseillers Nationaux sont les PV ou comptes rendus des Assemblées Générales, faute de ces documents, la présence des Conseillers Nationaux au CNT s’avère illégale ». Dans le cas précis, SANDY Cyrus Emmanuel n’a jamais été désigné par ses pairs, mais plutôt coopté par un politique. Aucune organisation professionnelle des médias n’a saisi la Cour Constitutionnelle de Transition au sujet de cette violation flagrante des dispositions de la Charte relatives au choix des Conseillers Nationaux de Transition. A la lumière des faits évoqués ci- haut, le Bureau Exécutif du GEPPIC informe la Communauté Nationale et Internationale que cette organisation professionnelle des médias n’est pas en crise, Seul le Bureau Exécutif crédible mis en place le 27 décembre 2014 est habilité à agir au nom de la corporation.


Fait à Bangui, le 06 Janvier 2015


Le Président


Mathurin Constant Nestor MOMET

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