Centrafrique : le Pur signale des manipulations relatives à la modification de la Constitution

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COMMUNIQUE DE PRESSE N° 002 /PUR/PR/SG.15

C’est avec une très grande attention que nous avons suivi le cours du débat relatif au projet de la nouvelle constitution du Conseil National de Transition lors de sa session extraordinaire du 09 février 2015.

Fondée sur de prétendues consultations élargies, la commission intérieure « Lois et Affaires Administratives » a cru produire un projet de constitution prétendument bien ficelé comme le défendent ceux qui pensent avoir la légitimité pour discuter d’un tel projet au nom du peuple centrafricain. Il existe déjà une charte de la transition ; est-ce que la transition a-t-elle encore besoin de produire une nouvelle constitution nationale ?

Informé de ce processus manipulateur entre les alliances des groupes armés, d’anciens leaders politiques et des ténors de l’actuelle transition qui croient profiter de cette étape de la transition pour atteindre leurs objectifs politiques égoïstes mais suicidaires pour le peuple centrafricain, le PUR tient à faire la mise au point suivante :

Le PUR note qu’il est difficilement acceptable pour le peuple de faire confiance au Conseil National de Transition qui est un organe mis en place par des groupes rebelles et leurs complices qui, en deux années, ont fait voir de toutes les couleurs à la RCA.

L’opinion nationale se souvient encore de la marche de soutien du 29 mars 2013 organisée par l’actuel Président du CNT pour donner bonne conscience à la Séléka qui venait de prendre le pouvoir à Bangui. Le diable se fait il applaudir par un ange même s’il a bien fait ?

L’opinion n’a pas oublié le rapprochement entre les groupes armés et ceux qui se sont retrouvés à la tête de l’Etat avec la bénédiction des rebelles qui sont à l’origine du drame sans précédent que vit le peuple centrafricain depuis décembre 2012.  

Aussi, le PUR dénonce avec énergie toutes les tentatives en cours pour doter la RCA d’une constitution taillée sur mesure, d’une constitution favorisant une certaine élite politique qui, hier encore, a joué avec les groupes armés et qui aujourd’hui, tente de se donner bonne conscience.

Le PUR rejette en bloc les principes d’exclusions consacrés dans les articles 24 et 123 de ce projet, lesquels articles portent en eux les germes d’une crise politique multiforme qui risque de créer de nouveaux conflits dans le pays.

Le PUR appelle les centrafricaines et les centrafricains à la vigilance afin de barrer la route à ceux qui veulent leur imposer une loi autocratique qui ne cadre pas avec la réalité de la société centrafricaine.

Le PUR estime que la nouvelle constitution de la République doit émaner du peuple et conçu par le peuple dans toute sa diversité pour éviter des surprises désagréables dans le futur.

Fondé sur la conviction que le Conseil National de Transition n’a pas la légitimité nécessaire qu’il faut pour se substituer aux Centrafricains afin de discuter et d’adopter la loi fondamentale, le PUR propose ce qui suit :

  1. Que les discussions sur la nouvelle constitution et son adoption soient réservées au parlement qui sera issu des élections législatives de 2015.
  2. Que la charte constitutionnelle de transition peut et doit servir de loi fondamentale jusqu’à la fin de cette période exceptionnelle (de transition).
  3. Que la communauté internationale et le gouvernement de transition prennent la mesure du danger et fassent ce qui est en leur pouvoir pour arrêter l’élan macabre que certains politiciens bien connus veulent imposer à nouveau à la RCA. 
  4. Que cette question soit soumise au forum de Bangui pour que le peuple puisse se prononcer car, tel que c’est parti, ce projet est en train d’être imposé à un peuple abusé qui ne cherche qu’à vivre en paix.

Tous pour l’Unité et la Reconstruction de la Nation

Fait à Dar es Salaam le 10 février 2015.

Le président

Eddy-Symphorien Kparékouti

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