Centrafrique : les « diamants du sang » passent par le Cameroun

Kangbi-ndara.com / Plusieurs milliers de carats de diamants, souillés par les conflits meurtriers en République centrafricaine (RCA), mis sous embargo international, se commercialisent au-delà des frontières de cet Etat. La principale porte de sortie : le Cameroun.

247 caratsLe trafic en réseau de diamants centrafricains est source d’enrichissement, illégal, de nombreux centrafricains et étrangers qui exploitent à leurs fins l’absence de l’administration dans ce pays cadavérique depuis mars 2013. Aucune taxe payée à l’Etat centrafricain pour exporter d’importantes quantités de pierres et métaux précieux collectés dans les zones productrices contrôlées par les bandes armées.  

Difficile d’estimer en chiffre les carats de diamants issus de mines centrafricaines qui traversent inlassablement la frontière camerounaise avant de s’ouvrir au reste du monde. Un homme d’affaire centrafricain immergé dans ce commerce illégal, temporairement installé au Cameroun,  couvert sous l’anonymat, affirme vendre plus de cinq cents carats par mois, et, ce depuis le mois de février dernier.

D’après Awal. K.H, démarcheur de diamants exsangues au Cameroun, les capitales africaines notamment, Khartoum (Soudan) et Brazzaville (République du Congo) sont également des portes de sortie de diamants centrafricains mais : « Le gros passe par ici (ndlr, au Cameroun)», précise-t-elle.

L’indice que laissent les trafiquants à tous ceux qui fouillent en direction de leur gagne-pain n’est que la pénombre d’une trajectoire mal éclairée.

En effet, les diamants centrafricains franchissent le sol camerounais par Kentzou, ville frontalière avec la RCA, (Est). Batouri, Bertoua, Douala et Yaoundé sont les villes où se passent les transactions entre vendeurs et acheteurs. 

diamond

« Ceux qui passent régulièrement les commandes sont des belges, des français, des italiens, des libanais et des saoudiens », indiquent un démarcheur centrafricain. « Très peu vont à Anvers (ndlr, la plus vielle capitale du diamant au monde, en Belgique), il y a trop de contrôle là-bas, c’est à Doubaï que les affaires passent sans problème », ajoute-t-il.

De sources concordantes, plusieurs entreprises créées par des centrafricains, reconnues par l’Etat camerounais, participent implicitement au trafic de « diamants du sang ». Ces sociétés enregistrées sous d’autres profiles sont de facto des bureaux d’achat secret de pierres et métaux précieux. Les images annexées à cet article sont prises dans quelques unes de ces structures déguisées.

gros diamants

En outre, l’énigme du trafic de diamants centrafricains réside dans l’incohérence entre la forte quantité exportée de la Centrafrique et le taux faible d’exportation des pays voisins. Kangbi-ndara reviendra ultérieurement sur cette incompatibilité.

 

Johnny Yannick Nalimo  

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