Centrafrique : les détenus de la prison Ngaragba en dangers

Kangbi-ndara.com / Un manque létal de produits pharmaceutiques est signalé à la prison centrale de Ngaragba. Un détenu en a tragiquement fait les frais le mois d’août dernier.

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Anselme Cyrille Kovue kokpa, enseignant de profession condamné pour viol de l’une de ses élèves, avait rendu l’âme le mois dernier tandis qu’il purgeait encore sa peine  à la Maison d’arrêt de Ngaragba, dans le 7e arrondissement de la capitale centrafricaine, Bangui.

A en croire le greffier principal du Tribunal de Grande instance de Bangui, quelques jours après, sur les circonstances du décès de ce pédant centrafricain, le prisonnier Anselme jouissait d’une excellente santé avant sa mort. Le détenu avait donc rendu l’âme naturellement, une disparition qui n’est nullement liée au mauvais fonctionnement de différents services, ou d’une maltraitance dont le personnel, dudit établissement pénitentiaire en serait responsable.    

D’après des sources concordantes à Kangbi-ndara, l’enseignant était bien malade et aurait passé de la vie au trépas faute d’une assistance sanitaire. Cette information est confirmée par des détenus contactés depuis la prison par le biais des intermédiaires.

« Il n’y a aucun médicament ici, plusieurs prisonniers sont encore malades », a indiqué un condamné de Ngaragba, sous l’anonymat.

Outre le service de santé, quasi inexistant, de la principale prison de Centrafrique, Yvon Bémakassoui, capitaine de la Gendarmerie Nationale, régisseur adjoint de ladite prison, qui selon ses proches ne fait que son travail, s'afficherait peu indugent envers certains détenus.  « Il se montre très dur envers  nous, il lui arrive, parfois, de nous passer à tabac selon son humeur », a dénoncé un autre détenu.

Même si la plupart des prisonniers se disent satisfaits de la prestation des restaurateurs de Ngaragba qui leur offre de mets qu’ils ont l’habitude de consommer dans leur vie d’avant, le côté sanitaire signalé reste toujours un problème majeur à palier. 

Construite en 1947 pour accueillir 400 prisonniers, la prison Ngaragba, réputée pour ses difficiles conditions d’incarcération fait toujours parler d’elle lugubrement. Pour avoir servi de dernière demeure de plusieurs personnes (tant des centrafricains que des étrangers), l’écrivain français Thierry Jacques Gallo  a baptisé cette sinistre prison dans l’une de ses œuvres : « maison des morts ».

Johnny Yannick Nalimo

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