Centrafrique : le général Achaffi l’homme fort du Km5 à Bangui

Les plumes de RCA / En dépit de tous les efforts consentis par la Communauté Internationale, la chance d’une paix durable en Centrafrique s’amenuise de jour en jour. Bien que de nombreux Centrafricains désirent enterrer définitivement la hache de guerre, il serait irresponsable d’ignorer les méandres asphyxiants des irréductibles de la coalition Seleka qui sabotent indéniablement toute entreprise de paix. Ces frondeurs acquis à la cause de Nourredine mettent les bouchées doubles pour rendre le climat sociétal beaucoup plus délétère.

achaffiEn effet, les événements factuels du KM 5 montrent à suffisance la manière à laquelle ces téméraires préservent leur dernier bastion dans la capitale. C’est d’ailleurs autour de cette zone de résistance inébranlable que nous tenons à éclairer votre lanterne sur la ténacité implacable de ces bandits qui se croient invincibles. Il n’est un secret pour personne qu’ils ont maintes fois résisté aux assauts tendant à les déloger. Parfois, ils mènent des attaques spontanées en guise de représailles (Cf carnage de Fatima et autres). A force d’investiguer sur les tréfonds de la fortification du KM 5, il en ressort cette version des faits :

L’escouade, qui tient d’une main de fer le KM 5, est composée des mercenaires tchadiens, soudanais et des Centrafricains d’origines Haoussa, Foulbé et Foulata. Ces combattants aguerris sont chapeautés par un Général intrépide du nom d’Achaffi. Cet ancien officier de l’armée tchadienne travaille en parfait intelligence avec Nourredine qui lui achemine à tout moment des armes légères. Aussi, la diaspora musulmane lui envoie régulièrement des sommes faramineuses pour entretenir ses combattants. Grâce à ces appuis financiers, matériels et logistiques, ce Général a su résister d’une manière farouche à toutes les attaques.

Au delà de toute cette organisation, ces frondeurs sont minés par de nombreux problèmes internes. Les Centrafricains musulmans d’ethnies Haoussa, Foulbé, Foulata veulent tout mettre en œuvre pour que le pays renoue avec la paix. Sauf que les mercenaires tchadiens et soudanais, qui tiennent les premières lignes de la résistance, n’entendent pas les choses de cette manière. Alors, ils lancent fréquemment des invectives contre ces modérés qui militent pour un retour à la paix afin de relancer leurs activités lucratives.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase et monter la tension entre modérés et irréductibles, proviendrait de l’assassinat odieux d’un Camerounais par les protégés d’Achaffi il y’a de cela un mois au KM 5. Ce crime déclencha entre eux une vendetta qui s’est soldée par la mort de plus de 6 personnes. Quand bien même le Maire du 3eme ait organisé une réunion d’apaisement ces derniers temps, la situation demeure toujours tendue. A priori, cette réunion de conciliation a permis aux Centrafricains musulmans de comprendre la manière à laquelle le Général Achaffi et ses compères se sont illicitement enrichis sur le dos des autres.

Cela va sans dire que la vision de la paix restera toujours étriquer tant que le Général Achaffi et son escouade camperont encore dans cette partie du troisième arrondissement. C’est une vérité indubitable qui n’a guère échappé à la curiosité des troupes françaises stationnées à Bangui et les enquêteurs de l’ONU. Avouons-le, les Centrafricains musulmans sont pris en otage par ces mercenaires tchadiens et soudanais. Actuellement, ces conglomérats de voyous surfent sur la partition du pays pour poser définitivement leurs valises dans le nord puisqu’ils sont pourchassés par le Soudan et le Tchad. Par contre; nombre de Centrafricains musulmans sont de plus en plus réfractaires à ce projet de sécession. D’où les voix dissonantes de la Seleka et les décisions à géographie variable.

Il est temps que les Centrafricains de toutes obédiences s’unissent pour bouter hors du pays ces scélérats qui déambulent un peu partout comme des blattes à la recherche des rebuts et des rognures. Pendant que les autorités de Bangui se battent encore pour les viandes faisandées, nous utilisons les mots contre des maux pour combattre les irréductibles de Nourredine.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste

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