Centrafrique : Manifestations anti-Sangaris à Bambari après la tuerie de 45 personnes dans 2 villages périphériques

Kangbi-ndara.com / La population de Bambari, localité située à 384 kms au centre du pays, a violemment manifesté vendredi soir et samedi pour dénoncer l’attitude des forces françaises de la Sangaris, suspectées d’avoir laissé faire un groupe d’éleveurs peuls armés qui auraient tué plus de 40 personnes dans les villages Timanguere à 25km et Gbakomalepa à 30 kms de Bambari.
 
11114380-paris-fourbit-l-argument-militaire-et-espere-la-clemence-de-l-ueDes barricades sont érigées sur la totalité de la ville. « Ce matin, la population a érigé des barrières sur les artères pour empêcher la patrouille de la Sangaris. Elle a organisé une marche pacifique pour attirer l’attention du gouvernement de transition et de la communauté internationale sur le comportement des soldats français. Ils ont souhaité que les Casques bleus qui sont présents dans la ville s’investissent à la protection des civils », explique Nono Azouandja, un habitant de Bambari.
 
Selon toujours Nono Azouandja qui cite des parents des victimes ayant fui les villages attaqués et qui sont arrivés à Bambari, « les Sangaris ont armé ce groupe de peulhs afin de déloger les miliciens antibalaka qui occupent les deux villages attaqués. Au cours des fusillades, plus de 40 personnes ont été tuées, et plusieurs autres blessées ».
 
« Les villageois ont pris fuite pour se refugier dans les camps de déplacés de la ville voisine de Bambari, tandis que d’autres ont regagné la brousse », poursuit la même source.
 
Les manifestants ont érigé plusieurs barricades sur les artères des deux côtés de la rivière Ouaka qui sépare la ville de Bambari. Ils ont organisé une marche pacifique à l’issue de laquelle un mémorandum a été remis à la Sangaris et à la Minusca présentes dans la ville.
 
Sur les banderoles qu’ils scandaient, on pouvait lire : « Non au néocolonialisme français », « Non aux manipulations de la France qui utilise les peuls pour tuer la population ».
 
Après que le contingent congolais de la Minusca et la Gendarmerie nationale aient tenté de calmer la tension, la Sangaris a convoqué une réunion avec les leaders des manifestants et certaines autorités locales pour un dialogue.
 
Alors que la tension a essayé de baisser en fin de matinée, les manifestations ont repris de plus belle en début d’après-midi sur un rayon beaucoup plus vaste. « Les barricades sont désormais érigées sur la totalité de l’axe Bambari-Grimari (80 Km environ). L’aérodrome de Bambari est aussi obstrué pour empêcher tout mouvement de la Sangaris », rapporte Nono Azouandja.
 
Jusque-là, les responsables de la force Sangaris n’ont pas encore commenté cette affaire. En attendant, la tension reste vive.
 
Devant cette montée de violence dans la Ouaka, Alexandre Ferdinand Nguendet réagit. En sa double qualité du représentant de ladite préfecture et président du Conseil National de Transion, Alexandre Ferdinand Nguendet se dit consterné par ces actes qui viennent couper le sommeil à ses concitoyens.
 
« Ces derniers temps, il a été révélé que certaines forces ennemies de la paix identifiées au sein d’une partie de la population peulh de la Ouaka, sèment la mort et la désolation parmi les paisibles citoyens de cette localité, avec pour conséquences de graves violations des droits humains. Le dernier fait en date concerne l’attaque perpétrée les mardi et mercredi derniers dans la localité de Yamalé près de Bambari et ayant occasionné la mort d’au moins 30 personnes et des dizaines de blessés », a déclaré M. Nguendet à la presse.
 
« Devant cette situation déplorable et  en ma qualité de Conseiller National de Transition représentant la Préfecture de la Ouaka, je dénonce la persistance de ces actes criminels et en appelle aux forces internationales présentes dans la localité de veiller sur la liberté d’aller et venir de la population et d’empêcher ces forces nuisibles de poursuivre leurs forfaits, en appliquant fermement les dispositions des Résolutions des Nations Unies au sujet de la République Centrafricaine », a-t-il poursuivi, interpellant le Gouvernement à prendre ses responsabilités  pour ramener la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national d’une part,  et d’autre part trouver des solutions aux interminables souffrances quotidiennes de la population de la Ouaka en assurant la protection des personnes et des biens.
Tim Bares

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