Centrafrique: Les difficultés de l’exploitation pétrolière ou comment CONOCO s’est retiré de la Centrafrique ?

Par Johnny Yannick Nalimo-(Kangbi-ndara.net) Avec la Crise Centrafricaine, l’histoire du pétrole centrafricain se reconstitue. Vingt ans plus tard, une piste s’ouvre sur la compréhension des causes du retrait en Centrafrique de la société américaine CONOCO

CONOCOSelon un expert, David Christian VONTO, les activités d’exploitation pétrolière en Centrafrique, dans les formations sédimentaires d’Afrique Centrale, ont été initiées par une entreprise américaine, Conoco, en 1969. Quatre ans plus tard, en 1973 ladite société obtient un permis couvrant une superficie de 148.000 km².

Toujours selon cet expert Centrafricain, en 1973, pour l’exploitation de cette zone prometteuse, Shell acquit 50% du permis. En 1974 puis 1976, Chevron et Esso deviennent actionnaires. Mais plus tard, en 1983 puis 1985, respectivement, Chevron et Conoco se retirent de l’affaire. En 2000, dans la partie centrafricaine, la société RSM de l’américain Jack Grynberg intervient dans le champ pétrolier centrafricain, sans qu’elle puise exploitée quoi que ce soit jusqu’à ce que l’accord soit dénoncé par la partie centrafricaine en 2006. Avec les conséquences juridique, politique et sécuritaire que nous savons ; exclusion de Jack Grynberg du champ pétrolier centrafricain, licence accordée à la CNPC chinoise et nombreuses « pressions françaises »…

Toutefois, si les autorités centrafricaines avaient fait preuve de réalisme politique, de fermeté et de vertu dans la gestion de la chose publique, en accordant le permis d'exploitation à la société américaine Conoco-Phillips, les forages auraient été prometteurs et la manne pétrolière centrafricaine aurait dû jaillir depuis les années 90, à l’instar du pétrole tchadien, congolais et guinéen, sous le règne du feu Président André Kolingba, quatrième Chef d’État centrafricain, arrivé au pouvoir à la faveur du coup de force du 1er septembre 1981.

Qui ne voulait pas de Conoco ?

D’après les enquêtes menées par Kangbi-ndara.net, sur la période André Kolingba, des rivalités dans la gestion du dossier pétrole avait fini par nuire aux intérêts centrafricains, « laissant en réserve, pour la France, ces gisements pétrolifères centrafricains », confidence d’une source qui a requis l’anonymat .

Les anciens ministres de l’énergie et des mines d’André Kolingba, le général Guillaume Ndjengbot, Octave Houdégbé et Jean Eudes Teya pourraient mieux nous édifier sur ce dossier à problème. Les négociations avec Conoco n’ayant pu aboutir, sous intimidations françaises, avec le général Guillaume Ndjengbot et Octave Houdégbé, le dossier fut confié à Jean-Eudes Téya qui ne put le mener à bon port pour « raison d’Etat » ; le général André Kolingba souhaitant temporisé…

Anciennement très proche du général André Kolingba, une source médisante soutient que « Ndjengbot s’était montré trop gourmand, suivi dans cette direction par le Président André Kolingba ». Alors que c’est cette même source qui avait vendu, au colonel français Mention, responsabilité de la sécurité du président André Kolingba, la mèche sur les négociations ouvertes par le Gouvernement centrafricain avec Conoco.

Une autre source explique, avec plus d’éléments, « dirigée par Octave Houdégbé, accompagné du banquier Joseph Koyagbélé, à l’époque Conseiller Économique du Président Kolingba, et du ministre Cyriaque Samba-Panza, une délégation centrafricaine avait été menacée à l’Hôtel Méridien- Montparnasse, à Paris, par quatre barbouzes des services français, de la part du Président François Mitterrand.

Les personnalités Centrafricaines sus citées étaient accompagnées de personnalités Tchadiennes, spécialistes du pétrole.

Cette intimidation française consista à rappeler aux Chefs d’Etats Centrafricain et Tchadien, des accords de 1962 cosignés par les Présidents David Dacko (Centrafrique), Fulbert Youlou(Congo) et François Tombalbaye (Tchad), lesquels accords garantissaient à la France le droit sur le sous-sol de ces trois États »

Pour satisfaire Paris, Bangui renonça à l'exploitation du pétrole et ConocoPhillips se retira de la Centrafrique.

Par contre, passant par la Banque Mondiale, le Tchad trouva l’astuce de contourner la France. Hissen Habré signa avec cette société américaine au prix de la guerre civile qui lui coûta son fauteuil présidentiel.

Kangbi-ndara.net mettra, cette fin de semaine, à la disposition du public l’intégralité des accords de 1962 pour la meilleure compréhension des enjeux économiques de la France avec ses trois anciennes colonies notamment la Centrafrique, le Congo et le Tchad.




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