Centrafrique: le sentiment anti-français se généralise

HollandeImpensable il y a de cela quelques années, le sentiment anti-français s'est généralisé dans le cœur des filles et fils de la République. Au fil des années, les centrafricains se sont rendus compte que la France est pour beaucoup dans la situation dans laquelle se trouve la Centrafrique quoiqu'on dise.


Même s'il faut reconnaître qu'il y a des causes aussi bien endogènes qu'exogènes à la situation d'insécurité quelque peu entretenue dans le pays, la seule chose sur laquelle plus de 90% de Centrafricains toutes tendances confondues sont d'accord, c'est bien le fait que la main invisible de la France est derrière la crise qui secoue le pays.
Cette France – véritable pompier-pyromane était là quand il s'agit d'avaliser le coup d'Etat contre Ange Félix Patassé en 2003. Cette France était encore là quand il fallait faire partir François Bozié en 2013. Cette France était encore au rendez-vous par Etat interposé quand il fallait faire partir le leader de la Seleka Michel Djotodia. Cette France – hélas est encore là quand il faut monter une communauté contre une autre afinde faire perdurer la crise et piller les richesses du pays.


La France par ci, la France par là ! La France amis le jour, la France ennemis le soir! La France -partenaire de sécurisation du pays le jour,  la France fournisseur d'armes de guerre le soir. La France ennemis des Balaka et Seleka le jour, la France amis des Balaka et Seleka le soir…


Cette France qui n'a que des intérêts n'hésitent même pas un seul instant à enjamber les cadavres des Centrafricains pour maintenir une soi-disant influence en Centrafrique où elle est vomie par les citoyens.
La manipulation française – même si elle s'appuie sur des âmes centrafricaines prédisposées à la traîtrise, a atteint son paroxysme au point que les centrafricains disent désormais haut ce qui était impensable il y a quelques années.


" L'insécurité qui prévaut dans notre pays depuis toujours est orchestrée par la France. La France qui nous a toujours prise en otage, la France qui nous a toujours manipulée. L'heure est grave, le jour est arrivé pour que le Centrafricain comprenne que là où nous sommes, c'est la France qui est en train de nous mener en bateau. C'est la France qui nous divise, c'est encore elle qui nous manipule, nous demandons à la France de nous laisser tranquille. Nous leur disons au-revoir et nous leur demandons de quitter notre territoire", n'a-t-il pas déclaré Rocard Samba Franck Valence, Coordonnateur du mouvement Békpa le 26 septembre 2015 ?


Les faits donnent aujourd'hui raison aux Centrafricains qui ont toujours expliqué que le déluge de malheur qui ne cesse de s'abattre sur le pays a toujours des mains invisibles. Comment on peut nous expliquer aujourd'hui le fait que le samedi 26 septembre après la découverte de ce corps inerte à la FNEC dans le 8ème arrondissement de Bangui, que les représailles des sujets musulmans comme le reconnaît la Minusca ne puisse pas être contenu par ces forces ou les éléments français de la Sangaris qui ont pour mission de s'interposer entre les différentes communautés ?


Toute la journée du samedi 26 septembre 2015, alors que les populations innocentes se faisaient assassiner à Bazanga, Yakité, Garababa, ces forces internationales ont disparu et c'est lorsque le groupe de la société civile centrafricaine lance le Mouvement "Le Temps de Béafrika"pour appeler à la désobéissance civile que brusquement, celles-ci surgissent pour prétendre s'interposer. Alors qu'en réalité et selon des sources concordantes recueillies auprès des habitants de Bazanga, lorsque les antibalaka sont intervenus pour défendre les populations de Bazanga, Gara Baba, Yakité et Castors, ils ont été repoussé par les soldats de la Minusca qui – entre temps couvraient les milices du KM qui ont pu s'infiltrer dans ces quartiers pour pouvoir incendier des maisons.


De la France à la Minusca, il n' y a qu'un pas car c'est toujours la communauté internationale qui est derrière les malheurs de la République.
Quand Jean Michel Mandaba affirme qu'il a vu de ses yeux un véhicule UN faire remettre des armes à des centrafricains pour tirer sur d'autres compatriotes, il sait de quoi il parle. " Avant d'arriver au niveau de la société civile, je vous parle des faits que j'ai vécu. J'ai vu et je pèse bien mes mots, j'ai vu des véhicules UN remettre des fusils à certains compatriotes pour qu'ils puissent tirer sur les autres. J'ai vu et ce sont des choses qu'il faut dénoncer. cela m'a écœuré. J'ai vu des véhicules UN où des militaires casques bleus ont fait sortir des fusils et remettre à nos compatriotes, ça c'est ce que j'ai qualifié de trop fort. Je pense que c'est sur cette base que la société civile a fait cette déclaration", a déclaré Mandaba ce 30 septembre sur une radio centrafricaine.


Impensable il y a quelques années, les choses sont en train de changer. Et avec elles, une prise de conscience des jeunes centrafricains qui, plus que jamais sont déterminés à contester la légitimité française qui a toujours su composer avec des dirigeants corrompus et facilement manipulables. Ce n'est nullement l'actuel Chef d'Etat de la transition qui peut nous démentir. Elle – ce fruit de la communauté internationale, candidate favori de la France.


Qu'à cela ne tienne et qu'elle le veuille ou pas, la France devra désormais compter avec ce sentiment anti-français qui au fil des jours ne fait que s'accroître dans les cœurs des Centrafricains.

Comments

comments




Laisser un commentaire