Centrafrique-Transition : s’achemine-t-on vers le schéma malien ?

soldats-euforLa transition en cours en République Centrafricaine connaît une véritable zone de turbulence avec la crise qui a plongé tout un peule dans la barbarie.

Depuis le début de cette transition avec l’accession de Michel Djotodia et la coalition Séléka au pouvoir de l’Etat par un coup de force, la Centrafrique se singularise dans le concert des nations par une résonance morbide. Avec de multiples cas d’exactions sur la paisible population, l’on pourrait affirmer que l’histoire de ce pays est ponctuée de multiples soubresauts d’une grande violence. Les Centrafricains n’ont jamais pensé, même dans leurs pires cauchemars, vivre ce qu’ils ont vécu: leur pays a été mis sens dessus dessous; il été amputé d’une grande partie; sa population a été témoin d’un obscurantisme ahurissant.

La Centrafrique a plongé dans un abîme profond. La souveraineté de la RCA a été spoliée. Elle s’est retrouvée à la croisée des chemins avec les nombreuses exactions et autres. Malgré tout, la Communauté internationale a maintenu le cap en suivant de près ce qui se passe dans cette ancienne colonie française qui a sombré dans le chao.

Les Centrafricains ne comprennent pas cette triste réalité qui les entoure et qu’ils vivent au quotidien. Et d’ailleurs c’est le Centrafricain qui est le principal acteur dans la crise et pour la même occasion, celui qui en souffre. Pour panser les plaies de ce pays ravagé par les bandes armées, le Conseil National de Transition a élu Mme Samba Panza pour une seconde transition à laquelle les Centrafricains n’attendent rien de moins qu’un miracle. Mais le pays est loin de sortir de l’auberge avec les regains des tensions de toutes sortes. Pour la Communauté internationale, tellement que les Centrafricains ont souffert, la sortie de crise en Centrafrique devrait tenir compte de toutes les erreurs du passé plus récent. C’est pourquoi la rencontre de Brazzaville devait néanmoins aboutir à une sortie de crise consensuelle même si cela n’est pas du tout facile.

Cependant, l’accord au forceps qui en est sorti n’a servi à rien dès lors que beaucoup s’y opposent déjà que ça soit du rang des groupes armés tout comme du côté de certains partis politiques. Pour les analyses les plus avisés, cela est dû au manque de vision qu’ont les dirigeants de cette seconde transition. Car ils devaient opérer une rupture nécessaire à la renaissance de la République Centrafricaine, et à la reconstruction de ce pays délabré du fait de l’irresponsabilité des dirigeants politiques civils et militaires qui ont précédemment conduit à la destinée de cette nation souvent avec peu de bonheur. Un fiasco total…

L’héritage lourd des régimes précédemment et l’état désastreux du pays sont la preuve de ce qu’il faut considérer  comme une mésaventure politique ayant culminé dans la destruction du tissu économique et social, plongeant en passant le pays entier dans un climat délétère de méfiance et de soupçon permanent, source de violences politiques et armées dont les rebellions sont la pire des expressions politiques.

Mais cela n’est possible sans l’amateurisme des dirigeants de l’actuelle transition car c’est au moyen d’arrangements contre nature que la Communauté internationale a validé l’accession au pouvoir des personnalités improbables, impréparées à assumer les charges d’un Etat déjà fragile, qu’elles ont finalement transformé en Etat néant.

En effet, il y a des défis à relever; et ils sont pour l’heure multiples, la crise et les solutions qui permettront de la dépasser sont fondamentalement d’ordre politique. L’enjeu est de mettre fin, à terme, à l’instabilité qui caractérise la République Centrafricaine et de faire en sorte que la transition en cours débouche sur un régime politique en mesure de répondre aux attentes de la population, de saisir les opportunités qui s’imposent.

Au regard de ce qui précède, il est urgent que les choses se passent rapidement afin qu’il y ait au plutôt les élections pouvant donner un régime politique comme au Mali, a même d’entreprendre des programmes de développement viable pour la Centrafrique.

 

Saint Régis ZOUMIRI 

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