Centrafrique :l’impunité en cause dans le conflit-FIDH

Zonebourse.com-

Des milliers de morts et déplacés

* Crimes de guerre et crimes contre l'humanité

* Bangui a officiellement saisi la CPI

ob_5d596b_gp-en-patrouille-dans-banguiL'impunité qui règne depuis une décennie en Centrafrique est une des causes des violences qui déchirent depuis plus d'un an le pays, selon un rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) publié mardi.

La RCA est plongée dans une spirale de violences depuis le renversement du président François Bozizé par les rebelles de la Séléka en mars 2013, dernier acte d'une histoire récente marquée par une série de coups d'Etat.

Les exactions commises par la rébellion à majorité musulmane contre la population chrétienne ont provoqué une réaction de défense des anti-balaka, des miliciens chrétiens qui se sont mis à traquer la communauté musulmane. A ce jour, le conflit a fait plusieurs milliers de morts et déplacés.

"L'ex-président Bozizé et ses partisans, les rebelles tchadiens et les rebelles centrafricains du Nord (…), sont autant d'acteurs des crises de 2002-2003, de 2007 et 2012-2013", souligne la FIDH dans son rapport.

"Mettre de côté ces acteurs de l'instabilité contribuerait grandement à faire stopper et prévenir de nouveaux crimes."

CELLULE D'ENQUÊTE

La Cour pénale internationale (CPI), chargée de juger les responsables présumés de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, a annoncé en février l'ouverture d'un examen préliminaire sur des crimes commis en Centrafrique.

Cet examen consiste à vérifier si les critères sont remplis pour l'ouverture d'une enquête.

Le 30 mai, le gouvernement centrafricain de transition a saisi la CPI sur les crimes commis depuis août 2012, une initiative qui pourrait permettre d'accélérer le processus.

Parallèlement, une cellule spéciale d'enquête et d'instruction (CSEI) a été créée début avril. Elle est chargée d'enquêter sur les exactions en cours, d'établir les responsabilités et d'instruire les procédures criminelles permettant d'arrêter les responsables des groupes armés actifs.

"La nature des crimes perpétrés en Centrafrique depuis la fin 2012 répond manifestement à la qualification de crimes internationaux", lit-on dans le rapport qui évoque une épuration politico-religieuse après l'exode forcé de populations, tout en refusant de parler de "génocide".

Se basant sur de nombreux témoignages, le rapport liste avec précision les attaques commises par les deux parties.

"Les groupes armés, Séléka ou anti-balaka, reçoivent des instructions, de l'argent et des soutiens pour mener cette politique du chaos et ériger les communautés les unes contre les autres", souligne Joseph Bindoumi, président de la LCDH.

Signe de ce "conflit de l'impunité", la FIDH fait état de la présence dans les rangs de la Séléka d'Abdoulaye Miskine, ex-chef de la garde présidentielle sous le régime du président Ange-Félix Patassé et responsable présumé du massacre du marché à bétail de PK12 à Bangui en 2002.

Comments

comments




Laisser un commentaire