Centrafrique : l’ex-Séléka règne toujours sur les mines

La Lettre du Continent / Le cas d'Olivier Malibangar, ministre centrafricain des mines remercié sans ménagement après six mois d'exercice, illustre l'incapacité de réformer ce département aussi stratégique que rongé par la mauvaise gouvernance.

Diamants1Limogé le 15 juillet, Olivier Malibangar devait opérer une remise en ordre drastique du ministère centrafricain des mines dès sa nomination à la tête de ce département en janvier. C'était sans compter sur l'emprise, demeurée intacte, de l'ex-Séléka dans les couloirs de ce ministère. Lui-même issu de ce département, Olivier Malibangar avait succédé au ministre de l'ancienne rébellion et neveu du putschiste Michel Djotodia, Herbert Gontran Djono Ahaba.

Ce dernier n'a eu de cesse de préserver son influence à distance. Faisant l'objet de fortes pressions, Olivier Malibangar a notamment maintenu à leur poste les principaux membres du cabinet de son prédécesseur, à commencer par le directeur Bienvenu Calixte Betianga. C'est également le cas d'autres personnalités qui, en affichant un train de vie confortable dans un pays exsangue, étaient déjà sous le coup d'une enquête. A titre d'exemple, le chargé de mission mines Alain Fidèle Kolongato-Gbadou a passé 48 heures en garde à vue, du 1er au 3 juillet, à la Section de recherches et investigations (SRI) de la gendarmerie. Il a été interrogé sur une affaire d’achat de 185 g d’or. Dans ce dossier, les enquêteurs s'intéressent également à l'homme d'affaires et diamantaire d'origine libanaise Ali Fawaz. Ce dernier fut un proche de Sylvain Ndoutingaï, puissant ministre des mines de François Bozizé. D'autres fonctionnaires, à l'instar du chargé de mission énergie Roger Aguide, ont survécu au changement de titulaire du portefeuille ministériel.

Autre singularité : les scellés apposés par les experts du BECDOR sur les lots de diamants achetés puis stockés par les bureaux d’achat car interdits à la vente sont régulièrement levés par le directeur général des mines, Georges Hyacinthe Ouaboua. Sur ordre de qui ? Mystère… Bien que pleinement impliqué pour obtenir la levée des sanctions infligées contre les diamants centrafricains par le Processus de Kimberley, le ministre limogé a couru le risque d'être à son tour terni par ce fonctionnement. Le premier ministre André Nzapayéké a récupéré ce portefeuille hautement stratégique.

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