Centrafrique : le président national d’ANA dénonce le projet du retour brutal de la France

Semer le désordre engendre l’irrespect. Inverser la réalité trahirait une volonté inavouée.

La France n’est pas victime de la République Centrafricaine. La France a mis le feu à la poudre dans le grenier centrafricain par une politique étrangère révolue et une communication manipulatrice révoltante. A vouloir enfoncer le clou, la France a juste donné l’opportunité au Centrafrique d’exister autrement.

Nos informations sont bonnes et fiables.

La France veut marquer son grand retour en République Centrafricaine non en douceur mais par la force, sachant que le peuple Centrafricain est de nature très imprévisible, l’histoire en témoigne.

C’est peut-être une excellente initiative du fait que la France s’attèle déjà à occuper des postes de décision stratégique au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Centrafrique (Minusca) et l’Eutm-RCA.

En ce qui concerne l’Eutm, facile à vérifier, l’effectif français a largement dépassé le quota initial des autres pays membres de l’Union Européenne (plus de la moitié). L’intelligence militaire française est aux portes de nos garnisons.

Nous savons également que la France veut par la ruse du Renard contrôler les faits et gestes de nos forces de défense en reconstruction. Elle prétend vouloir désormais combattre et mourir en frère d’armes aux côtés de notre nouvelle armée sans que nous n’exprimions le besoin.

Si c’est par cette supercherie qu’elle envisage reprendre du terrain là où la flatteuse mission Sangaris était accueillie en sauveurs pour repartir en violeurs et en voleurs, cette stratégie est la moins envisageable.

Plusieurs grandes nations de la trempe de la France raflent actuellement les éloges à l’interne pour leur promptitude, leur sens du partenariat reposant sur le développement commun, leur volonté d’aider en adéquation aux besoins et les premiers résultats témoignent d’eux-mêmes. Le Centrafrique se reconstruit progressivement.

Aujourd’hui on ne peut plus habiller la vérité : les Centrafricains ne veulent pas tendre oreille à tout speech ou discours relatif à la France. Encore moins qu’elle soit directement ou indirectement responsable d’un éventuel trouble dans le pays.

Prétendre que la France veut revenir en force c’est non seulement insultant mais provocateur pour le centrafricain de la rue.

Le centrafricain a compris aujourd’hui que la France ne s’en prendra à lui frontalement et à visage découvert. Au besoin, il y a toujours des compatriotes disponibles pour les sales besognes.

C’est une information à la fois capitale et révolutionnaire pour le patriote lambda. Cette connaissance a donné naissance dans la capitale centrafricaine et ses environs à l’instauration d’un système de vigilance protectionniste. Chaque centrafricain surveille son prochain dans l’intérêt particulier et général.

Le peuple centrafricain comprend aujourd’hui que la liberté ne se revendique pas, elle ne se donne pas et ne se discute pas. Elle se prend, elle s’arrache.

En dépit de sa fébrilité horizontale, le temps semble miraculeusement jouer en faveur du peuple centrafricain. Contrairement à toute attente, la nation centrafricaine se révèle plus soudée que jamais, désintéressée par la manipulation et déterminée à faire confiance à ses dirigeants. C’est ce qui manquait il y’a quelques années.

Il y a toujours des revers à toute situation. Si la France peine aujourd’hui à s’affirmer royalement en République Centrafricaine comme par le passé c’est bien à cause de son comportement. Elle ne peut s’instituer époux-jaloux d’une femme constamment battue, humiliée, négligée, maltraitée, défavorisée jusqu’à ce qu’un autre homme l’épouse et s’en occupe fièrement. Qui soutiendrait une telle connerie humaine ?

Ce projet de la reconquête en force d’un  « ancien pré-carré » est une erreur monumentale de la France négative que le clairvoyant Président français Emmanuel Macron ne commettrait sûrement pas. Le sauveur de la République Centrafricaine Emmanuel Macron n’accepterait pas de tromper ses mains dans du sang innocent en République Centrafricaine. Le peuple Centrafricain soutient le Président Macron et la France positive.

Le problème du sentiment anti français galopant en République Centrafricaine ne provient pas des Autorités centrafricaines ni de la presse nationale. Ce sentiment hostile surprenant est l’expression du y’en a marre du bas peuple en réponse à la politique française en Afrique et très particulièrement en République Centrafricaine.

Aujourd’hui n’importe qui peut le vérifier à Bangui, seulement deux centrafricains sur dix connaissent le nom de l’actuel ambassadeur de France en République Centrafricaine. Cela n’interpelle-t-il pas à un certain niveau ?

Encore une autre erreur politique étrangère au cœur du continent noir et ce serait la francophonie qui en fera les frais.

A un moment il faut savoir donner sa liberté à l’esclave. Sinon s’il l’arrache lui-même, ce sera avec des dommages collatéraux.

 

Fait à Bangui le 18 octobre 2018

Le Président National

Johnny Yannick NALIMO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




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